‹ L'oreille chez l'aviateurChapitre 11 sur 31 · O0 LE · texte numérisé non relu

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ment jusqu’à la chute fatale qui les guettait s’ils ne se faisaient radier. Or, un pilote peut avoir une constitution très normale le faisant agréer, ne présenter aucune tare, et cependant n’avoir un sens de léquilibre que très peu sensible. Nous verrons, en étudiant les épreuves qui ont été employées pour ces examens, que Broca et Maublanc se sont efforcés de créer un matériel susceptible de déceler et de mesurer cette sensibilité d'équilibre, en qualité et en quantité. La qualité, pour un aviateur, c’est la perception bien nette d’un déplacement minime dans une quelconque des trois directions de l’espace. C’est elle qui fera qu’un aviateur sentira ou non son appareil. Les pilotes faisaient d’ailleurs les uns sur les autres des pronostics qui se réalisaient généralement. Ceux qui se tuaient étaient, sauf bris de pièces en l’air ou collisions, soient les imprudents (les « cherreurs »), soient ceux qui ne « sentaient pas leur zinc ».

Le sous-lieutenant D, pilote de bombardement de nuit, partait toujours sous une inclinaison très forte en « chandelle ». Nous l’avertimes du danger de ces départs que nous prenions pour une fantaisie: il nous avoua ne pas s’en rendre compte. Dès lors, nous savions qu’il se tuerait un jour, puisqu'il ne pouvait pas se corriger. Au cours d’une mission en Pologne, il tomba aussitôt;après avoir quitté le sol. Il fut indemne, prit enfin le sage parti de se faire radier.…, mais son observateur avait été tué dans l’accident.

Anderson, chirurgien attaché pendant la guerre au Royal Air Service, publie les accidents survenus en 1917, au cours de 9.000 vols effectués dans une école

d'aviation anglaise :

Erreur de jugements... 42 Affolement, fatigue cérébrale .......... 11

Dev itnbles re Dm re dues 0

PCA g

Il estime que 91 % de ces chutes peuvent être rapportées à une défaillance physique du pilote (1).

Le Service de la Navigation aérienne avoue pour l’année 1920 (les pilotes subissaient alors des examens médicaux sérieux) : quarante accidents ainsi classés :

Faute-de pilotäge ee te OR RE 1!

InévitabDIess LEE Re RE ere 23 ÉADTUUÉNER SRE UUN R PANRR P 1 È CausCS ACCUS Te MER NT RES 2

L’Aéronautique militaire accuse, pour le service effectué en 1921, 91 accidents :

Fauté-de POÉSIE RSR Re 46 Imprudences* 6 seau ue en ARLES EU PA À 5 Fautes dé matériel: 2 CRE Re Te 17 Causes inconnues et diverses ....... .. 12

Dans ces deux dernières statistiques, la proportion des accidents susceptibles d’être prévus ou évités par lexamen médical des pilotes n’est plus que de 40 à 50 (x (2). |

Tel est le premier résultat de la sélection appliquée au recrutement des aviateurs (3). Alors qu’il y a huit

() 11 n’est pas fait mention des chutes par imprudences parce qu’en école, le pilote ne se sent pas encore maître de son appareil pour se permettre les fantaisies qui plus tard lui viendront par crises.

(2) 45 et 62 % si nous attribuons au pilote tous les accidents déclarés de cause inconnue. à

(3) En 1921, il n’y a eu dans les Compagnies de Navigation aérienne que 11 tués et 6 blessés pour 3 millions de kilomètres parcourus : un accident pour 800 voyages effectués. !

SA pe

ans seulement, presque tous les candidats étaient agréés (1), 40'% des postulants sont maintenant refusés.

Les divers centres militaires n’ont accepté, en 1921, que 603 sujets sur 1.033 présentés. Ont été éliminés après examen de l'oreille ou du sens de l’équilibration:

29 militaires sur 389 candidats, soit 5,9 7 40 civils sur 644 candidats, soit .... 6,2 %

) Les candidats évincés l’étaient généralement pour des raisons tout à fait étrangères à leur aptitude physique.

CEE SP ETS ON TR

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