‹ L'Ordre des Chartreux et la Chartreuse de BosservilleChapitre 21 sur 57 · LA CHARTREUSE DANS LE VEUVAGE · texte numérisé non relu

LA CHARTREUSE DANS LE VEUVAGE

Les Chartreux, nous TavoDs dit, ne devaient pas longtemps jouir des splendeurs de leur Maison, être les paisibles possesseurs de leurs cellules, dont la dernière venait à peine d'être achevée, lorsqu'il leur fallut s*exi- 1er. Os paraissaient n'avoir si superbement construit que pour la destruction et la ruine, leur Monastère ayant été aussi tôt précipité dans le gouffre dévorant de la sécularisation qui engloutit le patrimoine séculaire de l'Eglise de France , et emporta jusqu'aux derniers débris de sa fortune. Après avoir vu ce que devinrent les Chartreux, il nous faut maintenant voir ce que devint la Chartreuse, et retracer rapidement la triste et lamentable destinée, à cette époque néfaste, d'une œuvre qui avait coûté tant de sueurs, tant de démarches, tant de dévouement, tant d'années et tant d'or.

Une première vente qui dura huit jours, et dans laquelle on mit à l'encan les objets mobiliers seulement^ frappés du scel national, fut feite en 4793 par le Directoire du district de Nancy. C'est à cette époque que furent

28â LA RÉVOLOTION (SOITS).

aliénés, à vil prix, les nombreux ouvrages d^art dont ou avait embelli l'église de la Chartreuse, les sculptures, les peintures et notamment deux toiles qui passaient pour des cbefs-d'œuvre, un Christ au Hneeui et la Mort de saini Bruno. A cette époque aussi disparut un des principaux ouvrages de Joseph Provençal, c'est-à-dire un tableau qui de loin représentait saint Bruno à genoux, et de près une table, Une montagne, etc., et le tout reproduit avec tant d*art et d'expression qu'on disait en le voyant : c Ce por- » trait de saint Bvuno npus adresserait la parole si la Règle » des Chartreux ne faisait une loi du silence, » allusion au mot d'un ^^ffi considérant, la stgtue en marbre due au ciseau de Houdon, de Paris, et représentant Fillnstre Fondateur des Chartreux. A cette époque aussi furent vendus tous les objets mobiliers. Les grilles et les ornements en fer eux-mêmes qui décoraient la Chartreuse furent, après avoir été démontés, enlevés en partie par ordre du district p0ur é(r^ CQp^uit^ a^ np^g^fiw d« 1% Q(ép)4)>Uffie etéire i)p4« i^ llencl^fèra : tef)^ la croix, d^ l^^^i^et^c'esfrk-^n t 4mUQ CTQi^iiM., vA s^iToxmfïitHv^r^^u^ d» la^ BQsie d'^»?ée: plpqée a)or^ a^ cppmmi^e^^qt, dp l'aye^ffle,. r#vPQl?^( llarigio^ 4m ^^>n^mfHltr qt Iw iw^vmsif^ un c9|?aQt(èr€| n^îpn^l,; telles, le^iaf^ip^s A^ d|iic6 de Lprr^oe qui <|/[HP»ioai€«it;CfA((a ip^iPP; pointe d'entr/ta^ ; t^l Tammi (|q oQmpmipii die l«»:Ql»ApçU€k pl^éc) ki dRoiH^ de ll^ve^^ç çt^ QM r^Qn célâbr^it l'Of^QfL (i^vip, f^Q^ Ips b^tps et çoi^lqs QPmbrem; onvi^qr^, qftlocoMp^epv I», C^U)em,. ^ v.^9j^ ^iBKVés,.leA ct^ipd^iiers, 1|9b, t9iw«ff». Ifis si9)l|^ If». boîMrim du. Qtmw^.l^StQPOQmeij^lS} s^fl^^flUlM^ ^iumPr r»% ; ne («Utlitril P9A e^i bir»e 4^ Tai^i^plr? IWk qip^^M^

fntmMmàmf^ m m^(«^% rép^^^Uo^ip^, L% t)iMfotjb^M^

fut dispersée, sans doute sous le beau-BH^^r)^ qu'el^i}^ QQPMenait qiie^ des lijfreS' 4^. iRfjsse». et sef , i^yi^f iH^reni vMeS) de leMl» \^t» 1§$ Uvifc^, q^^A W^ rem^i^viep qlm les bo«qiûQiM^iOii» dm les ^mmi^y. ^B^K^ 4^89h Mitifisk t|!wisforMé« en cor^neti^ à b^mu^ te p<nvi% la

LA GHARTREUSB DANS LR VEDVAOE. 3^5

«AneUf ^ le tabno, et. le loiu m nom 4es. IqQiiéres <me de^aiepf b^p^taritevi^nt ajlésu^r des bonme^ (|ui. p^? geaiept re^ppittomaji» dpnp rhorreur d/^^, Iënè})va9 les plifil profondes Le< sopi de le biblJoiUiàiVie de la. Gb^r^ tpeupQ; nia, dn reste, rien qu doive é&çoAer le. le^iu:* qiuoiBid. on. s^ cm'à, Paris méi^e, o|]k4ém>^ra pendant pbi-. sieurs jours, au se\n da conseil municipal, s*i) ne faU^H point livrer aux flammes la Bibliothèque nationale, célèbre dans le monde entier, e*est-à^dire, s*il ne fallait point renouveler le forfait d*Omar qui, dans son fanatisme aveugle, fit brûler la riche Bibliothèque d*Âlexandrie.

A la même époque disparut aussi la tombe de Charte» IV, fettiateur de la Qhsfftreuse, ainsj.que le oœue de oa prince, sans, qu'on aili jaoïais pa savotn oe cpCH étaH» deivenu. Le cœur de Hieniû de Vaxulémonl, son jBIb, dia-. pann. égalemenCi, et le tout, soit par cupidité, oarleocmin de dutfk» IV axait éià renfermé, nous Vavons vu^ dans

un eœur d'avc^mA parles sotiis,de'la princesse de Libellofle^ s0ii par une. haine déskitéresaée qui mettail sa joi^ saur vagie.à détmiffepaiirdétniîneji La Bj&vohition, avide de 1% dipauiUe de» pmnees> comme elle Tavait été du sang dea |ieup]06^ ne faisait i grâce à personne, paaplua aux^aM^rts^ ^tauR wantsv et: ne s'arréieii pas» même deimtkt laisain^. tfifé dl»fl,tembeavK qn^etta vteJait impudemmeni, bien qui» lMiB;teB.peuplfis aient altiicbé à celte violation Fidée de wml^e*. Disens leutefois» à Th^nneur dea populatienii du, paya» Qie (Mta piramiàre vente oe prov^^ua chea lea aébeieim,.ni' la. rine, ni le blasphème, ni tojos eesilaaaia saofQcaaS} qui aoeiieillirenikdana d'autres contrée» laimîse àiyenebèna des.objeta eonsaerés^au ouliek Loiu^ de là, lea seminafnia de la pelijpon. la plus i«ve se msaùfesi^èrent^ el phuiaum fois la piété des peuples fit njieure enchère Sttr enchère, tant les Ghartreu» étaient restés sympalhi*ques aux âmes sincèrement chrétiennes, tant ils avaient emporté dans Texil oq dans la tombe les- regrets populaires. Tel acheteur, en effet, voulut avoir à tout prix la

S84 LA RÉYOLOTlOIf (sOITB).

Statue de saint Joseph, parce quMI avait pour patron ce saint patriarche, ce glorieux époux de Marie, ce père adoptif et dévoué de Jésus. Tel autre voulut avoir à tout prix la statue de saint Bruno, en souvenir de ses Fils, tel autre la statue de saint Nicolas, le patron de la Lorraine, ainsi que Ta rappelé un lotbaringiste contemporain, dans un Cantique dont voici le refrain :

Grand Nieolasy (on crédit d*ig« en âge A fait plearoir des bienfaits sonrerains. Viensy eoayre eneor de ton doux patronage Tes tieox amis, les enfants des Lorrains (i).

Pendant le laps de temps qui s^écoula entre cette première vente mobilière, faite en 1793 et la mise en vente des bâtiments comme propriété nationale qui n*eut lieu que le S7 ventôse an VI, la Chartreuse deviat une ambulance* U s*y commit alors des dégradations tellement nombreuses, des actes de vandalisme tdlraient inouïs, que les démons eux-mêmes en auraient frémi, n'auraient point voulu en être les auteurs. Lisez plutôt le Prodê'Verbal de Fesiimaiiùn de la Charlreuie^ dressé i répoque où l'on mit les bâtiments en adjudication. Les dommages et les dévastations de ^édific^, y est-il dit, sont incalculables. Les jardins sont restés sans culture, les arbres ou ont été arrachés, ou ont été mutilés, ou ont péri de vétusté, sans avoir été remplacés. La vigne, qui était de grand produit, et donnait c d'excellent vin, > a été négligée à tel point qu'elle est presque dépeuplée, manquant à la fois de provins et d'échalas. Les caves sont vides de vin et de futailles, les planchers en mauvais état, les pavés enfoncés, les jardins des cellules ne pro* duisent plus que des ronces et des orties, les portes sont délabrées, les serrures, les verroux ont été enlevés,

(t) M. Dnmast. Voir •• Canf tçwe à la fin dn rolome dans les

Page 1