‹ L'oreille chez l'aviateurChapitre 8 sur 31 · EL · texte numérisé non relu

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pas de l’arrêt de son moteur et périt dans un accident stupide à Villacoublay.

Une seconde considération intervient pour obliger le pilote à un examen otologique : la nécessité d’une bonne perméabilité tubaire. On s’imagine aisément la fâcheuse influence que peut avoir une trompe imperméable chez un sujet exposé à subir en quelques minutes des variations barométriques de 20 à 30 centimètres de mercure (1).

L'air qui remplit le conduit auditif externe dans une couche atmosphérique donnée se trouve à une pression différente de celui qui a été emmagasiné par l'oreille moyenne dans la couche atmosphérique précédente, d’où tractions sur le tympan et sur la chaîne des osselets, d’où les bourdonnements et la surdité qui cessent d’ailleurs dès qu’un mouvement de déglutition, ouvrant la. trompe d’Eustache, rétablit l'égalité de pression des deux côtés du tympan. L’otoscopie pratiquée chez des sujets venant d’atterrir permet d’ailleurs de constater des traces objectives de ces réactions de l’oreille. « On trouve, dit Lacroix, d’une part un liseré rouge tout au long, en avant et en arrière du manche du marteau, d’autre part, un état congestif parfois très intense de la membrane de Schrapnell. Cet aspect du tympan est celui que l’on provoque en redressant par des insufflations d’air dans l’oreille moyenne, un tympan rétracté. Il traduit

(1) 370 mms de Hg à 6.000 mètres.

.530 — 3.000 — 760 — au sol

PTE

bien les mouvements successifs « de refoulement et de rétraction que doit subir le tympan pendant les vols sous l'influence du vent, des changements de pression atmosphérique et des mouvements régulateurs de déglutition ».

Le professeur Reverchon rapporte au Congrès international de la navigation aérienne de 1921 le fait suivant qui fait bien

resortir la nécessité de la perméabilité tubaire chez ceux qui s’exposent à de brusques changements de pression extérieure:

« M. Beyne avait conduit à Saint-Cyr un groupe de médecins qui devaient être mis à la tête de divers centres. L’un d’eux, garçon de 35 ans extrêmement sain en apparence, s'offre pour entrer dans le caisson. Il monte à 3.500 mètres dans la cloche pneumatique. Celle-ci était maniée par M. Behague qui la connaissait bien et qui était avec le médecin en question dans l’appareil. Tout se passa bien à la montée. A la descente qui fut très lente, le sujet fut pris d’une syncope et d’une otorrhagie. Examiné par nous le lendemain, il avait une rupture tympanique horizontale et de l’autre côté, un suffusion sanguine : les deux trompes étaient complètement imperméables ! »

Le médecin en question ne s’en était jamais douté et n’en avait jamais souffert. Les trompes d’Eustache peuvent donc être imperméables sans donner aucun

symptôme pendant la vie courante puisqu’un médecin À lui-même ne s’en était nullement aperçu.

Nous avons vu un accident se produire dans des conditions équivalentes : Ayant eu une panne à 4.000 mètres de hauteur, nous descendions très rapidement, en spirales (moins de cinq minutes après nous devions toucher le sol). Un peu avant d’atterrir, nous nous retournions pour communiquer avec notre passager, le sous-lieutenant S..., peu habitüé aux vols d’altitude.

ed A Re Il était effondré au fond de la carlingue, avait une otorrhagie, une rupture du tympan gauche et une paralysie faciale qui disparut en quarante-huit heures : sa perméabilité tubaire n’avait pas été vérifiée à son entrée dans l'aviation.

Pour l'établissement rapide d’une boïme compensation aérienne à l'oreille moyenne, il est indispensable, non seulement que la trompe elle-même ait été reconnue perméable aux épreuves cliniques, mais encore que :

a) Rien ne s'oppose à l’arrivée de l’air par le nez, la bouche et le rhino-pharynx ;

b) La membrane tympanique puisse librement se plier aux mouvements alternatifs de refoulement et de rétraction.

C’est dire que, d’une part, le sujet ne devra pas être gêné par la présence de grosses amygdales, de végétations adénoïdes, de queues de cornet saillantes, d’une cloison nasale déviée, etc. et que d’autre part, son tympan devra être mobile, sans rétraction ni épais-

sissement.

C’est surtout l’oreille en tant qu’appareïl d’équilibration qui devra être en état parfait d’intégrité fonctionnelle. On conçoit aisément combien est redoutable pour le pilote la moindre altération du sens de l'équilibre. Un trouble, même passager, est pour lui gros de conséquences. Or, les petits vertigineux sont peut-être plus nombreux qu’on ne le croit. Beaucoup, s’aidant de leur béquille visuelle, ne se plaignent pas de leur état, mais chez le pilote, ce secours peut arri-

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