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Que les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, devenus plus tard chevaliers de Rhodes (1309), puis chevaliers de Malte (1522), aient pris quelqu'intérêt à la Nouvelle-France, aux origines de la colonie, ceci est fort probable quand on sait que tous les ordres religieux de la mère-patrie, sans exception, suppliaient alors le roi de leur donner part aux travaux des missionnaires dans cette lointaine contrée. (1)
Dès 1601, on trouve que le commandeur de Chaste, gouverneur de Dieppe, un des dignitaires de l’ordre, est un des propriétaires de la colonie alors sous la gouverne de compaguies particulières. C’est lui qui engage Champlain, à son retour des Indes, à faire une première expédition dans le Saint-Laurent. (2)
En 1611, Charles de Bourbon, comte de Soissons, est nommé vice-roi de la Nouvelle-France. Son nom est inscrit aux registres de l’ordre. (3)
Dans la période qui s'étend de 1632 à 1648, notre histoire nous montre trois chevaliers de Malte jouant
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() Ferland.
(2) Garneau, t. IT, p. 139.
(3) Voir l’abbé de Vertot, Histoire des chevaliers de Malte—édition de
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un rôle actif en Canada : de Montmagny, de Sillery, de Razilly.
Tous trois furent membres de la compagnie des Cent Associés. La liste publiée dans les Manuscrits de la Nouvelle-France (t. I, p. 82) ne donne que le nom d’Isaac de Razilly, mais Grarneau et Ferland disent que M. de Montmagny et M. de Sillery avaient des intérêts dans cette société.
Le commandeur de Chaste comptait huit membres de sa famille parmi les chevaliers de Malte.
Noël Brulart de Sillery fut admis dans l’ordre en 1598. Il avait pour armes: de gueules à la bande d’or chargée d’une traînée de poudre à cinq barillets de sable.
Un de ses frères, Charles-Claude Brulart de Sillery, fut admis le 16 juillet 1640. Il avait pour armes : de gueules à la bande d’or chargée d’une traînée de poudre mise en ordre de sable, avec cinq barillets de même.
Noël Brulart de Sillery est né en 1577, le 25 déc. À 18 ans, son père, Nicolas Brulart, l’envoya dans l’île de Malte, où il servit douzeans. Le père de Sillery prit intérêt au Canada, comme on le voit dans les écrits de Champlain.
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Le dernier descendant de Nicolas Brulart, le marquis de Sillery et de Puysieux, était marié à Madame de Genlis, écrivain qui eût autant de réputation dans son temps que Corneille et Racine. Le marquis de Sillery était devenu le confident et l'agent de Philippe-Egalité qu’il a suivi sur l’échafaud. Il est mort en criant: Vive la République ! exemple qui fut suivi par les autres girondins.
Marc-Antoine Brasdefer de Chasteaufort, qui fut appelé à remplir les fonctions de gouverneur intérimaire, après la mort de Champlain, appartenait à l’ordre de Malte, suivant le savant abbé Bois. (1)
M. DeLisle, lieutenant de Montmagny, était aussi chevalier de Malte. C'était un personnage très pieux, dit Sulte. Il parait avoir commandé aux Trois-Rivières, en juin et juillet 1636.
Noël Brulart de Sillery, grand’ croix de l’ordre religieux et militaire de Saint-Jean de Jérusalem et commandeur ou bénéficier du temple de Troyes, ne vint pas dans la colonie, mais aux instances de ses deux amis de Montmagny et de Razilly, qu'il avait connus à Malte, il fonda aux approches de Québec, à
(1) Nommé gouverneur des Trois-Rivières après l’arrivée de Montmagny, il y était encore en 1638.
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