ASIE
lésions ou de ceux qui ne se sont pas soumis à l'examen.
En octobre 1915, G. Laurens disait déjà : « À ma connaissance, cinq de mes camarades, aviateurs militaires, se sont tués depuis la campagne, victimes d’une lésion auriculaire qu’ils avaient dissimulée. L’un d’eux présentait une suppuration bilatérale de l’attique, avec cholestéatome, l’autre avait subi un évidement pétro-mastoïdien, avait guéri, mais conservait des vertiges et bourdonnements. »
Le lieutenant M... avait longtemps souffert d’otorrhée chronique « guérie » (?) depuis trois ans. Après avoir servi dans le génie, il avait demandé l'aviation afin de pouvoir, grâce à l'indemnité de vol, aider sa mère nécessiteuse. Alors que nous faisions ensemble notre apprentissage, il nous avoua souvent les craintes que lui donnait sa façon de piloter. D'ailleurs, à le voir voler, il était manifeste qu’il ne « sentait pas son appareil ». Nous lui constillâmes, ainsi que notre camarade G.…, de quitter l’aviation où très probablement il lui arriverait malheur. M ne voulut pas le faire, tout en se rendant bien compte qu’il allait à la mort. Tant qu’il ne vola que de jour, tout alla bien sans autres accidents que deux appareils cassés à l’atterrissage, mais à son premier vol de nuit seul (la nuit était d’ailleurs très opaque et nous trouvions qu'il était imprudent de la part du moniteur.de « lâcher » notre camarade dans ces conditions défavorables) nous eùûmes, dès le départ, l’impression qu’il ne se rendait pas compte de sa position. À 400 mètres, il voulut virer, s’inclina très fortement (alors que, d'habitude, il accentuait très peu ses wira-
ges), et partit en glissade sans rien tenter pour en sortir, Il fut tué sur le coup.
Tous ceux qui ont fréquenté les milieux aéronautiques ont pu voir des aviateurs déclarés aptes après des examens très sérieux qui n’arrivaient à faire que des pilotes détestables, cassant du bois très régulière-