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semi-circulaires, lors de la produc lion des sensations de direction (voir cliap. iv, § 10)
Ces six conclusions Urées des expériences sur les erreurs de direclion, réalisent le but principal des recherches exécutées, notamment, la démonstration expérimentale sur Ihomme du rôle du labyrinthe de l’oreille comme organe d'orientation dans les trois directions de l’espace et de la perception de ces directions.
Reste à résoudre la question moins importante il est vrai, mais encore très intéressante, relative au mode de production des erreurs -de direction. Comme dans toutes les autres illusions des sens, l’explication de leur mécanisme intime présente de grandes difficultés.
11 s’agit, en effet, des processus ayant des racines profondes dans les fonctions psychiques ; les interprétations de leurs mécanismes ne peuvent prétendre qu’à une valeur très relative. Les organes des sens constituent les portes principales qui ouvrent à l’investigation physiologique exacte les phénomènes de la vie spirituelle. Jusqu’à présent la physiologie n’a pas encore dépassé leur seuil. Les coups d’œil qu’elle a pu jeter dans l’inlimité des processus psychiques, sont encore trop vagues pour autoriser des conclasions précises. La psychologie expérimentale ne pourra dépasser avec succès ce .seuil, que quand elle se sera pénétrée entièrement des bases principales de ma théorie sur la formation de nos concepts de l’espace du temps et du nombre. La psychologie scientifique, expérimentale ou objective ne fera ainsi que suivre les voies qu’avaient indiquées depuis des miliers d’années les créateurs géniaux de la psychologie philosophique ou subjective, lorsqu’ils accordaient aux problèmes du temps et de l’espace la première place parmi leurs préoccupations. Tant que les psychologues modernes ne s’engageront pas résolument dans cette voie, ils continueront à piétiner sur place avec leurs hypothèses sans base réelle.
Les explications du mécanisme des erreurs de direction, que j’exposerai ici brièvement n’ont pas la prétention d’être complètes ou définitives. Elles n’ont pour but, que d’indiquer les méthodes scientifiques d’investigations ultérieures De Cyon. — Oreille. 18
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sur les erreurs de direclion pour aboulir à une explication complète.
Mes expériences ont établi avec [)récision que ces erreurs reposent sur des déplacements des plans des canaux semi-circulaires. Les rotations de la tète autour de ses axes ne sauraient troubler nos perception^ que de deux façons ; par les déplacements des axes oculaires ou par ceux des plans des canaux semi-circulaires. Nous avons montré que les déplacements des axes oculaii’es, tout en exerçant visiblement une action sur l'intensité des erreurs de direction, était sans intluence aucune sur le sens de ces erreurs. Et, si nous n’avons parlé jusqu’ici que des erreurs de perception des directions se produisant pendant les rotations de la tète autour de ses .axes, nous avons voulu désigner par là, grosso modo, les conditions expérimentales, sans anticiper le moins du monde sur les interprétations des expéi'iences. 11 était hors de doute pour nous que ce sont les rotations des })lans descanaTix semi-circulaires qui seules entrent en réalité en ligne de compte. C’est en ce sens qu’on doit entendre les considérations développées au paragraphe 7 sur le rôle des mouvements des globes oculaires dans la pi’oduclion de certaines sensations de direction, ces mouvements ayant leur point de départ dans l’oreille.
C’est pour(|uoi, si l’on veut mettre en lumière le mécanisme intime des eri'eurs de direction, on doit commencer par rechercher, quels sont les déplacements des plans des canaux semicirculaires qui correspondent à des rotations données de la tète autour de ces axes. On discutera ensuite la question de savoir, dans quelle mesure ces déplacements sont capables d’expliquer les données expérimentales obtenues.
Ainsi que je l’ai déjà dit, j’ai étudié les rapports réciproques des plans des canaux semi-circulaire sur des crânes, où les deux labyrinthes ont été préparés in situ ‘. A l’aide d’une articulation sphérique adaptée au trou occipital, un de ces crânes a été fixé sur un support solide de telle sorte, qu’on pouvait le tourner à volonté autour de ses trois axes et l’arrêter dans chacune des positions choisies. On pouvait, en soulevant
■1. La planche II représente un de ces crânes.
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la voûte cranieime, étudier très bien les déplacements des canaux semi-circulaires. Plusieurs modèles, queM. Tramond a également exécutés artistiquement, représentaient le labyrinthe considérablement agrandi, ce qui permet d'établir avec une grande |)récision les situations données des canaux semi-circulaires (voir par exemple le modèle delà planche 111 fig. 1). J’ai établi moi-méme en carton durci, et muni d’axes métalliques, plusieurs modèles do trois plans perpendiculaires les- uns aux autres, auxquels j’ai donné autant que possible la forme semi-circulaire. Ces modèles m’ont rendu de grands services au cours de ces études.
11 existe un paralléllisme entre les plans des canaux horizontaux, ainsi qu’entre le plan du canal vertical d’un côté et celui du canal sagittal du côté opposé. Quant aux plans des canaux horizontaux on sait qu’ils sont un peu inclinés en arrière. Leur direction n’est exactement horizontale que dans une certaine attitude de la tête, alors que le menton est dirigé en bas et l’occiput un peu en haut. Cette attitude correspond à l’attitude ordinaire droite que nous donnons à la tête, lorsque la ligne du regard se trouve dirigée dans un plan exactement horizontal, la glabelle de l’os frontal étant alors située, d’après Helmholtz, perpendiculairement au-dessus des dents supérieures.
Je donnerai le nom de primaire à la position du labyrinthe, dans laquelle les plans des canaux horizontaux se présentent dans une direction horizontale .
Lorsque dans un système de trois plans perpendiculaires les uns aux autres un des plans est dirigé horizontalement, les deux autres se trouvent disposés verticalement. L’anatomiste, qui a le premier désigné comme verticaux les canaux semicirculaires postérieurs et antérieurs, a incontestablement tenu compte de ces rapports des trois plans perpendiculaires les uns aux autres. Si on tourne alors le crâne à droite ou à gauche autour de son axe sagittal, afin d’établir ainsi, en imitant les expériences décrites au paragraphe 4, les positions correspondantes des canaux semi-circulaires horizontaux et verticaux (postérieurs), on se heurte aussitôt à la difficulté suivante : ainsi que nous l’avons exposé au paragraphe pré-
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cèdent, les plans des deux canaux semi-circulaires verticaux, au lieu d’ôtre parallèles, se croisent lorsqu’on les prolonge en avant, sous un angle de 1)0® environ. Lorsqu'on imprime au crâne une rotation de 90" autour de l’axe sagittal, à gauche par exemple, les deux plans n adoptent qjas des positions identiquement horizontales. Le plan du canal semicirculaire gauche semble incliné un peu d'aoant en arrière, celui du droit d'arrière en avant ; les inclinaisons latérales, c'est-à-dire de droite à gauche, sont analogues pour les deux canaux semi-circulaires.
Mais après les observations, que nous avons faites au cours des expériences décrites dans les paragraphes 10 et il, cette difficulté peut être tournée de la façon suivante : dans les rotations de la tète vers l’épaule gauche le rôle décisif, au point de vue de la détermination des directions des ondes sonores, revient aux seules sensations de l'oreille droite, tandis que le même rôle revient aux sensations de l'oreille gauche, lorsque la tète penche à droite. La raison de ce fait est facile ô comprendre. .\ous imprimons à notre tête les inclinaisons correspondantes à gauche ou ô droite, selon que les excitations sonores nous parviennent de la direction gauche supél'ieure ou droite supérieure ; et nous procédons ainsi, afin de mettre notre tympan gauche ou droit dans la position la plus favorable pour être frappé par les ondes sonores. Lorsque l’oreille gauche ou droite est dirigée en bas, les ondes sonores lui arrivent du côté opposé par la voie osseuse^. Bref : le labyrinthe droit intervient seul dans la détermination des sons quand la tête est tournée à gauche, et le labyrinthe gauche seid quand la tète est tournée à, droite. Telle est d’ailleurs la cause des erreurs décrites dans les paragraphes 10 et 11 et portant sur la perception des vibrations du diapason et des bruits entotiques.
xNous sommes ainsi autorisés à ne tenir compte que du déplacement du canal semi-circulaire vertical (postérieur) droit dans les rotations du crâne autour de son axe sagittal gauche,
1. D’après les, expériences exécutées dans le laboratoire d’Exner l'os occipital jouerait le principal rôle dans la conductibilité osseuse des sons.
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et du canal semi-circulairc vertical gauche dans les rotations du crâne autour de son axe sagittal droit.
Comparons maintenant les plans des canaux horizontaux et des canaux verticaux correspondants, tels qu’ils se présentent au cours des rotations dont il s’agit, avec les directions que nous avons obtenues dans les figures 1, 4 et 6, 7‘ : nous trouverons alors qu’en ce qui concerne leur sens, ces plans présentent une inclinaison opposée aux directions indicjuées par les lignes tracées. Ceci revient à dire que dans la rotation à gauche, par exemple, le plan des canaux semi-circulaires horizontaux n est pas incliné, comme la ligne LH, de haut en bas et de gauche à droite, mais de haut en bas et de droite à gauche ; l’ inclinaison inverse s'observe dans la rotation à droite. Le plan du canal semi-circulaire vertical droit est alors incliné de gauche en haut à droite en bas, et non comme les lignes LV, de droite en haut ci gauche en bas
En d’autres ternies ; les inclinaisons des plans des canaux semi-circulaires paraissent aux directions des erreurs.
C’est là d’ailleurs ce que nous avons déjà observé dans les expériences citées plus haut et relatives aux directions des inclinaisons des axes de la tête. De même que dans nos expériences, les angles de croisement des plans des canaux semicirculaires ne subissent, grâce à la tendance à observer l’angle droit, aucune modification®. A en juger donc sur les apparences, l’observation des inclinaisons des plans des canaux semi- circulaires n’autoriserait aucune conclusion quant au mécanisme des erreurs ici observées. Mais ce n’est là qu'une apparence. Si nous consentons à considérer pendant un instant les plans des canaux semi-circulaires comme les plans quelconques d’un système physique de coordonnées, dans lesquelles les désignations horizontal et vertical ne
1. D’après ce qui a été déjà dit, ces dernières figures reproduisent les inclinaisons sous une forme plus atténuée qu’elles n’étaient en réalité.
2. Il est utile, lorsqu’on a recours à ces comparaisons avec les figures, d’avoir entre les mains un modèle en carton qui représente les plans situés perpendiculairement les uns aux autres.