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EPREUVE DE L'ÉQUILIBRATION RETARDÉE

Robert Foy et Reverchon attachent une grosse importance à cette épreuve. Quelle que soit la théorie ne sur le sens de l’équilibration, le temps mis par

le sujet à se rétablir en position de Romberg sensi-. bilisé donnera l’amplitude de l’excitabilité à des forces mettant en jeu les organes mêmes qui seront influencés par les changements de position de l'avion. En la pratiquant, nous pourrons nous faire une idée très nette du degré de réflectivité des voies et des centres de l’équilibration. \

Un individu sain sera déséquilibré vingt à trente secondes après trois tours sur lui-même.

Une perturbation plus courte est un phénomène favorable à l’aptitude à l’aviation, sous réserve, bien entendu, d'égalité après rotations en sens opposés. C’est d’ailleurs le résultat obtenu chez de nombreux as ou pilotes réputés chez qui, normalement, le sens de l’équilibre doit être endurci.

Afin de voir si l’entraînement à l’équilibration avait une influence sur la sensibilité labyrinthique, Moure, Pietri et Maupetit ont examiné en séries des acrobates, équilibristes, danseurs, etc. Ils ont trouvé une hypoexcitabilité uni ou bilatérale, plus ou moins marquée suivant le temps depuis lequel ces sujets pratiquaient leur profession. Les aviateurs ont donc le droit d’être hypoexcitables, sans que cette modification fonctionnelle soit l'indice d’un trouble de l’appareil vestibulaire. MM. Gallet et R. Foy pensent même que l’on est en droit d'exiger d’un pilote entrainé, de l’hypoexcitabilité et non pas une excitabilité normale.

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Par contre, une durée de déséquilibration trop longue, doit nous inciter à une grande réserve sur l’aptitude du candidat examiné. Elle nous commanderait une plus grande prudence encore, si nous la trouvions lors d’un examen périodique chez un pilote entraîné car, normalement, cette hyperéaction aurait dû chez lui, s’atténuer par l’accoutumance et devenir une hyporéaction.

Voici un aviateur auquel nous avons reconnu jusqu'ici à tous les examens, un bon sens de l’équilibre ; ses antécédents aéronautiques sont des plus $atisfaisants. Aujourd’hui, il se présente à nous en état d’intégrité apparente et, bien que ne sortant pas d’une période de surmenage aérien, répond cette fois-ci à

nos épreuves à la déséquilibration par des réactions violentes. Que devons-nous penser de cette hyperexcitabilité soudaine ?

Reverchon a trouvé dans des cas analogues, une forte proportion de syphilitiques secondaires. L'état de méningisme fruste qui coïncide avec ce stade de la spécificité explique bien cette hyperexcitabilité corticale retentissant sur l’équilibration (1).

D'autre fois, elle sera due à des acrobaties aériennes récentes, au surmenage, etc...

Elle peut enfin être symptomatique d’une évolution anormale et dangereuse du sens de l’équilibre.

(1) Reverchon rapporte au congrès de la Navigation aérienne de 1921, l’observation d’un adjudant pilote ayant fait preuve pendant toute la guerre d’une très bonne équilibration. En traitement pour syphilis secondaire il fait une première chute et « casse du bois » quelques après, il se tue dans un accident ne pouvant être imputé

à l’avion.

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