PHYSIOLOGIE DE L’OREILLE
supérieurs, en poussant à l’extrême la division du travail, permet une étude plus facile des diverses fonctions. Cependant, les machines très perfectionnées ne sont pas celles qui livrent le plus facilement le secret de leurs rouages, et, d’ailleurs, il arrive souvent que les données acquises sur les vertébrés (même sur des mammifères), ne sont pas plus immédiatement applicables à l’homme, que celles obtenues par l’étude des animaux dits inférieurs. On peut même prétendre qu’à ce point de vue les applications seront d’autant plus logiques et plus autorisées, qu’il s’agira de fonctions plus générales, Or, les fonctions très générales s’étudient surtout commodément chez les organismes les moins différenciés.
Quoi qu’il en soit, la physiologie comparée est encore en enfance ; par suite, la physiologie ontogénique et la physiologie phylogénique attendront peut-être longtemps le fil conducteur qui doit les guider : je veux dire la troisième série (correspondant à la série zoologique), et parallèle aux deux séries du développement physiologique individuel, et du développement physiologique ancestral.
Môme pour le travailleur armé de toutes les ressources de la morphologie et de l'embryologie comparée, le chemin dans lequel nous souhaiterions voir s’engager les jeunes physio-
PRÉFACE 7
logisles est hérissé d’obstacles nombreux de nature à rebuter bien des bonnes volontés.
C’est avec la pleine conscience de ces difficultés qu’un de mes anciens élèves, M. le Dr Pierre Bonnier, s’est efforcé, depuis plusieurs années, de tenter ces voies nouvelles et qu’il a abordé l’étude physiologique des appareils de tactilité spéciale donnant aux animaux des sensations variées depuis la sensation tactile simple et périodique, jusqu’à la sensation auditive dans son sens le plus élevé, en passant par les sensations baresthésiques et avec les notions connexes d’orientation objective et d’orientation subjective.
Les volumes qui résument ces recherches et que nous présentons aujourd’hui au public, peuvent être considérés comme un excellent essai de physiogénie. Par ce mot de physiogénie , il faut entendre, non la physiologie phylogénique dont nous parlions tout à l’heure, mais le développement d’un appareil physiologique à travers la série animale, en laissant de côté la parenté réelle des animaux chez lesquels existe cet appareil.
Dans certains cas, la physiogénie pourra coïncider avec la physiologie phylogénique d’une façon plus ou moins complète. Il en sera probablement ainsi pour l’appareil digestif quand on connaîtra mieux son fonctionnement ontogé-