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CBI3X QUI COMMANDENT.
Les principales autorités chez les Chartreux sont : Premièrement, Les TradUwna générales de FOrdre^ contenues : i"" dans les Statuts du Vénérable Guignes qui,
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étant entré dans TOrdre cinq ou six ans après la mort de saint Brano {Annales ordinis^ cari. 1. 1, c.YlII, p. 32) recueillit les coutumes qui avaient fait loi chez les Chartreux depuis le commencement, ainsi que les Règlements écrits {Ordinationes) et rédigés par saint Bruno lui-même de concert avec Landuin, et que nous avons déjà cités. Ces Statuts sont connus sous le nom At Statuts anciens (1259). S"* Les Statuts nouveaux, dans lesquels il y eut certaines modifications réclamées par les nouvelles circonstances (1568). Z^ La troisième compilation (1509). 4» Enfin la nouvelle compilation de 1581, imprimée à la Grande- Chartreuse {Correriœ) et dont nous nous sommes servi. Cette tradition générale est la loi fondamentale, la constitution et comme la charte de TOrdre ; nul n*a le droit d'y déroger, tous doivent la respecter à Tégal de la loi naturelle. Saint Bruno, jetant les fondements de son Ordre, a dit en effet : « Le saint Evangile de Notre Seigneur
> Jésus-Christ, avec son exposition catholique telle qu'elle B se trouve dans les Docteurs de l'Eglise, sera la Règle de B tous les Chartreux. Que la rigueur de l'Ordre et la » coutume suivie par nos Pères ne puissent pas plus être » changées par les nôtres que le droit naturel lïji-
> MÊME, seulement que le chapitre général pourvoie à
> ce que les circonstances réclameront (l). > Peut-il exister un fondement plus solide que l'Eglise catholique et une Règle approuvée par cette Eglise ? Ne voyons-nous point déjà par^ là que le Chartreux a toute garantie qu'il est dans la vraie voie, qu'il y restera toujours sans jamais en dévier ? Ne voyons-nous pas qu'on peut lui appliquer ce mot significatif qui exclut le caprice, la fantaisie, l'ar-
(1) Sanctum Domini Nostri Jesn Ghristi Evangelium com soa caiholiea Doctorom Ecclesin expositione erit io omnibus Cartusianis pro Régula. Rigor Ordinis et consuetudo Patrum nunquam in nostris tanquaÎi jos nâtu- EALB immutari valcat, sed taotum Capitulum générale provîdere prout pactnn et cireonstantic exquirunt. Ordinàiionêê que vulgo suh homine.S. BrunoBis, etc., n. I et XIX.
VIE CÉNOBITIQUe OU CONVENTOELLC. 403
t)itrairey et par là même la tyrannie : Sub legibus libertasj La liberté sous Tautorité des lois.
Secondement, le chapitre général. Ce chapitre qui se tient, d'après les Statuts, une fois tous les ans, entre Pâques et la Pentecôte, est la réunion à laHaison-Mère d*un lies Visiteurs de chaque province ainsi que des Prieurs qui sont à la tête de chaque Maison particulière, dans le but de délibérer sur toutes les affaires de l'Ordre, d'aviser aux moyens de réprimer ce qui serait contraire aux Constitutions, de maintenir la Règle dans toute sa vigueur, de rendre compte publiquement, devant la députation de tous les couvents, de Fétat particulier de chacun d'eux, Dès qu'il est réuni, il nomme des Electeurs ; les Electeurs nomment ensuite des Définiteurs qui, avec le Père <ïénéral, décident et règlent les questions pendantes. Le chapitre, qui est le pouvoir législatif, a une autorité absolue et universelle ; il confirme, il dépose les Prieurs, obligés de lui envoyer chaque année leur démission, ce que l'on appelle dans l'Ordre demander miséricorde. Il prévient tous les abus tendant à s'introduire et les empêche par là de prendre pied et de passer en coutume, ce qui contribue au règne de la discipline et fait que la décadence ne peut s'introduire. Il n'y a pas décadence, en effet, toutes les fois que le législateur proteste au nom de la loi, réprime les infracteurs, ne laisse rien passer, selon cette maxime du Droit tant ecclésiastique tjue civil : Legem aliquam in vigore esse quamdiù contra illam impunê agere nemo sinitur. Saint Bonaventure l'a dit : « Ce qui distingue les Ordres religieux » florissants des Ordres religieux déchus , ce n'est pas « nnfraction de la discipline dans les cas particuliers, • c'est la non-répression de ces infractions (I). >
(1) In hoc differunt laudabiles Religiones et jam dilapsa non qood oullus peccans in laadabilibus reperiatur, sed quod nullus imponè peceare sinatur, et ifiiod peecandi aditos sfndiose precladantur. Oposc. De sex ali$ SerapMm,
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Troisièmement. Le Général de t Ordre qui réside à la Grande-Chartreuse y dont il est Prieur, et qui dok être élu par les seuls Pères de la Grande-Chartreuse. C'est lui qui convoque et préside le Chapitre généraH en fait observer les règlements et en a le pouvoir en certains cas. Il est comme le pouvoir exécutif • Mais si son autorité est si grande, il est obligé, pour quMl ne puisse abuser, d*offrir tous les ans sa démission au Chapitre, lequel ne le confirme qu'autant que son gouvernement parait utile à TOrdre. Ce Général ne porte aucun signe distinctif de sa dignité, il est vêtu aussi simplement que les autres Religieux , astreint comme eux à la Règle avec ses pratiques, ses détails, ses assujétissements et ses austérités, et ne s*en distingue que par les bons exemples qu'il leur donne. On peut juger par là combien est profonde Tignorance du siècle qui, lorsqu'il entend parler du R. P. Général de la Grande-Chartreuse, demande naïvement : Combien sa place lui vaut-eUe ? comme s'il s'agissait d'un général de division ou d'un général en chef dans les armées de César. La Chartreuse a compté parmi ses généraux plusieurs hommes illustres, entr'autres Dom Juste Perrot, qui fut Général en 4631. II mettait à remplir les devoirs de sa charge tout le zèle el toute l'activité que l'on peut déployer, et comme on Iiû conseillait le repos, il répondit par ces paroles : « Un bon » général doit mourir debout (1). » Un fait qui vient naturellement se placer ici nous montre combien les Chartreux estiment la simplicité, combien ils sont détachés de tout ce qui respire le faste et ne cher* chent, comme saint Paul, que Jésus, non pas sur le Tbabor, dans toutes les splendeurs de sa gloire, mais à la croix» dans toutesles humiliations de son anéantissement. Le Pape Urbain Y ayant voulu, sous le généralat du R. P. GuiU
(1) Traev, Vie de $aint Bruno, avec diverseê rtmarqueê. Des Gé»4raux éts Chartrenxy n. XL VI, p. 285.