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CHAPITRE II

Nécessité d'un examen otologique.

Nous avons vu que la dépression barométrique, le froid, la ventilation «et le traumatisme acoustique créaient chez l’aviateur des troubles divers dont quelques-uns sont dus aux modifications survenant au labyrinthe et à l’oreille moyenne.

Fixes ou rotatifs, les moteurs donnent uñ ronflement, grave pour les premiers, aigu et musical pour les seconds. Dans les avions multimoteurs, on perçoit, surajoutés au ronflement habituél, des battements caractéristiques dus à des interférences entre les tons des deux moteurs non exactement accordés. Ces bat- - tements rythmiques sont particulièrement fatigants. L’hélice donne un sifflement strident. Enfin, les tendeurs et haubans vibrent, surtout aux grandes vitesses. Ce dernier bruit est masqué par les précédents en vol horizontal ou en montée, mais il est perçu à plusieurs centaines de mètres dans les descentes faites en excédent de vitesse. Le pilote est généralement peu gêné par cet éblouissement acoustique auquel il

s’adapte vite. Tout au plus restera-t-il quelque tempsaprès l’atterrissage des bruits subjectifs ou une légère surdité persistant quelques heures, rarement une journée.

Pour remédier à ces troubles on: a conseillé de protéger les oreilles pendant le vol par l’obturation du conduit à l’aide de tampons d’ouate. A la vérité, aucun pilote n'utilise ce moyen qui entrave l’audition et est susceptible de l'empêcher d'apprécier la marche du moteur : le remède devient alors pire que le mal.

A la longue, il se produit des altérations anatomiques et des troubles fonctionnels analogues à ceux que l’on a trouvé chez Jes chaudronniers, les maréchauxferrants, les téléphonistes, les mécaniciens et 1e artilleurs : bourdonnements d'oreilles, hyperesthésie acoustique, paralysie progressive de l’ouïe par épuisement fonctionnel des centres auditifs. Le personnel navigant jeune ou sain supportera bien plus longtemps ce traumatisme que les passagers plus âgés (officiers observateurs, hommes d’affaires habitués des lignes commerciales, etc.) Ceux-ci ont une oreille plus ou moins sclérosée qui s’adapte mal aux vibrations constantes de l'air extérieur et, par conséquent, se défend mal. À plus forte raison tout sujet à oreille pathologique, suppurative ou cicatricielle le tolérerat-il encore moins longtemps.

L’acuité auditive doit être normale, car, de toute évidence, il faut que le pilote puisse suivre ou entendre les moindres perturbations du bruit de son avion. L'aviateur Gilbert, devenu dur d'oreille, ne s’aperçut

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