‹ L'Ordre des Chartreux et la Chartreuse de BosservilleChapitre 31 sur 57 · VIE CÉNOBITIQUE OU CONVENTUELLE · texte numérisé non relu

VIE CÉNOBITIQUE OU CONVENTUELLE

laume Raynaldi» que les Prieurs de la Grande-Char- Creuse prissent le titre d'Abbé et portassent les insignes de la dignité abbatiale, savoir la crosse et la mitre, Thum- Me général, tout en témoignant sa reconnaissance au Souverain-Pontife, le supplia avec tant dinstance de ne pas robliger à accepter cette distinction, pour des raisons que nous verrons plus loin, que le Pape, édifié, finit par se rendre à sa prière. Si donc les Généraux de TOrdre Garlusien ne sont pas Abbés, c'est parce qu'ils n'ont pas voulu l'être (i).

Quatrièmement, les Visiteurs. Ce sont certains Prieurs choisis, lors de la tenue du Chapitre général, parmi les plus capables et les plus dignes, pour faire la visite canonique et régulière de toutes les Maisons de TOrdre, pro* vince par province, afin de se rendre compte de ce qui se passe dans chacune d'elles, et de les ramener à la régularité s'il y a lieu, ou de les presser vers une perfection plus grande. Ce sont de vrais inspecteurs qui, pour mieux voir comment la discipline est observée, font une enquête en règle, interrogeant un chacun soit sur ce qui le concerne en particulier, soit sur ce qui concerne l'administration de chaque monastère. Us font ensuite un rapport de ce qu'ils ont vu et entendu, et l'envoient au Père Général. On a indiqué plusieurs causes pour expliquer comment la discipline s'est maintenue parmi les Chartreux dans toute son antique vigueur, surtout dans les XVI® et XVII® siècles qui furent, pour les autres Instituts religieux, des époques fatales de relâchement. On a indiqué l'unité qui existe entre la Maison-Mère et celtes de sa filiation, surtout depuis les bulles de Jules II, faisant à tous les Religieux de l'Ordre une loi de l'obéissance universelle au Prieur de la Grande-Chartrease et aux Statuts des chapitres généraux qui s'y tenaient. On a indiqué la fidélité à

(1) Ut Dominas Cartasic ahbas in reliquum vociletur Abbatisque statum et gloriam gerat, uti abbas suetus est facere Cluniacensis. DorUndus, Chro^ nicon Carlutiense, 1. IV, e. fi.

observer les austérités primitives, le soin d^en ajouter de* nouvelles, le jeûne assidu, la rigide abstinence de viande, la clôture et la séquestration absolue du monde et surtout des femmes, le silence presque perpétuel, la continuité de la prière et du travail, la fidélité à porter le ciliée dont le Chartreux ne se sépare jamais. Hais nul doute qu'une des causes qui aient le plus contribué à maintenir les Chartreux tels qu'ils furent à Torigine, ce ne soit cette organisation forte et puissante dont nous venons de parler, et surtout la visite fréquente des Supérieurs, toujours prompts à veiller à ce que rien ne soit mitigé ni affaibli dans les pratiques en vigueur. Là est la raison de leur splendeur passée, là est la raison de leur splendeur à venir. Fleury avait-il assez réfléchi quand ,. pour blâmer Tinstitution des chapitres généraux, il allègue comme inconvénients « la dissipation inséparable des » voyages, la dépense (t)? > Tout n'a-t-il passes inconvénients ? Qu'est-ce que le dérangement des voyages et la multiplication des dépenses en comparaison du maintien de la discipline qui en est le fruit ? N'est-ce point ici le lieu d'appliquer le principe : Qui veut la fin doit vouloir les moyens ? N'est-ce pas ici le lieu de rappeler l'adage fameux : Salus populi suprema lex esta :

Da peaple le saint, telle est la loi saprènie?

Cinquièmement. Les Prieurs. A la tète de chaque Maison se trouve un représentant de l'autorité centrale appelé Prieur et qui est assisté, d'abord d'un Vicaire lequel le remplace en cas d'absence , de maladie, de mort, et pour cette raison occupe partout la seconde place; puis d'un Coadjuteur auquel sont confiées, en cas de besoin, certaines relations avec les étrangers; puis enfin, d'un Procureur qui s'occupe du temporel pour tous , afin que tous puissent plus facilement va-

(1) Discourt tur l'hiti. ecclét,, VIII Disc, n. i.

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