I. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Visites, Vol. XL
Lorsqu'il mourut il était recteur de la Charité d'Arles. A ses obsèques asssistèrent le clergé de sa paroisse et treize autres prêtres,
L'année suivante décéda un autre chevalier de Malte arlésien, Pierre-Joseph de TEstang-Parade, fils de Jacques et d'Isabeau de Sade. Il mourut, sur la même paroisse, le 15 octobre 1709, à 7 heures du soir. Comme son corps était gangrené et exhalait une puanteur si horrible qu'on ne pouvait Taborder, on le porta secrètement et sans aucune solennité dans la chapelle Saint-Jean ; il n'était accompagné que de trois prêtres de la paroisse. Il n'avait jamais fait profession. Sa conduite privée fut loin d'être exemplaire. Il noua des relations adultères avec Thérèse de Meyran d'Ubaye, pour lors femme de Louis du Port. Il en eut un fils, élevé incognito sous le nom de Renoard, qui entra dans les Ordres avec dispense d'illégitimité et prit plus tard (1726) le nom de du Port. Il occupa la de dignité de primicier du Chapitre de Saint-Trophime (i). Peu après la mort de son père, il reçut une lettre de l'abbé Charles Véran, datée de Malte, le 3 décembre 1709, disant : « Monsieur,
« Mon frère m'a fait sçavoir la mort de Monsieur le chevalier de Parade. J'en ay été véritablement afligé. J'ay perdu en luy un amy que j'estimois et par son mérite et par les bontés dont il m'avoit donné des marques bien sensibles dans le dernier voïage qu'il a fait icy il y a deux ans. Soumetonsnous à la volonté du Seigneur et prions pour le le repos de son âme » (2).
I. Biblioth. municip. d'Arles. — Mss. 2^ et }oo: Nobiliaire de la ville d'Arles, de l'abbé Bonnemant.
3 . Archives du château de Barbegal. — Lettre autographe de Vahhé Véran à Pahbé Duport.
En 1710, le ic novembre, Antoine Augarde; prêtre, reçut dans la chapelle du Grand-Prieuré, rémission des vœux de Antoine-François Passeroni, nommé curé de la Roquebillière près de Nice, peu auparavant (24 juillet 1710, not. Seguin à Marseille) par Gaspard de Glande vès d'Aubignosc, commandeur de Marseille. L'année suivante, le 9 novembre 171 1, il admit à la profession religieuse François Espian, curé de Saint-Nazaire, dépendant de la commanderie de Grésans.
Le !•' mai 171a, il célébra la messe à laquelle le chevalier novice Charles de Clémens Ventabren prononça ses vœux par devant Gaspard de Glandevès d'Aubignosc. Le lendemain, 2 mai, un autre chevalier, Paul de Fortia-Montreal, émettait les siens par devant Jean-Charles de Lauris-Taillade, à la messe dite par Jean-François Raybaud. Paul de Fortia était né le 5 juillet 1670. Il était fils de Gaspard et de Françoise de Nogaret de Calvisson (i).
La visite de THôtel prieural eut lieu de nouveau en i7i3.Elle fut faite par Jean-Baptiste de Gombert de Saint-Geniès, commandeur de Gap (2), et par François Rebuffat, prêtre, commandeur de Roquebrune, qui étaient accompagnés du notaire Jean Raybaud, comme secrétaire. Après avoir couché à Montpellier, le 25 mai, ils allèrent à Aiguesmortes où se trouvait une maison appartenant au Grand- Prieuré. Ils y étaient attendus par le chevalier André de Grille, procureur du Grand-Prieur. Ensemble ils vinrent à Arles et, le 2 juin, ils visitèrent l'Hôtel
I. Arch. des B.-da-R. — Ordre de Malte. — Chap, et ass. ('lyoz- /7a-/). Vol. XVII. — Dossier généalogique, n' 151.
a. Jean-Baptiste était fils de Scipion de Gombert et de Madeleine de CorioUs. n devint, en oatre, capitaine de frégate. Généalogie manuscrite de la famille.
prieural. Ils furent reçus solennellement à la porte de la chapelle par Jacques Grossy, prêtre conventuel. Ils remarquèrent que le tabernacle du maîtreautel était doré en dehors et orné de sculptures ; au dedans il était doublé de taffetas rouge. Au-dessus était une niche pour l'exposition du Saint- Sacrement. Parmi les objets précieux qu'ils virent il faut citer un encensoir d'argent aux armes du Grand-Prieur de Forbin, deux petits reliquaires, une lampe d'argent avec sa chaîne de même métal, une chasuble et un devant d'autel de damas blanc aux armes du Grand-Prieur de Sellions, une chasuble et un devant d'autel de taffetas cramoisi aux armes du Grand-Prieur de Guarrané, une chasuble et un devant d'autel de camelot violet aux armes du Grand-Prieur de Forbin. Dans l'Hôtel, parmi les meubles qu'ils mentionnèrent il n'y a à retenir que six tapis de Rhodes, la grande chaire du Prieur, une tapisserie, en dix pièces, représentant l'histoire d'Elie, une autre, en huit pièces, figurant le sacrifice d'Abraham, douze tableaux des empereurs romains, la plupart « rompus >, cinq du siège de Malte, un de la bataille de Lépante, et les six portraits déjà mentionnés du Grand Maître de Verdale et des derniers Grands-Prieurs (i).
Vers la fin de cette année 1713, le 9 novembre, Jean Ruât, curé de Saint-Sauveur de Ginestous, de la commanderie de Gap Francès, près de Mende, fut admis à la profession, dans la chapelle prieurale, par Antoine Augarde.
Le Grand-Prieur Christophe de Baroncelli mourut le 10 mai 1714, sans avoir résidé à Arles pendant la durée de sa haute charge. Les assemblées
I. Ârch. munie. d'Arles.-^ Fonds d« Malte non classé. -> Visites de tjJ^t
des chevaliers s'étaient tenues néanmoins régulièrement au Grand-Prieuré, ce sont celles des 3 mai 1699, 2 mai (i), 8 novembre 1700, i"*' mai, 7 novembre 1701, 7 mai, 6 novembre 1702, 6 mai, 9 novembre 1703, 4 mai, 10 novembre 1704, 3 mai, 9 novembre 1705, 2 mai 1706, présidées par François de Bausset, commandeur de Condat ; celle du 8 novembre 1706 par Jean-Philippe de Soubiran-Arifat, commandeur d'Aix, comme plus ancien ; celles des I" mai, 7 novembre 1707, 6 mai 170S par François de Bausset, celle du 6 novembre 1708 par Jean- Philippe de Soubiran-Arifat, celle du 5 mai 1709 par François de Bausset; celle du 4 novembre 1709 par Marc-Antoine de Puget-Barbentane, commandeur de Beaulieu, comme plus ancien (2) ; celle du 4 mai 1710 par Jean-Philippe de Soubiran-Arifat, celle du 10 novembre 17 10 par César de Villeneuve- Beauregard (3), commandeur de Cavales, comme plus ancien, celle du 3 mai 1711 par Jean, des comtes de Vintimille-Montpezat, commandeur de Grésans (4), celle du 9 novembre 1711 par Jacques de Quiqueran-Beaujeu, commandeur de la Favillane, comme plus ancien (5) ; celle du i*' mai 1712 par
1. Le 16 juillet suivant une assemblée extraordinaire de chevaliers se réunit à Aix, sous la présidence de François de Bausset.
a. Marc-Antoine était fils d'autre Marc-Antoine de Puget-Barbentane et de Charlotte de Mistral-Montdragon.
3. César était fils de Barthélémy de ViUeneuve-Beantegard et de Catherine de Demandols. Il fut baptisé k Fayence (Var) le i6 mai 1645.
£. DB JuiGNé DB LaSSIGNT .' O/. cit. I, I94. ^ ' ' ^^
haronîuRoure ^^' "^^ ^°^"^ '* ^"^ Françoise d'Arnaud, ^ote de M, le
naaukrArî.t'i^''''^'î''f,° '*'^* ^^' d'Honoré et de Thérèse de Grille. Il PaKto^n! H n"- ^^'^^'' '^5^- ^ vingt.deux ans H délivra son oncle illu^é^X^^^ ^ Constantinople,en le
îaisant évader. Il fut aussi, en 1712, commandeur d'Astros, commandant
Annibal de Seguiran, commandeur du Plan de la Peyre (i).
Le 12 mai 1714, le Grand-Prieuré fut conféré à César de Villeneuve-Thorenc qui prit possession, par procureur, le 30 août suivant. Il était fils de Claude et dlsabeau de Martin-Puilobier. Reçu chevalier en 1639, il avait fait profession en 1650. Dans la suite il devint commandeur de Saliers, de la Chapelle et de Montpellier. Le 17 janvier 1712 il avait fondé la commanderie de Thorenc et lui avait assigné 4000 livres de rente (2). 11 nomma pour son premier possesseur Pierre de Tibaud-Saves, commandeur de Canabières (3). César avait obtenu la grande commanderie le 26 avril 1713. Après sa promotion au Grand-Prieuré il nomma pour lieutenant le commandeur Annibal de Seguiran qui exerçait cette charge sous son prédécesseur. 11 resta à Malte où il mourut le 14 octobre 1716. Nous rap-
des gardes de la mariae à Toulon et mournt dans cette ville le 31 mars
n a été publié à ce sujet ; Action héroïque de Jacques de Quigueran de Seaujeu, chevalier de Malle, fils d'Honoré et de Thérèse de Grille, — Récit en vers déclamé par M. André Bœuf, élève de l'école secondaire communale dans les exercices littéraires qui ont précédé la distribution solennelle des prix le 33 août x8o8. Dédié à M. de Grille, maire de la ▼ille d'Arles. — Arles, de l'Imprimerie de Gaspard Mesnicr, place N.-D. la Major, n« 54, x8o8, n p. in-4». — Baron do Rocrb : Op, cit., p. 835.
X. Annibal de Seguiran était fils d'Henri et d'Anne de Paget. Le xi avril 1713, il fut nommé lieutenant du Grand-Prieur. Il fut commandeur de Puimoisson de X712 à X7x8, et eut la charge de chef d'escadre des £^alères du roi. Il résidait à Marseille. Maurel (abbé) : Histoire de Puimoisson, p. 389.
3. Les conditions de celte fondation sont très explicitement énumérces dans Ratbauo : Op. cit. y n, pp. 347-348.
3. Pierre était fils d'autre Pierre de Tibaud de Tisati, seigneur de Sa- -ves, citoyen d'Aix^ et de Françoise de Martin Puilobier. Il était com^» mandeur d'Aix quand il fut nommé grand commandeur le i<' juin 1733. Il mourut à Toulouse le ^ octobre 1734. Raybauo : Op» cit., u, p. 257.
portons, aux Pièces justificatives ^ Tépitaphe qui se lisait sur son tombeau (i).
On vit au Grand-Prieuré, alors qu'il était en charge, les réunions des 7 novembre 1712, 7 mai, 6 novembre 1713, 6 mai 1714, présidées par Annibal de Seguiran, devenu commandeur de Puimoisson, celle du 5 novembre 17 14 par Jacques de Georges- Taraut, commandeur de la Tronquière (2), celles des 5 mai, 4 novembre 1715 par Annibal de Seguiran, et celle du 3 mai 1716 par Jacques de Georges- Taraut, devenu commandeur de Saliers.
Pendant ces deux années deux professions eui'cnt lieu dans la chapelle Saint- Jean du Grand-Prieuré, par les soins de Jean-François Raybaud, prêtre conventuel, dont nous retrouverons, plus loin, le nom. La première fut celle de Jean-Baptiste Dauphin, prêtre de Régusse, nommé le 5 février 17 16, curé de Vidauban par Gaspard de Glandevès d*Aubignosc, commandeur de Marseille, la seconde, celle de Jean-Baptiste Rigordi, nommé curé de Régusse.