CHAPITRE III
ou LES CHARTREUX A SAINTIÈ-ANNE ET A BOSSERVILLE.
Nous ne pouvons foire ici une biographie complète de Charles IV à qui la Lorraine est redevable des Chartreuses de Sainte- Anne et de Bosserville, et cependant, il nous est indispensable, dans un écrit destiné à faire connaître une Maison dont il fut le pieux et le généreux fondateur» de ne point passer son nom sous silence. C*est pourquoi nous nous bornerons à le faire connaître succinctement par un coup-d'œil d'ensemble en faisant res* sortir les traits généraux, les grandes lignes de sa physionomie. A Dieu ne plaise que méconnaissant les droits imprescriptibles de Thistoire, nous tombions id dans le panégyrique qui, toutefois, est une des formes reçues de parler des morts ! A Dieu ne plaise que nous voulions faire passer Charles IV pour un soleil sans Uiehe, pour un Saint à canoniser tout vivant. Non, nous le dirons dès le début, Charles IV eut de grands défauts, il a commis de grandes fautes, il eut même des vices ; toutefois Dous ne le croyons pas aussi noir qu'on Fa fait. Esquissons plutèt la vie de ce prince et montrons que s'il n'a pas été assez complet pour être un grand homme dans
toute la largeur de Texpression, il n'en a pas moins eu de grandes qualités, il n'en a pas moins été, comme on Ta dit, « Tun des plus curieux personnages d'un temps fertile en héros singuliers. » Voyons, en effet, ce qu'il fut à la fois comme homme, comme prince, comme chrétien ; en d^autres termes, voyons quel a été son caractère, quelle a été sa politique, quelle a été sa religion.