‹ L'oreilleChapitre 23 sur 107 · I-A TIIKOIUE nu SEiNS DE |/eSI>A(',E · texte numérisé non relu

I-A TIIKOIUE nu SEiNS DE |/eSI>A(',E

du verlig’c en regardanl fixement d’un pont, l’eau couler avec une o’randc vitesse. Aussi bien dans ce cas nue dans le mal

de mer, on élimine une des causes du vertige en fermant les veux. Un sourd-muet, dépourvu d’un système de canaux semicirculaires susceptible de fonctionner, ne doit pas être atteint du mal de mer. Cette déduction émise par moi il y a plus de trente années a depuis été confirmée par de nombreuses observations.

Par contre, le vertige produit par la rotation du corps augmente lorsqu’on ferme les yeux et meme, comme nous l’avons déj.à dit, lorsqu’on se met brusquement à fixer un objet situé tout près des yeux. De même un malade atteint de vertige par cause centrale, par exemple à la suite d’une affection du cervelet, se trouve d’habitude plus à son aise lorsqu’il a les yeux ouverts. Mais qu’on le place par exemple à Laufen, audessus des chutes du Rhin, et immédiatement son vertige augmentera d’une façon considérable, s’il ne ferme pas les yeux ou s’il ne fixe pas, avec les yeux, un objet immobile quelconque.

Les exemples multiples que nous venons do citer sont destinés à montrer cpie l’illusion d'un mouvement apparent doit se produire toutes les fois qu’il y a désaccord entre notre perception et notre représentation de notre espace idéal. Que CO désaccord soit produit par un nystagmus subit, par des mouvements passifs des globes oculaires, au début des paralysies des muscles bulbaires, par des perturbations mécaniques dans le cerveau (comme pendant la rotation prolongée de notre corps autour de son axe longitudinal) ou enfin par des lésions des canaux semi-circulaires, le résultat sera toujours le môme : nous verrons du mouvement là où en réalité il n’y a que du repos.

Pour rendre bien claire ma manière d’envisager le mécanisme du vertige, je m’étais servi de l’image suivante qui, tout en étant trop schématique, pourra pourtant mieux faire saisir mon idée ;

(( Supposons un système de coordonnées représentant les trois dimensions de l’espace. Sur ce système, nous transportons un dessin qui représente l’espace vu, c’est-à-dire l’image

L OREIUÆ

de noire champ visuel. Chaque fois que ce dessin changera sa position par rapport à ce système de coordonnées, nous éprouverons la sensation du mouvement, que ce changement se soit produit par un véritable mouvement de l’espace extérieur ou seulement par un mouvement passif de la rétine, reffet sera le môme : nous verrons les objets se mouvoir. Quand le mouvement de la rétine est produit parles contractions musculaires volontaires, les sensations d’innervation do ces muscles nous préservent d’une illusion, on nous avertissant que le déplacement du dessin est produit par nous-môme ».

Il est évident que les mômes sensations de mouvement doivent se produire quand c’est le système de coordonnées qui change sa position par rapport à l’image. Dans les cas qui nous intéressent, ce déplacement du système de coordonnées peut se produire soit à la suite de troubles cérébraux (vertige [)ar rotation), soit à la suite de perturbations dans les sensations des canaux semi-circulaires, à l’aide desquelles se construit le système de coordonnées.

ün comprendra sans aucune difficulté qiic, dans ce dernier cas, les sensations de vertige ou do mouvements illusoires seront bien plus violentes que dans les autres cas. Elles seront eu outre plus persistantes, parce qu’elles dureront jusqu’fi ce que les excitations extérieures qui les produisent aient cessé. Les mouvements des globes oculaires seraient à peine capables de diminuer les symptômes du vertige. Il est également facile de se rendre compte des changements de direction du mouvement apparent pendant les différentes phases du vertige.

La plupart des auteurs qui ont expérimenté sur les canaux semi-cii'culaires ont eu l’occasion défaire une observation qui est pleine d’inlérôt pour la théorie du vertige visuel, telle que je viens de la développer. Dès que le pigeon, dont on a sectionné les canaux semi-circulaires, réussit à pouvoir marcher sans difficulté, il va se réfugier dans quelque coin obscur où il reste immobile, à moins qu’une cause étrangère le force à abandonner sa retraite. A première vue, on pourrait supposer que l’animal, dont la faculté de se maintenir en équilibre est profondément troublée, ne cherche qu’un point d’appui

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