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PREMIERE PARTIE

PHYSIOGÉNIE

Pour réduire un organe à sa plus simple expression, il n’est pas de procédé plus légitime que de remonter toute son ontogénie, depuis la formation parfaite et complète jusqu’aux premiers rudiments embryonnaires. Mais quand il s’agit d’une fonction, l’ontogénie nous sert peu, car tous ses stades ne sont en général que les étapes pressées du développement condensé d’un organe dont le véritable fonctionnement n’apparaîtra qu’à une période relativement tardive.

La phylogénie seule nous livre une série de formations qui s’enchaînent plus ou moins régulièrement sans doute, mais qui, toutes, peuvent être étudiées en plein fonctionnement et qui, toutes, sont faites pour fonctionner. Cependant l’ontogénie nous sert à retrouver dans la généralité des formations organiques si diverses quelles seront les formes typiques dont l’enchaînement sera parallèle au développement embryonnaire, condensé et peu explicite, de l’organe considéré chez l’homme.

C’est ainsi que nous pourrons examiner rapidement les diverses formations organiques qui

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représentent l’appareil auriculaire dans la série animale, sans nous occuper de celles qui s’écartent de la filiation physiogénique que nous cherchons à établir. Nous aurons, d’aulre part, à tenir peu de compte de la filiation morphogénique générale. Ce n’est pas en effet par les organes des sens qu’il serait possible de classer les animaux ; et la dignité d’un même organe ne suit d’ailleurs pas une évolution parallèle, à travers la série des êtres organisés, à celle des formes générales de ces mêmes êtres. En d’autres termes la hiérarchie des formations auriculaires ne répondrait pas toujours à celle des types organiques qui servent, à classer l’animal entier. La dignité d’un organe ne correspond pas à celle de l’individu, et nous ne nous placerons pour cette raison qu’au seul point de vue physiogénique; sautant parfois à des groupes très disparates pour retrouver les formations similaires, nous devrons associer même des organes de signification morphologique très dissemblable, mais de même valeur physiologique.

Il nous sera ainsi permis de suivre l’évolution d’une même fonction, depuis son expression la plus simple jusqu’à sa formule la plus complexe, et de superposer les variations fonctionnelles aux transformations morphologiques de l'organe. La physiologie comparée et la sériation physiogénique nous conduiront à une physiologie hu-

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maine toute différente de celle que nous livrerait l’élude directe de l’organe de l’homme, et nous pourrons, par voie analogique et inductive, pénétrer très intimement dans la complexité des fonctions auriculaires.

De tous les appareils dont l’ensemble constitue l’organe auriculaire, certains sont accessoires et plus ou moins limités à différents niveaux de l’échelle organique; d’autres, au contraire, sont constants et se retrouvent du haut en bas de la série. Il est donc utile de descendre cette série en dépouillant successivement l’oreille de ses formations organiques accessoires de protection, d’accommodation, d’adaptation au milieu, pour la réduire à ses formations élémentaires et essentielles. Nous voyons ainsi disparaître l’oreille externe, le conduit, l’appareil tympanique des membranes et des osselets, l’appareil pneumatique des cellules mastoïdiennes, de la caisse et de la trompe, puis l’appareil périlymphatique et la capsule labyrinthique. Réduit au récipient endolymphatique, l’organe perd sa forme labyrinthique ; le limaçon est absorbé par le saccule, celui-ci se confond avec l’utricule, les canaux semi-circulaires s’effacent en sillons; le tout prend la forme d’un olocyste irrégulier, puis sphérique, puis ouvert à l’extérieur, et enfin la vésicule se transforme en une simple fossette. L’otolitbe grandit, reprend son pédi-

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cule, et de la fosselle qui s’efface sort sous forme d’une petite masse oscillante.

Le nerf labyrinthique, d’abord en rapport avec le cerveau postérieur, n’aboutit plus qu’à des ganglions cérébroïdes, puis se dissipe dans un plexus sous-ectodermique. Le neuro-épithélium des papilles perd, de son côté, ses membranes operculaires ; les éléments épithéliaux adoptent une physionomie plus uniforme; ce n’est plus qu’un ectoderme cilié, tactile, qui peut se réduire à des éléments infusoriformes embrassés par les prolongements des éléments sous-ectodermiques.

C’est donc en dernière analyse à une simple tactilité ectodermique qu’il nous faut emprunter les éléments primordiaux de toutes les fonctions auriculaires que nous allons voir se former successivement.

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