‹ L'Ordre des Chartreux et la Chartreuse de BosservilleChapitre 6 sur 57 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

LA LOTHABINGIE

ou LES CHARTREUX EN LORRAINE.

S*n fut jamais fine iiôble terre sur laquelle les fils de saint Bruno pussent dresser leur tente, asseoir leurs cellules , ntl doute iqu'aprës la terre de Rome ou de 'Jérusalem, ce ne' Mt la terre de Lorraine. Ce pays, en effet, se révèle à quiconque étudie Fhistoire avec la plus légère ttttention, comme illustre entre tous les pays. Jetons plutôt/ pour nous en convaincre, un coup^d^œil rapide sur «le peuple qui Ta habité , sur les grands hommes et sur les grands Maints qui sont sortis de ce peuple.

I. Là'Vécut une race illustre entre toutes. La Lorraine, qui, arant de "porter lenom donton rappelle aujourd%Mii, 'taisait partie de 1a ^Gaule, fut d'abord ^habitée par les ' Gaulàis/natiOnxourageuse, énergique, -fière d'elle-oadéme i juste'titre tt qtii, au témoignage de Fillustre •capitaine imr lequel *elle 7ut domptée ,' tint longtemps en ééfaec WitomainSy'qui étaient les premiers soldats dumonfde, tt dont lîes * aigles victorieuses avaient triomphé -de Panivers. Cicéron lui-même, malgré le sentiment de Forgueil national, n'a pu ne point rendre hommage & la

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▼alenr des Gaulois. D a dit d'eux, en effet : « Avec les » autres peuples nous combattons pour h gloire, avec » les Craulois pour le salut. > — Et eucore : « Dès que 9 les Gaulois menacent Rome, les lois et les coutumes » que nous tenons de nos ancêtres veulent que Fenrôle- » ment ne connaisse plus d'exceptions (1). » — Les esclaves mêmes nuircbalent.

Aux Gaulois habiles à diriger les chariots de la guerre et à lancer le dard, vinrent, lors de ce que Ton a appelé l'invasion des Barbares, se mêler les Francs, autre nation guerrière, intrépide entre toutes, et qui fut pour les Romains, sur le champ de bataille, Fennemi le plus redoutable. C*est de ce double élément que se forma la race Lorraine qui devait, dans la suite des siècles, exercer une si grande influence sur les destinées de TEglise et, par là, sur les destinées du monde, se distinguer entre toutes les races par sa valeur, son enthousiasme, sa ténacité pour le bien, son attachement à ses princes, sa fidélité à sa foi. Voyons, en effet, ce qu'a été la Lorraine ; jugeons de Tarbre par ses fruits, de la cause par ses effets.

n. Là vécut le prêtre Yaast, — saint Védast — qui initia Glovis à la foi chrétienne après la bataille de Tolbiac, pendant laquelle ce prince avait promis à Dieu de se convertir s*il remportait la victoire. Yaast menait la vie érémitique dans le diocèse de Toul. Clovis ayant demandé à saint Ursus, évêque de cette ville, un ecclésiastique instruit et capable de lui enseigner les principes de la religion chrétienne, Tévêque ne crut pouvoir faire un meilleur choix que celui du saint ermite , qui accompagna le roi jusqu*à Reims. Par ses catéchèses il concourut au baptême de Clovis, qui devait faire de la nation française la nation catholique par excellence de TOccident, la jiUe ainée de FEglise, le grand •

(1) Pro Mareo Fonteio,

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instrument de Dieu pour raccomplissement de ses desseins providentiels et comme son geste dans le monde- (1) ainsi que l'attestent un fait permanent, quatorze siècles dliistoire. Grâce en partie au catéehiste Toulois, les France s'écrient bientôt : c Nous renonçons à nos dieux et nous > sommes prêts à obéir au Dieu immortel qu*annonee t Rémi. > Grftce à hii, la nation chrétienne par excellence est fondée, et Clovis se voue avec un zèle admirable k la destruction du paganisme, à Textirpation de l'hérésie quf intectait les Goths et les Visigoihs, à la propagation de l'Evangile dont 11 se fait Tinfatigable apôtre. Nul doute que depuis la conversion de Constantin, le baptême dé Clovis ne soit Févénement le plus important de Thistoire, le fait le plus fécond en conséquences. Par suite de ce baptême, les Francs se soumirent à Tinâuence de l'Eglise et, par là, marchèrent d*un pas ferme dans la voie de la civilisation et du progrès.

m. Là naquit la famille des Pépin, qui rajeunit le royaume des Francs et inaugura pour eux une nouvelle ère de grandeur, en plaçant à leur tête la race des Carlovingiens. Il est généralement reconnu, en effet, que cette race descend d'une fille de Pépin le vieux dit de Landen, ei du fils que saint Arnould, né au village de Lay,près de Nancy, avait eu de sa femme Dode, avant d^accepter l'êpiscopat. Quelle, famille que celle des Pépin, qui compte tant de représentants illustres ! Quels hommes que Pépin de Landen et Pépin d'Héristal, dont la capacité les plaça comme naturellement à la tête des affaires, sous le nom de maires du palais, alors (pte pâlissait l'étoile dés Mérovingiens, devenus, sous le nom de fainéants, des fantômes dlionnues et des fantômes de rois ! Quel homme que Charles Hartel, qui, à la journée de Poitiers, ferma pour jamais la fVance à la religion abrutissante de Ifahomet,

(I) OMto Ifei jur Pnmeoê,Êdak le titra 4oimi pwraJM étti^gM'è Histoire de lénutlen. Cf. Àeta SS., VI Feb.

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