‹ L'oreille chez l'aviateurChapitre 26 sur 31 · DE CONTROLE D'APTITUDE · texte numérisé non relu

DE CONTROLE D'APTITUDE

Le pilote se présentera, porteur de son carnet médical individuel. Son aptitude ayant été reconnue antérieurement nous n’aurons guère à chercher que les modifications survenues depuis le dernier examen.

1° Vérifier le maintien de l'acuité auditive par . À , .

linducteur acoumétrique ; LYS

2° Chercher au spéculum les signes de sclérose et d’immobilité du tympan ;

3° Contrôler la perméabilité tubaire ; 4 Qu'est devenu le sens de l’équilibration ?

A l'épreuve de l’équilibration retardée, nous devrons, normalement, trouver un chiffre inférieur ou tout au plus égal à celui du dernier examen. S’il en est ainsi, le pilote sera autorisé à continuer son service (à condition toutefois qu'il ait satisfait aux épreuves et examens précédents).

A-t-il, au contraire, tendance à devenir hyperexcitable, nous pourrons, suivant le degré constaté, ou lui accorder du repos (radiation temporaire) ou seulement lui interdire les acrobaties, voyages pénibles, etc.

Les renseignements fournis par l’examen des autres organes (hypotension, défaillance cardiaque, atteinte rénale.) pourront venir modifier notre décision.

Presque uniquement prophylactique, lors de l’examen initial d'aptitude, notre rôle devra ici être égale-

ment thérapeutique. Un pilote actuellement inapte

peut être rendu rapidement à l'exercice de sa pro- Le +7 s

fession si nous l’envoyons, par exemple, au spécialiste

pour ablation d’amygdales hypertrophiées, si nous

lui ordonnons un repos absolu en cas de surme-

nage, etc... (

Le choix judicieux des épreuves à faire subir aux candidats avant de les déclarer aptes au pilotage, le contrôle périodique d’aptitude imposé aux aviateurs tous les 6 mois et après chaque maladie ou accident graves permettent de réduire sensiblement le nombre des chutes d’avion. Les statistiques que nous avons données le montrent nettement.

Pour le bon fonctionnement des lignes commercia- les aériennes et pour le recrutement du personnel navigant de l’Aéronautique militaire, il est indispensable que ce mode de transport ait gagné entièrement la confiance du public. Or celle-ci ne lui sera accordée que lorsqu'elle présentera les deux conditions essentielles suivantes : économie et sécurité.

Le premier est fonction de la bonne organisation des Lignes et de la valeur commerciale des avions en service : elle est uniquement du ressort des techniciens et des constructeurs.

La seconde est presque exclusivement du domaine médical. Sans. doute est-il désirable de voir employer un appareil stable capable d’atterrir lentement en un

espace restreint ; mais il est démontré qu’un bon pilote sur un mauvais avion est infiniment moins dangereux qu’un aviateur physiologiquement inapte, conduisant un bon appareil. | Û

Selon l’expression de Beyne : avant de « semer de

la graine d’as », essayons au moins de la trier.

Il est avéré qu’un certain nombre de pilotes excellents ayant depuis longtemps fait leurs preuves dans des situations souvent délicates, ne satisferaient pas précisément aux épreuves actuellement exigées de tout candidat aviateur :

Voire, dit Panurge, mais de‘ce que Frère Jean a sauté hier du grenier, en la cour sans se rompre le col, s’ensuit-il qu’il faille supprimer l’escalier de ma maiïison ?

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