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I.KS UASKS ÜIC LA TIIKORIK DU SENS DE l’eSPACE

oblig'é d’observGP simuUanémenl les mouvements des deux o'iobes oculaires. Les tentatives de les fixer à l’aide de mé-

thodes graphiques n’ont pas donné de résultats satisfaisants.

Chaque canal semi-circulaire exerce son action spéciale sur les mouvemenls des globes oculaires. En excitant le canal horizontal chez le lapin, on produit une rotation telle du globe oculaire du même côté, que la pupille est dirigée en bas et en avant. L’excitation du canal vertical a pour effet la déviation de l’œil, dans laquelle la pupille est dirigée en arrière et un peu en haut, tandis qu’à la suite de l’excitation du canal sagit- , lal, la pupille se trouve dirigée en arrière et en bas.

Nous dirons donc, pour définir les trois directions du nystagmus qu’on observe pendant l’excitation des trois canaux semi-circulaires, que l’excitation du canal horizontal produit un mouvement des globes oculaires en avant et en bas, celle du canal vertical en arrière et en haut, celle du canal sagittal en arrière et en bas. Il s’agit, dans ces définitions, de l’œil situé du même côté que le canal excité. L’autre œil présente un n^^stagmus à direction opposée, c’est-à-dire qu’il est dirigé en arrière et en haut, pendant l’excitation du canal horizontal, en avant et en bas pendant celle du canal vertical, en avant et en haut pendant celle du canal sagittal.

On sait que les ophtalmologistes distinguent quatre variétés de nystagmus ; l’horizontal, le vertical, le diagonal et le rotatoire. Dans chacune de ces formes les mouvements des deux yeux se font toujours dans la même direction. On observe le contraire chez le lapin pendant l’excitation unilatéral d’un canal. 11 pe serait nullement difficile de réduire à ces quatre variétés les différentes formes de nystagmus provoquées artificiellement par l’excitation des canaux semi-circulaires et du nerf auditif. Le nystagmus horizontal eorresr pondrait au mouvement observé pendant l’excitation du canal horizontal, le nystagmus vertical au mouvement provoqué par l’excitation du canal vertical postérieur, le nystagmus diagonal au mouvement produit par l’excitation du canal vertical antérieur ; enfin le nystagmus rotatoire répond au mouvement observé pendant l’excitation du nerf acoustique.

Pour obtenir cette réduction, on devrait avant tout tenir

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compte de la situation particulière des globes oculaires chez le lapin. On devrait ensuite, à propos de tous les mouvements oscillatoires qui viennent d’être décrits, déterminer avec précision la part qui revient dans chaque oscillation à la direction prédominante : celle de haut en bas ou celle d’avant en arrière, etc. Il estévident que sans une pareille détermination les directions « en avant et en bas » et « en arrière et en haut » ne sont pas nécessairement et dans tous les cas opposéesl’une à l’autre. Au moment de l’excitation, la contraction des muscles du globe oculaire présente un caractère tétanique, les yeux étant violemment déviés dans les directions indiquées, pour commencer immédiatement après à exécuter des mouvements oscillatoires dans la direction opposée. La fréquence de ces mouvements oscillatoires dans la direction opposée varie de 20 à luU par minute. Leur durée dépend de l’intensité de l’excitation, mais compoi’tc rarement plus d’une demi-heure. Ces mouvements oscillatoires disparaissent, si l’on sectionne le nerf acoustique du côté opposé; de nouvelles excitations d’un canal semi-circulaire ne provoquent plus que des contractions toniques. Ce dernier fait est d’une importance capitale, en ce qu’il prouve la nature inhibürice des mouvements provoqués par les excitations des canaux semi-circulaires. Les mouvements des globes oculaires qui viennent d'être décrits sont encore d’un grand intérêt, parce qu’ils permettent de comprendre le mécanisme des inhibitions. Ils prouvent notamment qu’on peut à volonté transformer des mouvements télaniques en mouvements rytluniquea et Ioniques.

Nous aurons encore à revenir dans les chapitres suivants sur ces mouvements des globes oculaires consécutifs aux excitations et sections des canaux semi-circulaires. Qu’il nous sulïise de reproduire ici, tels qu’ils ont été publiés en 1876, les résultats des expériences sur les excitations et sections des acoustiques chez le lapin.

L’e.xcitation d’un des nerfs acoustiques produit des rotations intenses des deu.x globes oculaires. La section d’un des nerfs acoustiques a pour efiet une déviation si violente du globe oculaire du même côté que la pupille est dirigée en bas, tandis que l’autre œil regarde en haut. Cette déviation dispa-

UÎS BASES DE LA TIIÊOBIE DU SENS DE l’eSPACE

raît après la section de l’autre nerf acoustique. Sa disparition est précédée de rotations intenses produites par la section qui est toujours accompagnée d’une forte excitation.

En ce qui concerne les mouvements de la tête et du tronc chez le lapin, l’excitation d’un des nerfs acoustiques produit des rotations intenses autour de l’axe longitudinal du corps dans la direction du côté opéré. L’excitation des nerfs produite par un écrasement des acoustiques détermine des mouvements très irréguliers : l’animal présente une tendance à se rouler tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre. De ces deux tendances opposées résulte pour l’animal l’incapacité complète de se déplacer ou de se tenir debout. Des pigeons, auxquels on a extirpé les six canaux cutanés avec les ampoules, présentent, immédiatement après l’opération, les mômes phénomènes.

Si la section intra-cranienne des deux acoustiques a bien réussi, sans être accompagnée d’hémorrhagie ou d’autres accidents défavorables, les animaux opérés restent en vie et les phénomènes décrits disparaissent progressivement. Au bout de six à dix jours, l’animal peut se tenir debout, quitter sa place, marcher, etc.,maisses mouvements gardentencore une certaine hésitation qui fait qu’il ne change de place que lorsqu’on l’y force; il recherche toujours un mur ou un coin, où il puisse trouver un point d’appui. Gliaque animal, en changeant de place, choisit toujours une seule et môme direction : tel se déplace de préférence en arrière, tel autre de côté, et ainsi de suite. Bechterew a décrit des phénomènes analogues chez des chiens, à la suite de la section des acoustiques.

Si on imprime à un lapin dont les deux acoustiques ont été sectionnés des mouvements de rotation sur un disque excentrique, on observe chez lui des phénomènes analogues à ceux indiqués par Purkinje et désignés ])ar luisons le nom de vertige auditif. Les phénomènes de Purkinje doivent être attribués aux troubles cérébraux dus aux graves anomalies de la circulation qui surviennent dans les conditions désignées, surtout dans les vaisseaux intra-craniens les plus éloignés de l’axe de rotation. Les observations qu’on a faites sur les derviches, ainsi que sur les shakers américains et les adhérents

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de certaines sectes relig'ienses russes, qui ont l’habitude d’exécuter ces mouvements avec une grande rapidité pendant des heures, voire pendant des jours entiers, montrent que les troubles de la circulation cérébrale peuvent aboutir à des hallucinations, à la perle complète de connaissance, etc. Les rapports physiologiques très intimes entre les nerfs auditifs et l’appareil oculo-moteur doivent nécessairement avoir une grande portée physiologique; nous aurons à revenir plus d’une fois dans les chapitres suivants.

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