‹ L'oreilleChapitre 18 sur 107 · I- ou Kl LUC · texte numérisé non relu

I- ou Kl LUC

de l’image rétinienne, renoncent aussi le pins souvent à détourner la tête et essaient de réagir contre le mouvement désagréable, en cherchant à. se déplacer à l’encontre de la direction de la rotation (pigeons) ou en donnant h leur corps une attitude solide, la tête contre le centre, 'qui diminue les suites de la rotation (lapins). C’est pourquoi la direction de la tête disparaît chez les pigeons et les lapins, lorsqu’on continue la rotation pendant un temps plus ou moins long; certains lapins ferment dans ce cas les yeux. Le maintien de l’image rétinienne à l’aide de la déviation de la tête est donc en grande partie un acte volontaire.

Le mouvement de retour de la tête vers la direction de la rotation, mouvement qui donne lieu à unnystagmus de la tête oscillatoire, en apparence, est de nature purement réflexe. 11 est évident que ce mouvement résulte de l’excitation de la rétine parte dé|)lacement rapide des images rétiniennes. C’est seulement parce que la déviation volontaire de la tète s’oppose à ce mouvement réflexe de retour, que ce dernier devient en apparence oscillatoire et ne permet pas h la tête d'adopter une déviation vers la direction de la rotation qui dépasse l’attitude normale. Cette excitation par le déplacement de l’image rétinienne augmente ù mesure qu’on continue la rotation, jusqu’h se transformer en vertige visuel (jui, la rotation continuant, se manifeste par une déviation de la tête dans la direction de la rotation, et chez les pigeons et les lapins par un nystagmus de la tête. Le champ visuel semblant se déplacer dans une direction opposée à la rotation, il en résulte que la déviation de la tête et le nystagmus reçoivent une direction qui correspond à la rotation.

Chez la grenouille (pii, vu la faible mobilité do sa tête, ne présente pas de nystagmus de cet organe, on n’observe que la déviation de la tête. Elle cherche par exemple, dans la rotation à droite, à fi.xer son champ visuel antérieur et est obligée, pour y arriver, de tourner la tête à gauche. Après l’arrêt de la rotation, alors que le champ visuel semble se déplacer à gauche, elle tourne la tête à droite, atin de maintenir le champ visuel et de combattre ainsi le vertige visuel. La destruction de ses canaux semi-circulaires ne peut naturellement exercer

LUTTE CONTRE UES ERREMENTS

aucune induencc sur sa réaclion coiilro le mouvement réel du champ visuel. C’est pourquoi apparaît la déviation initiale de la tête. Par contre, la direction de la tête ne se produit pas dans l’arrêt delà rotation, pai’ce que conformément à ma conception du vertige visuel, telle que je l’ai exposée plus haut, une grenouille privée de ses labyrinthes ne peut plus être sujette au vertige visuel.

Les grenouilles ne paraissent pas être sujettes au véritable vertige cérébral, que nous désignons sous le nom de vertige de Purkinje. Du moins on n’observe chez elles, au cours de la rotation, aucun des symptômes (mouvements roulants, etc.), qu’on considère comme suites des accès de vertige. Les pigeons présentent-ils ce vertige cérébral ? Je n’oserais pas l’atTirmer avec certitude. Lorsque le disque tournant s’arrête, même après la rotation la plus rapide, ils recouvrent immédiatement leur équilibre ; ils se retournent tout au plus une ou deux fois autour de l’axe transversal de leurs corps, ce qui peut s’expliquer facilement par l’action mécanique de la force centrifuge. Lorsqu’un homme saute d’une façon inaccoutumée d’un train en marche ou même d’une voiture qui roule vite, il tombe également à la renverse, et meme plus d’une fois. 11 ne peut être question dans ce cas de sensation de vertige. On peut expliquer par les dispositions anatomiques l’absence de vertige cérébral chez les grenouilles; par contre, la cause de l’immunité à cet égard des pigeons provient de leur grande habitude à exécuter des mouvements tournants.

Les lapins au contraire semblent, de même que les hommes d’ailleurs, sujets au vertige, ainsi que le prouvent les mouvements forcés violents, le tremblement de tout le corps et rincertitude persistante des mouvements de ces animaux, après une rotation prolongée, même s’ils ont été privés de la vue. Pendant ce vertige existe une plus grande incertitude des mouvements, le vertige visuel ne pouvant qu’aggraver les troubles moteurs. Une observation sur des lapins qui ont été exposés à la rotation dans l’obscurité est assez caractéristique sous ce rapport : dans les rares cas où l’arrêt de la rotation n’est pas suivi de mouvements roulants, ces derniers'apparaissent aussitôt, lorsqu’on projette de la lumière

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