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CCS déductions n’étaient ni claires ni convaincantes; enveloppées intentionnellement dans des phrases nébuleuses, propres aux métaphysiciens, elles étaient accompagnées de-ci dc-lh d’équations mathématiques qui n’avaient rien à voir dans l’aUairc et firent impression sur des profanes en psychologie, tels que Breuer, Grum-Brown et autres. Breuer a résumé brièvement l’hypothèse de Mach : « C’est ce phénomène (l’obliquité apparente des poteaux télégraphiques) qui a décidé Mach à observer le fait dont il s’agit, 11 repose sur le mouvement circulaire des yeux qui se produit dans ces circonstances et dont les méridiens sont inclinés par leur partie supérieure vers le centre de la courbe traversée. Cette rotation est une des manifestations du changement survenu grâce à ces circonstances dans la perception de la direction verticale. On croit que la verticale est encore inclinée vers le centre de la courbe, et lorsqu’on se trouve en présence de cette courbe, ou qu’on veut la décrire par un mouvement actif, on incline tout le corps dans la môme ligne, vers son centre. C’est ce qui se produit dans toute course circulaire, au cours du patinage, en montant â cheval dans un manège, etc. »

Toutes ces explications sont également erronées et reposent sur nue analyse insuffisante du phénomène de l’illusion. Lorsqu’un wagon traverse une courbe, on observe réellement que sa marche est accélérée, mais qu’il prend en môme temps ^lne al litude oblique. Gomme les rails sont posés un peu plus haut du côté extérieur des coui’bcs qui correspond au plus grand cercle, il en résulte une inclinaison du wagon vers le centre de la courbe. Le wagon avec ses portières, les cadres de ses fenêtres, etc., forment alors avec les arbres, les poteaux télégraphiques et les clochers un angle dont le sommet est dirigé en bas sur le côté externe de la courbe et en haut sur son côté interne. Et comme nous sommes habités à attribuer aux wagons une position verticale, nous concluons que les poteaux télégraphiques et les arbres sont obliques par rapport à la verticale du wagon. 11 s’agit donc ici à proprement parler, non d’une illusion des sens, mais d’une erreur de jugement. Il suffit, pour s’assurer de la justesse de cette explication, de se pencher en dehors du wagon, jusqu’à ne plus avoir

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à titre d’objets de comparaison, devant les yeux, les cadres des fenêtres et les parois du wagon : aussitôt les poteaux télégraphirpies apparaissent tous droits. 11 sulFit même de regarder les arbres et les poteaux, qui semblent obliques, à travers une jumelle de théâtre, pour les voir de nouveau dans la position verticale. Inutile de dire que les cadres des fenêtres ne doivent pas se trouver dans le champ visuel.

Lorsqu’on fait l’ascension d’une montagne en chemin de fer à crémaillère, les montagnes, les maisons et les poteau.x télégraphiques apparaissent obliques, dès que l’ascension devient appréciable, leur obliquité se dirigeant dans le sens de l’ascension. Il ne peut naturellement être question ici ni de courbes, ni d’accélération du train. La même illusion se produit naturellement pendant la descente.

J’ai fait ces observations des centaine; de fois, entre autres au cours de l’ascension de Glion à Gaux. Pendant la dernière étape, alors qu’on approche de Gaux, quelques édifices tout à fait libres (il ne peut donc pas être question d’une erreur produite par une différence de niveau) apparaissent complètement obliques. Il en est de même de l’iiôtel de Gaux. Si on fait V ascension dans une voiture découverte nayant ni fenêtres, ni portières, l’illusion ne se produit pas. Elle ne se produit pas davantage, si l’on se tient pendant l’ascension sur la plate-forme de devant. J’ai très souvent interrogé tà ce sujet mes compagnons de voyage aussi bien en wagon fermé qu’en wagon découvert. Le résultat a toujours été le même ; l’illusion se manifestait en wagon fermé, et nullement en wagon découvert. Mon fils âgé de quatre ans, et quelques autres enfants n’ont |)as été sujets à cette erreur et voyaient toujours, même dans les ascensions les ])lus fortes, les maisons et les poteaux télégraphiques dans la position verticale. J’ai montré ensuite à mon fils les modèles de Züllner: il remarqua aussitôt que les lignes parallèles se rapprochaient ou s’éloignaient en haut ou en bas. Il s’agit donc, dans la position oblique des corps et des poteaux, non d’une illusion des sens, mais d une eri’eur de jugement, qui ne se produit même pas chez les cidanls non prévenus. Sur les montagnes, le môme enfant attribuait une position oblique à des maisons qui sem-

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blaient inclinées dans un certain sens par rapport à l’horizon, parce que de loin on voyait d’un côté plusieurs étages, et de Tautre un seul étage. Il s’agit donc dans ce cas d’une véritable illusion optique.

On peut recourir, pendant le même voyage, à une expérience cruciale qui ne laissera aucun doute sur l’exactitude de l’explication de l’erreur de jugement que nous venons de donner. Glion et Territet sont réunis par un chemin de fer funiculaire dont la courbe d’ascension est plus rapide que celle du chemin de fer à crémaillère entre Glion et le Rocher de Naye, pourtant les poteaux télégraphiques affectent une position verticale tout le long de ce trajet. La raison en est très simple : les wagons du chemin de fer funiculaire contiennent des compartiments situés à des hauteurs différentes, ces comparlimenls restant horizontaux malgré l’inclinaison de la voie, il en résulte que les cadres latéraux des portes et des fenêtres gardent leur position verticale, par conséquent parallèle aux poteaux télégraphiques, etc., également verticaux.

§ 4. — Mes expériences de rotation sur des animaux.

Malgré runiformité générale des rares expériences de rotation que différents auteurs ont pratiquées sur des animaux, l’accord est loin de régner sur l’interprétation de ces expériences. Quant aux observations faites sur l’homme, en ce qui concerne les sensations de rotation, elles sont encore plus contradictoires. La confusion en résultant reposait en partie sur ce fait que certains auteurs, surtout les dilettanti dans l’art de l’expérimentation, en même temps qu’ils décrivaient les phénomènes observés par eux, leur donnaient des désignations qui préjugaient déjà de leur interprétation : mouvements compensateurs, vertige rotatoire, sensations de rotation, sensations statiques et d’équilibre, telles étaient les particularités attribuées aux phénomènes les plus divers. Gomme la plupart de ces phénomènes sont d’une grande importance pour la théorie du sens de l’espace, il m’a paru indiqué de donner, dans l’exposé complet de mes expériences de~ rotation

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sur des animaux, quelques explications sur les expressions employées.

Dans l’expérimentation sur des animaux, nous n’observons qm des ‘phénomènes de mouvement . Sur les sensations des animaux, nous ne recevons, à proprement parler, aucun indice direct ; il nous est seulement permis, lorsque nous observons chez des animaux des mouvements qui, dans des circonstances identiques, sont accompagnés chez l’homme de certaines sensations, de supposer des sensations analogues chez les animaux. Quant à le prouver, la chose nous est impossible. Lorsque pour des fins expérimentales, l’homme accomplit des rotations, ou est tourné passivement dans un fauteuil mobile, il le fait volontairement et consciemment . Il peut analyser ses sensations, dominer ses impulsions motrices et les soumettre à des épreuves rendant possibles des observations objectives. Il en est tout autrement lorsqu’il s’agit d’animaux; leurs mouvements étant imposés, leurs sensalions se manifestent tout d’abord dans une résistance contre les mouvements inconnus et dans la tendance à réagir contre eux, c’est-à-dire à échapper à la machine tournante. Les mouvements qu’ils accomplissent dans ces conditions diffèrent totalement de ceux qu’on observe chez l’homme, et nous n’avons pas le moindre droit de parler des sensations des animaux servant à l’expérience. Lorsqu’on parle de sensations de rotation ou de vertige chez les animaux, c’est donc d’une façon toute arbitraire. Il est même probable que certains animaux tels que la grenouille, ne sont nullement capables d’éprouver le vertige.

C’est avec cette réserve que nous allons aborder la description des phénomènes qu’on observe chez des animaux (grenouilles, pigeons et lapins, mes expériences n’ayant porté tout d’abord que sur ces animaux), lorsqu’on les expose à la rotation sur un disque tournant.

Si l’on fait mouvoir ce disque lentement autour de son axe vertical, sous un angle de 10“ à 15“ environ pour la grenouille, de 25“ à 40“ pour les pigeons et les lapins, tous ces animaux sans exception réagissent à ce mouvement par une déviation prononcée de la tête. Celte déviation se fait ci gauche, lorsque

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