CHAPITRE XII
y m CÉNOBITIQUE ou CONVENTUELLE.
Nous avons vu le Chartreux à l*œuvre en tant qu*H vU de la vie érémitique ou solitaire ; il nous faut maintenant, pour en avoir une idée exacte, Tétudier en tant qu'il vil de la vie eénobitique ou commune, c'est-à-dire en tant qu'il forme avec d'autres bommes, animés du même esprit que lui, une société religieuse régie par une Règle ou une loi qui est la même pour tous.
Sur ce point, Je commencerai par faire cette réflexion préliminaire que toutes les diverses Maisons de^ Chartreux, loin d*étre isolées et de vivre uniquement de leur vie propre et particulière, sont groupées, surtout au point de vue spirituel, autour d'une Maison-Mère q^ est la Grande-Chartreuse, en laquelle réside le Père Général, auquel seul on donne le nom de Révérend, les Prieurs des autres Maisons et les autres Pères ayant le titre de Vénérable. Il y a donc dans l'Ordre Gartusien centralisation de toutes les Chartreuses autour d'un foyer commun dont elles sont conune le rayonnement» qui est le centre d^où la vie émane et se communique jusqu'aux
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points divers qui forment la circonférence. Cette organisation, en vertu de laquelle les parties se rattachent à Fensemble et Vensemble agit sur les parties, nous a toujours paru bien supérieure. Quand les couvents du même Ordre sont isolés les uns des antres par suite de Tabsence d'un gouvernement général et n'ont que des rapports confraternels sans avoir aucun rapport hiérarchique, il arrive trop souvent que si Tun d'eux vient à être en souffrance, soit parce que les sujets font défaut, soit parce que la discipline s'est énervée, soit parce que les ressources pécuniaires sont momentanément insuffisantes, il arrive trop souvent que laissé à lui-même et n'étant pas secouru, ce couvent va de décadence en décadence, de dépérissement en dépérissement, jusqu'à ce qu'il finisse par s'éteindre et par disparaître, l'autorité ecclésiastique se trouvant obligée de licencier les quelques Religieux restants et qui, comme des ruines, rendent témoignage à un passé qui ne s'est pas survécu dans le présent. Quand, au contraire, il y a centralisation, chaque Membre est fort de la force de tout le corps qui se porte vers lui, l'aide jusqu'à guérison ; chaque Maison a l'appui de tout l'Ordre qui la soutient et lui donne de se remettre à flot ; aussi, les philosophes de Fantiquité avaient-ils pour maxime que la république devait être une et qu'il ne devait y avoir qu'un seul maitre.
Cette réflexion préliminaire étant faite, examinons, pour avoir une idée exacte de la vie cénobitique cbei les Chitftreux, et ceux qui commandent et ceux qui obéis-* stnU