III. FORMATIONS NEURALES
Le ganglion neural auriculaire, ganglion spinal, reste assez longtemps soudé à celui du facial, puis le facial et le ganglion géniculé s’en isolent; la masse qui correspond véritablement au ganglion auriculaire se fragmente pour former le ganglion vestibulaire, le ganglion cochléaire et un ganglion intermédiaire qui correspondra au saccule et à l’ampoule postérieure. Cannieu a montré que ce ganglion, dit de Bœttcher, n’était qu’une émanation directe du ganglion veslibulaire ou de Scarpa.
Les papilles labyrinthiques n’élant que des formations purement eclodermiques, ce ganglion neural est tout à fait assimilable à un ganglion
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sous-ectodermique émettant ses prolongements pseudopodiques vers la surface épithéliale au travers de la couche des éléments infusorilormes. Il est constitué, dans sa forme adulle, par des cellules bipolaires; ce sont même, remarque Cannieu, les premières décrites chez l’Homme; on en doit la première mention à Gorti. Au lieu de présenter sur leur pourtour une série de prolongements divisés en ramosilés courtes et délicates, ces cellules, ne devant entrer en rapports de contiguïté avec d’autres éléments de la périphérie ou des centres qu’à de grandes distances, réunissent tous leurs prolongements rameux en deux prolongements en apparences simples, formés selon toute vraisemblance d’un grand nombre de filets à marche parallèle, qui ne se sépareront que, d’une part vers la périphérie sous la surface ectodermique ou au milieu d’elle, en plexus délicats; — et d’autre part, vers les centres à leur entrée dans les cordons postérieurs, d’abord en branches ascendantes et descendantes, puis en un véritable chevelu de ramilles enchevêtrées, analogues aux ramosités émanées directement des cellules nucléaires auxquelles elles communiquent leur irrilalion. Ce sont donc des cellules rameuses comme celles de la moelle, mais leurs ramifications voyagent longtemps de compagnie dans une même gaine avant de s’éparpiller.
NERF LABYRINTHIQUE
On a donné le nom de centres trophiques aux cellules de ces ganglions neuraux. Toute cellule est centre trophique pour ses propres prolongements afférents et efférents directs; et la racine postérieure étant surtout composée de ces prolongements des cellules du cordon neural segmenté, celles-ci sont des centres trophiques pour leurs deux faisceaux de prolongements périphériques et centraux, comme chaque cellule centrale est centre trophique pour ses ramifications et son prolongement complexe de Deiters.
Ces cellules sont encapsulées dans de petites loges formées d’éléments à noyaux que Coyne et Cannieu regardent comme un endothélium tapissant une formation conjonctive, et que nous considérons comme une formation intermédiaire à la névroglie des centres et à l’épithélium de soutènement et d’isolement des papilles. Le noyau de ces cellules est remarquablement gros.
Les prolongements périphériques perdent leur gaine de Schwann, en sortant des hiles osseux du labyrinthe. Les centraux perdent la leur progressivement à mesure qu’ils s’approchent des cellules des ganglions médullaires.
Cannieu a bien montré que la seule fragmentation complète du ganglion neural auriculaire était celle qui correspondait à la division des
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fibres elles-mêmes en nerf vestibulaire et en nerf cochléaire; — avec le ganglion de Scarpa pour le premier et celui de Corti ou ganglion spiral pour le second. Il serait facile de diviser, au moins virtuellement, le ganglion de Scarpa, ou ganglion vestibulaire, en autant de ganglions qu’il y a de faisceaux se rendant aux taches criblées. Il nous suffira de retrouver dans la fragmentation des faisceaux et du ganglion un effet de la fragmentation des papilles labyrinthiques.
i° La macule utriculaire est primitivement, ou du moins chez les premiers Vertébrés pourvus de labyrinthe, une macule double (Ayers). Il n’en reste guère qu’une plus tard, et c’est bien un seul faisceau qui part de la macule utriculaire, s’adjoignant deux autres faisceaux issus, l’un de la crête ampullaire sagittale , l’autre de la crête horizontale. Ces faisceaux s’accolent et sortent par la tache criblée supérieure, formant le rameau supérieur de Schwalbe.
2° Un quatrième faisceau se détache de la macule sacculaire par la tache criblée moyenne et se jette dans le prolongement de la masse du ganglion de Scarpa (Cannieu), dont Bôttcher a voulu faire un ganglion indépendant. De l’ampoule postérieure ou transversale sort par la tache criblée de Reichert, un rameau indépendant qui aboutit également au ganglion de
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Scarpa et forme avec le précédent le rameau moyen de Schwalbe. Corti et Schwalbe avaient également cru devoir faire un ganglion isolé du prolongement du ganglion de Scarpa (Cannieu).
Cet auteur a aussi décrit une bande cellulaire, remarquable chez la Souris et qu’on retrouve chez l’Homme, émanée également du ganglion de Scarpa, émettant des fibres qui se distribuent à la partie inférieure du premier tour de spire du limaçon et qui doivent être considérées, selon lui, comme l’équivalent morphologique du nerf qui, chez les Vertébrés inférieurs, se rend à la papille de la lagena. Remarquons cependant que la lagena est à l’autre extrémité du limaçon, et que cette partie correspond à la pars initialis cochleæ des auteurs.
3° La pars initialis cochleæ a disparu chez nous, absorbée par le limaçon ; la pars basilaris est devenue \sl papille cochlêaire d’où partent un grand nombre de fibres qui aboutissent soit directement, soit après un cerlain parcours dans la rampe spirale osseuse, aux cellules du ganglion de Corti, formant le rameau inférieur de Schwalbe.
En résumé, nous ne pouvons reconnaître aucune différence entre les deux fragments du ganglion primitif, sauf dans le groupement des éléments bipolaires. Ceux du ganglion de Scarpa sont disséminés dans le tronc veslibulaire, pen-
Boxn'ier — Oreille, I
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dant toute l’étendue du conduit auriculaire interne, le ganglion s’étirant sous l’écartement des faisceaux vestibulaires divi.-ésau niveau des hiles osseux. Ceux du ganglion de Corli sont rangés en colonne spirale dense et régulière, formant une gerbe presque immédiatement sous le hile spiral.
Une coupe transversale du tronc labyrinthique dans le conduit nous montre deux troncs isolés par une cloison conjonctive. L’un, formé de fibres assez fortes qu’on a comparées (Erlilzky), aux fibres des racines antérieures de la moelle, encombré des éléments du ganglion de Scarpa, occupe une position supéro-poslérieure ; c’est le nerf veslibulaire. L’autre forme un faisceau compact de fibres d’une épaisseur de moitié moindre que celle des fibres vestibulaires, sans interceptions cellulaires. Ce nerf cochléaire est donc placé en bas et en avant. Au-dessus d’eux passe le tronc du facial, épais et dur; sous le facial se trouve l’intermédiaire de Wrisberg, qui finira par se joindre à lui et qui reçoit un nombre variable de fibres émanées d’éléments en îlots disséminés dans le tronc vestibulaire et décrits par Erlitzky. On trouve dans le tronc veslibnl »ire des fibres de Remak qui semblent taire defaut dans le tronc cochléaire.
Chez l’homme, le nerf cochléaire ne contient pas d’éléments cellulaires; mais chez la souris
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et le chat, par exemple, le Ironc cochléaire sort d’un prolongement bulbaire, formé de subslance blanche et grise, qui pénètre avec le nerf dans le conduit et que Cannieu a particulièrement étudié. Il le rapproche du bulbe olfactif tout en remarquant certaines différences. Cette hypothèse est impossible à soutenir morphogéniquement. Nous pensons que son homologation peut être faite d’une autre façon, et que cette for-
{mation mixte, placée entre les cellules du ganglions de Corli (ganglion spinal des racines postérieures), et les cellules du noyau antérieur (tête des cornes postérieures) avec lesquelles elle se continue d’ailleurs, ne peut être assimilée qu’aux cellules et aux fibres de la subslance gélatineuse de Rolando, bien que la névroglie y soit moins abondante.
Tous ces prolongements centripètes des cellules du ganglion auriculaire neural, divisé en ganglion de Scarpa et de Corli, et qui sont les homologues des racines postérieures de la moelle, forment à leur entrée dans le tronc bulbo-protubérantiel deux faisceaux distincts et séparés par une cloison conjonctive. Le nerf vestibulaire devient la racine antérieure, interne. Le nerf cochléaire sera la racine posléroexlerne. Nous étudierons leurs faisceaux constituants après avoir décrit les noyaux primaires du nerf labyrinthique.
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