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EPREUVES ROTATOIRES ET NYSTAGMIQUES

La rotation est considérée par les otologistes comme l'équivalent des déplacements angulaires. La perception de ces déplacements est le point capital du sens de l’équilibre.

Les classiques enseignent que le labyrinthe membraneux est le point de départ de ce centre. Une rotation détermine un mouvement du liquide endolymphatique qui, par action sur les terminaisons nerveuses, engendre :

a) Des sensations de mouvement.

b) Du nystagmus dans le ou les plans des canaux intéressés.

Brabant croit, au contraire, que le sens de l'équilibre n'aurait le plus souvent d’autres organes périphériques que les muscles extrinsèques des globes

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oculaires. La rotation les éloignant de leur position d'équilibre, déterminerait une réaction rappelant les yeux vers leur situation primitive (phase rapide). Le phénomène nystagmique serait la manifestation des alternatives d’une lutte entre les causes d’entraînement des globes et le mécanisme de leur équilibration statique ou dynamique. L’entrainement déterminerait l’une des phases, la réaction provoquerait l’autre.

Le nystagrhus ne suivant pas les lois de l’hydrodynamique, ce ne seraient pas les mouvements de lendolymphe qui exciteraient les labyrinthes et les noyaux oculo-moteurs. Il n’est, en effet, pas proportionnel aux modifications des divers facteurs de la rotation (vitesse, durée, nombre de tours).

L'absence ‘ou la diminution des réactions post-gyratoires, si elle peut signifier Pabsence ou l'hypofonctionnement de la fonction d’auto-équilibration, peut signifier tout autre chose, totalement indépendant de la stimulation rotatoire. Il ne faudrait donc pas considérer les épreuves nystagmiques comme des tests d’exclusion à appliquer rigoureusement.

Buys déclare : « L'épreuve de la rotation après dix tours, peut faire soupçonner une abolition vestibulaire unilatérale, sans jamais donner de certitude ».

Flach écrit dans l’Aéronautic de novembre 1920 : « Des recherches faites sur des pilotes anglais ont montré que si ces tests avaient été appliqués exactement, un grand nombre d’aviateurs pleins de succès eussent été refusés. »

Quant à la valeur des sensations pendant la rota-

ét

tion, elle est très relative et ne saurait avoir une grande importance.

Les mouvements de réaction des bras, du tronc et de la tête peuvent être recherchés, mais il est toujours délicat de dire chez tel ‘sujet où commencent les réactions anormales.

En s’adressant au contraire à des épreuves fonctionnelles telles que le Romberg sensibilisé, la mesure dw plus petit décalage angulaire senti par le sujet, avec son temps de perception ou la recherche de l’équilibration retardée, on a la correspondance réelle avec les postulats de la pratique du métier d’aviateur, quel que soit le mécanisme de l’auto-équilibration.

D'autre part, presque toutes les épreuves nystagmiques présentent de gros inconvénients :

L'épreuve de l'eau chaude est peu sensible et exige de nombreux préparatifs. ,

L'épreuve à l’eau froide est pénible pour le sujet ; elle est contre-indiquée en cas de suppuration ou de perforation tympanique.

L'épreuve au chlorure d’éthyle est malodorante, coûteuse et peut être dangereuse.

L'épreuve à l'air froid est mieux supportée mais, comme dans toutes les épreuves nystagmiques, il est difficile de bien noter l’apparition de la première secousse et la disparition exacte du phénomène. La méthode de la « flamme chantante » proposée dernièrement par Novak serait peut-être plus juste, mais, reposant uniquement sur la réponse du sujet, elle ne peut être acceptée. Le temps de ventilation nécessaire

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au déclenchement du nystagmus, la durée de la réaction peuvent d’ailleurs varier en dehors de toute anomalie vestibulaire : retardée par schlérose du tympan, accélérée en cas de fissure dans la paroi labyrinthique ou de perforation tympanique.

L'épreuve du nystagmus gyratoire fait entrer en ligne de compte de nombreuses causes d’erreur : excitation du sens musculaire profond, des deux labyrinthes, de la sensibilité cutanée, centrifugation de la moelle, du bulbe, du cervelet et des liquides encéphaliques. Toutefois, si nous ne cherchons que des renseignements généraux sur l’équilibration et la stabilité du sujet, elle nous paraît utilisable, en tenant compte des réserves faites précédemment.

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