CHAPITRE IV
LES ORGANES OTOCYSTIQUES
La forme otocystique se trouve réalisée, nous l’avons vu, dès les Méduses, mais elle n’y atteint pas sa véritable signification en ce sens que
LES ORGANES OTOCYSTIQUES
l’ololithe n’y est pas libre dans la cavité tactile et qu’il n’y a pas là formation du grelot otocystique que nous avons examiné.
C’est en général une vésicule plus ou moins sphérique, dont la paroi interne est tapissée d’un épithélium cilié, et dont la cavité renferme soit des masses ololithiques, soit des corpuscules de sable baignés par un liquide endotique, qui, dans quelques cas, n’est que le milieu pélagique lui-meme pénétrant par une communication avec l’extérieur. On trouve un seul olocyste sphérique, placé contre le cerveau dès les Platodes, mais seulement chez les Rhabdoçœlides et chez quelques Némertiens (Duplessis). Les Rotifères en possèdent également un très réduit et placé contre l’œil; le contenu otolithique peut manquer.
C’est chez les Annélides Polychœtes que nous trouvons l’olocyste parfait. Presque absolument sphérique, situé sur la face dorsale de l’anneau œsophagien, pair et placé de chaque côté de la trompe, cet otocyste est tapissé de grandes cellules cylindriques sur toute sa paroi, ciliées d’après la majorité des auteurs, et laissant une cavilé centrale relativement petite, dans laquelle sont suspendus un grand nombre de petits otolithes de toutes formes et de toutes dimensions (fi9- 29)-
Il faut remarquer en outre une disposition
PHYSÏ0GÉN1E
très curieuse de ces olocystes ; ils sont le centre d’un appareil musculaire rayonnant en toutes Fig. 29 directions, II est diffi-
cile de déterminer le rôle de cet appareil, mais il nous semble intéressant de rappeler les formations musculaires si bien étudiées par Hugo Eisig, sur les organes laléraux des Capilellides. Dans ces organes l’appareil tactile surmonte un muscle rétracleur qui joue un certain rôle dans les remarquables changements de forme de l’organe latéral, mais ne peut les expliquer tous ; et l’on se doit demander si, d’autre part, l’organe latéral purement sensoriel n’est pas, par l'intermédiaire du réseau de cellules ganglionnaires de sa base, le point de départ de contractions réflexes de l’appareil musculaire, contractions ayant un rôle étranger à la manœuvre meme de l’organe sensoriel, l’insertion interne de ce muscle étant assez variable.
Celte question, délicate à résoudre dans l’état actuel de nos connaissances, nous permettrait d’interpréter le rôle des muscles rayonnants de l’otocysle chez ces mêmes Annélides Polychœtes, formé ainsi en quelque sorte de la convergence d’un grand nombre d’appareils juxta-