LÀ LOTHARINGIE
genre qu'on pourrait leur donner. Les ayant ensuite eni«brassés et bénis, il dit, en détournant la tète : « Pour
> rhonneur de Dieu, qu'on ne me parle plus que de mon
> salut » U passa les trois jours qu*il vécut encore , uniquement occupé d'exercices de piété, et mourut emportant Festime, l'affection et les regrets de son peuple. Un historien de la Lorraine, parlant du duc Antoine, a dit : « Le protestantisme s'attaque, dés soo
> début, aux bases de l'ordre social. De la négation de « l'autorité religieuse à la négation de toute autorité, il
* n'y a qu'un pas. C'est ainsi que les populations de la « campagne traduisent la nouvelle doctrine. Elles se
* soulèvent par masses, elles se rassemblent en tumulte B sur les deux rives du Rhin, préludant à la liberté par » les massacres et le pillage. Qui refoulera cette nouvelle
* invasion des barbares ? Des deux plus puissants mo- » narques de la chrétienté, l'un est prisonnier de son » rival et celui-ci ne songe qu'à profiter de la victoire, » Seul le duc Antoine s'arme pour la défense de la
> société en péril, il n'attend pas les hordes envahis- » santés, il marche à leur rencontre et arrête, dans les
> plaines de l'Alsace , le flot prêt à déborder sur la
* France (i). »
Xn. Là régna Charles m qui, pendant tout le cours de sa vie, se montra digne du titre de Grand, que devait lui décerner un jour la postérité. U s'immortalisa en détruisant l'armée de Charles-Quint qui, forte de cent mille hommes, campait sous les murs de Metz, dont l'empe^ reur voulait s'emparer. Mais il s'immortalisa bien davan» tage en s'opposant à l'invasion dans ses Etats des doctrines protestantes, imitant en cela le bon duc Antoine^ Il ne négligea rien pour préserver son peuple de la contagion de rbérésie, grand exemple laissé aux prineea
(1) Saint-lfaniis, EUfAt% hiitariqt»e$ $ur Panehtme Lorraine, U II»
ou LES GBARTBBDX BH LORRAINE. 111
chrétiens de tous les siècles, et qui peut être imité de loio, même dans les pays où le catholicisme n'est plus considéré comme la religion de TEtat. Défense aux imprimeurs d'imprimer de mauvais livres, aux libraires de les vendre, et aux marchands de les colporter. Défense aux parents d'envoyer, par suite d'échange, leurs enfants en Allemagne. Défense d'ouvrir des écoles dont les régents ne seraient pas approuvés par le curé et les officiers du prince. Défense de conserver les livres composés par les hérétiques. Défense de tenir des conventicules ou réunions non autorisées. Interdiction de tout exercice de la nouvelle religion, de toute prédication hérétique, soit ea public, soit en secret, et par suite, fermeture des temples. Ordre aux hérétiques d'abjurer ou de vider le pays incontinent et de s'expatrier au plus tôt, sous peine de saisie de leurs biens, s'ils ne consentent pas à les aliéner. Ordre de dénoncer les novateurs aux autorités. Punition exemplaire des opiniâtres par le bûcher et la confiscation. Ordre de ne laisser aucun inconnu s'établir en Lorraine. Ordre de ne recevoir dans les ateliers aucun compagnon étranger sans la permission expresse du souverain. Appel au dévouement, afin que clergé et fidèles subviennent par leurs offrandes aux frais de la Ifuerre anti-hérétique. Lutte sur le champ de bataille ; telles sont les précautions que prit, les moyens auxquels recourut dans son infatigable activité le duc Charles m, pour opposer une barrière infranchissable à la nouveauté. Ajoutez à cela qu'il eut recoursaux Dominicains, lesquels il chargea de TLaquisition ; aux Jésuites, que Dieu avait placés comme une milice spéciale sur la brèche ouverte par le protestantisme, et qui, aux cris de la liberté sans frein, opposaient l'obéissance la plus stricte. Ajoutez encore que Je duc eut recours à l'enseignement public, ayant établi l'Université si célèbre de Pont-à-Mousson pour que les enfants des Lorrains ne fussent pas obligés d'aller cher* cher la science dans clés pays infectés du poison des
rtouvellés doctrines et ti'etpodasàem point M d^nj^er do ïiauhrâge leur foi et leur onbodoxie. îefle Ait f attitude dé Chattes III , contre le protestantt^imer. Telles furent le^ mesures prises par lui potrr arrêter le torrent déehairté par Luther. H èe itioùtrà un hoimue décidé et, comme tous les hommeâ décidés, Il réussit. Grèce à sa ti]^Ace, à sa fermeté, & son énergie administrative et itailftaire, la Lorraine resta oatfaofiquid et nous, Lorraltid du dix-neuvième siècle, c'est à lui, aptes Dieu, ^ue nous sommes redevables d'habiter une terre noti souillée par lé teniù éé ranti'que et menteur érerpeut. Sans lui , nous ^erfohs aujourd'hui honteusement courbés devant l'autorité de Ifartin Luther au lien de Pétre devant Fautoritë de l'Eglise, devant Fautorité de l'homme, c'est-à-dirê tfèVâtit la tyrannie, au lieu de l'être devant Tautorité ât Dteà, e'est^i^ire devant l'autorité de la loi êlervèe à sa plue hante majesté, devant l'autorité de la Loi divine. îi^e^ ainsi ^ue Charles m se montra fidèle aux armoiries de sa eapitale ^ui sont, on le sait, Un aeauthe, tm char- ^n épineux , symbole de la rèststatiee envers qui te froisse : Non TiHTLTtrs i>aEtoR (i). Les ducs de Lorraine étaient ù tel point regardés par les bérétiques comme âe$ hohmies intraitables, avec lesquels 11 n'y avait riefi à gagner, dont on ne pouvait rien espérer, dont le pam d^ Iptdtéger la fdf catholique était irrévoeablemeut pris, -que les rédacteurs du martyrologe protestant en furetrt Téduîts à dire qu' < entre tous tes royaumes ei pays de i^ fEurope, la province de Lofrraitie est èelle crû Ofeti » lÀ le moins répandu ses grÂccis spltfaûtétles , tfiie le^ n Inagistrats de ce duÀë sotit injustes, que ses habitante % ^fit idolâtres et si aVeug!es quMls ne veulent pans « recevoir les pasteurs que Dieu letft envoie pour le$ * éclairer (a), t Aussi la Lorraine JoUit-elle yPutfe grande
(1) Qai s'y frotte 8*7 piqne.
(2) t\ié aMntf Digttt. Biit. deùùH^iHè, t. IV, f . 9M.