RÉGION DE L’OREILLE MOYENNE
L’oreille moyenne est un diverticule pneumatique, issu du pharynx respiratoire et formé d’un conduit ( trompe d' Eustache), d’une dilatation terminale principale (caisse), et de cavités aériennes secondaires (attique et cellules mastoïdiennes). Ces parties se sont formées successivement, et nous devrions les décrire dans cet ordre; mais outre que l’ordre de formation ne
ANATOMIE
correspond pas à l’ordre d’importance de ces parties constituant l’oreille moyenne, nous jugeons plus pratique de suivre l’ordre de description habituel et d’étudier tout d’abord la caisse, qui fait suite au conduit que nous connaissons déjà, avec l’altique qui est toujours décrite avec la caisse, puis la trompe, puis les cellules mastoïdiennes.
CAISSE
La caisse du tympan forme un cy indre court dont les bases sont concaves au point d’être presque en contact par leur milieu, et dont l’axe serait dirigé en dedans, en haut et en arrière par rapport à celui du conduit externe. Le diamètre des bases est d’environ 1 centimètre et demi en tous sens ; à la périphérie, elles sont distantes en moyenne de 5 millimètres, au centre elles s’approchent à moins de 2 millimètres.
Il est d’usage de décrire à la caisse six parois, qui sont :
i° Une paroi externe ou tympanique\ 20 une paroi interne ou labyrinthique ; 3° une paroi antérieure ou tubaire ; 4° une paroi supérieure ou crânienne ; 5° une paroi postérieure ou mastoïdienne ; 6° une paroi inférieure ou jugulaire.
CAISSE
Nous ne nous occuperons d’abord que des parois fixes et rigides, pour étudier ensuite l’appareil complexe des membranes et des osselets; et nous préférons, au lieu de recourir aux descriptions analytiques ordinaires, mettre sous les yeux du lecteur les croquis des deux moitiés, externe et interne, de la caisse du tympan. La coupe sépare en deux chacune des parois latérales, de façon que nos deux figures comprennent toutes les particularités anatomiques de la caisse osseuse.
La fig. 4i nous représente la face externe, ou mieux la moitié externe de la caisse gauche.
Nous y remarquons d’abord le cercle tympanal (Xï), qui sert d’insertion à la membrane du tympan. Il offre sur sa circonférence interne un petit sillon auriculaire qui enchâsse la membrane à la façon d’un verre de montre. C’est le sulcus tympanicus . La partie supérieure du cercle tympanal reste ouverte, laissant un espace libre entre les deux cornes antérieure et postérieure de son croissant, espace nommé segment de Rivinus. En dehors et en dedans de la partie inférieure du croissant tympanal, se trouvent deux petits fossés appartenant, l’externe au conduit auditif, et pouvant loger de petits corps étrangers (sinus de Meyer), l’interne, à la paroi inférieure de la caisse.
Au-dessus du segment de Rivinus, se voit une
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cavilé dont la hauteur atteint le tiers ou la moitié de celle de la caisse. C’est 1 ’attique, ou logette ou recessus épitympanique , ou cavité supérieure ou chambre supérieure de la caisse.
Fig. 41 — Paroi externe de la caisse.
I, antre mastoïdien ; II. logette du pivot de l’enclume ; III, toit de l’attique avec pertuis artériels, canal tympano-mastoïdien ; IV, méat du conduit osseux ; V, face antéro-supérieure du rocher et écaille du temporal; VI, scissure de Glaser; VII, sortie de la corde du tympan; VIII, trompe osseuse; IX, logette du muscle du marteau ; X, paroi du canal carotidien; XI, cercle tympana! ; XII, paroi inférieure de la caisse. XIII, logette du stapéduis ; XIV, partie verticale du canal de Fallope ; XV, entrée de la corde du tympan; XVI. premières cellules mastoïdiennes.
Elle s’étend en dehors au-dessus du conduit auriculaire, et loge les tètes des osselets. Les parois en sont très minces.
CAISSE
La paroi supérieure de la caisse ou tegmen tympani est également très mince. Elle est constituée en dedans par le rocher, en dehors, sur la
Fiff. 42. — Paroi interne de la caisse.
I , trompe osseuse ; II, logette du muscle du marteau terminée par le bec de cuiller; III, hiatus de Fallope ; IV, fenêtre ovale; V. deuxième portion du canal 'de Fallope; VI, saillie ampullaire horizontale dans Yantrum ; Vil, Troisième portion du canal de Fallope; VIII, logette du stapedius, terminée par la pyramide; IX, ponticule, au-dessus du sinus tympanique ; X, fenêtre ronde; XI, promontoire ; XII, entrée du nerf de Jacobson ; XIII, canal carotidien.
fig. 4i par l’écaille du temporal (V); la suture pèlro-squameuse qui les unit est perforée de petits pertuis donnant passage à des vaisseaux qui
Bo\\vif.r — Orpille, l
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vont de la dure-mère à la caisse, créant ainsi, par leurs gaines, des voies de propagation assez faciles pour les suppurations de la caisse aux méninges. Le sinus pètreux supérieur repose sur cette paroi. Le tegmen tympani peut manquer en partie (Hyrll), et alors la dure-mère et le sinus veineux sont en rapports immédiats avec la muqueuse de la caisse. Chez le nouveau-né, la suture pétro-squameuse reste longtemps béante, formant une fontanelle inférieure.
La chambre supérieure de la caisse se continue en haut et en arrière avec le canal tympano -mastoïdien (III), qui donne accès dans Yantrum (I), et par lui dans les cellules de l’apophyse (XVI).
A l’union de la paroi postérieure et de la supérieure (II), se voit une petite fossette qui reçoit le pivot de l’enclume.
Sur cette paroi postérieure, on remarque (XV) un petit pertuis par lequel entre 1a. corde
du tympan.
La coupe rencontre, plus en arrière, d’abord la loge du muscle de l'étrier et de son tendon (XIII), et ensuite la partie descendante du canal de Fallope (XIV).
A l’union de la paroi postérieure et de l’inférieure, en dehors du plan de notre coupe, on voit souvent une petite protubérance décrite par
CAISSE
Politzer, formant la base tympanique de l’apophyse styloïde ; elle n’était pas visible sur la pièce que nous avons dessinée. Elle appartient à l’arc hyoïdien comme l’anse de l’étrier.
La paroi inférieure, qui sépare la cavité tympanique de la veine jugulaire, est une fossette rugueuse, qui peut garder les reliefs d’exsudat, le pus, le sang et les corps étrangers. Son épaisseur peut être considérable, comme elle peut aussi être nulle, car on a signalé (Friedlowsky) l’accolement de la muqueuse à la paroi du golfe jugulaire; et les dangers ne sont pas moindres de ce côté que de celui du sinus pétreux supérieur.
La paroi antérieure ou tubaire n’existe guère ; elle n’est que le rebord de l’ouverture tympanique de la trompe osseuse (VIII). Au-dessus de la trompe se voit en IX la paroi externe de la loge du muscle du marteau ; la cloison qui les sépare est très mince.
En Vil, à l’entrée de la trompe et au-dessus se trouve un petit pertuis osseux par lequel sort la corde du tympan, et au-dessus, en VI, une fente qui persiste après la soudure entre le rocher et l’écaille, c’est la scissure de Glaser, qui loge le ligament antérieur du marteau et l’artère tympanique.
Sous la trompe (X), se montre sur la figure une partie de la paroi osseuse du canal caro
tidien , que nous retrouverons plus complet sur l’autre partie de la coupe.
La fig. 4^ nous donne la moitié interne de la caisse, c’est-à-dire la paroi labyrinthique avec les segments internes des parois qui forment la périphérie de la caisse.
En XI, se voit le promontoire qui répond au premier tour de spire du limaçon osseux, son sommet n’est distant que d’un millimètre et demi de celui de la membrane. La gouttière qui creuse sa convexité avec plusieurs ramifications à peine visibles, fait suite au canal de Jacobson, dont on voit la fin sur la paroi inférieure (XII), et loge le nerf de ce nom. Cette gouttière se continue en haut par plusieurs petits pertuis qui communiquent avec le canal ou aqueduc de Fallope, au niveau de V hiatus (III).
La fenêtre ovale (IV), dans une position un peu postérieure est immédiatement placée sous l’aqueduc de Fallope (2rae portion). Cette fenêtre ovale, à configuration réniforme, a environ imm,5o de hauteur sur 3 ou 4 de largeur. Elle ouvre, sur le squelette osseux, l’oreille interne. Le creux au fond duquel on l’aperçoit, porte, par elle, le nom de fossette ovale. Elle est bornée, en haut, par la portion horizontale du canal de Fallope, dont la paroi osseuse peut manquer (Rudinger), et dont le contenu, le nerf facial , se trouve alors séparé de la caisse par
CAISSE
l’épaisseur d’une double paroi membraneuse, en avant par la partie terminale postérieure de la loge du muscle du marteau (II), formant à ce niveau une petite vasque ouverte en dehors, appelée le bec de cuiller ; en bas, par le sommet du promontoire; en arrière, par une petite saillie osseuse, la pyramide , qui termine la loge du muscle de l’étrier (VIII). Celle pyramide est perforée par le tendon oblique du muscle et unie au sommet du promontoire par un ponticule osseux (IX), presque constant. Sous ce pont, se trouve une seconde fossette (Huschke, Steinbrugge), nommée sinus tympani , dont le fond répond à l’ampoule des canaux sagittal et horizontal. On y trouve les pertuis de quelques vaisseaux de la muqueuse.
Une troisième fossette, dans laquelle se montre une petite ouverture qui peut atteindre 2 millimètres de diamètre, la fenêtre ronde , porte aussi ce nom (X). Cette fenêtre regarde en arrière, en dehors et en bas. Elle est rarement aussi accessible que sur notre pièce, le promontoire par sa saillie la dissimule parfois complètement. Cette fenêtre donne accès dans la rampe tympan ique ou terminale du limaçon osseux.
On voit que la paroi supérieure de la caisse est formée d’abord par la voûte de Yattique. Nous retrouvons ici la paroi interne du canal tympano-mastuïdien , Vantrum et les cellules. Sur la
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paroi interne de l’antre mastoïdien, une grosse saillie correspond à l’ampoule du canal horizontal (VI).
L’aqueduc de Fallope (V), dans sa portion moyenne, fait partie de la paroi supérieure de la caisse ; il s’ouvre à l’extérieur, sous les méninges, par l’hiatus de Fallope (111) et se tourne ensuite en dedans. Fin VII, se voit le coude qui commence la partie descendante, d’où sort un petit conduit pour le nerf du muscle de l’étrier. La loge du muscle du marteau se termine également au-dessus de la caisse par le bec de cuiller. La paroi antérieure est formée par l’embouchure tym panique de la trompe d'Eustache (1) sous laquelle nous voyons le canal carotidien (XIII) entamé par la section.
La paroi inférieure ne présente, outre ce que nous avons vu sur l’autre moitié, d’autre point intéressant que l'orifice tympanique du canal de Jacohson (XII) qui livre passage au rameau nerveux de ce nom. La paroi postérieure contient une partie des fossettes décrites plus haut.
TYMPAN