MEMBRANE DU TYMPAN
Elle est presque circulaire, d’un diamètre qui atteint généralement 1 centimètre. Le diamètre vertical dépasse un peu l’antéro-postérieur. Son épaisseur est d’un dixième de millimètre.
Presque horizontale avant la naissance, la membrane se redresse peu à peu, son inclinaison dépasse 3o° chez le nouveau-né, 4<>0 chez l’adulte avec de grandes variations individuelles. On a voulu (Bonnafont, Luçœ, de Trœltsch, Tillaux, etc.) établir un rapport entre la verticalité de la membrane et les aptitudes musicales. Ce n’est pas plus l’acuité auditive qui fait le musicien, que ce n’est l’acuité visuelle qui fait le peintre. Le sauvage voit et entend mieux que nous; Part n’est pas en raison directe des aptitudes sensorielles périphériques, mais en raison des aptitudes centrales à l’imagination sensorielle. D’ailleurs, ces évaluations ont peu d’im-
ANATOMIE
portance, car elles ne concernent même qu’une des parties inertes de l’appareil de transmission et non son ensemble.
Elle forme un large cône ouvert en dehors et dont les génératrices, surtout les antérieures et les inférieures, bombent en dehors dans leur
Fit/. 43. — Membrane tympanique.
I. paroi antérieure du conduit; II, corde du tympan vue par transparence; III, apophyse externe; IV, membrane de Schrapnell • V, ligament postérieur; VI, l’enclume vue par transparence! VII, paroi postérieure du conduit ; VIII, le tendon de l’étrier, vu par transparence ; IX, quadrant postérieur ; X, bourrelet de Gerlach ; XI, Ombilic et pointe du marteau ; XII, triangle lumineux.
partie moyenne. Le sommet de ce cône s’appelle umbo ou ombilic, et répond à la partie supé-
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rieure de la pointe en massue du manche du marteau.
Par son pourtour, la membrane est insérée dans le sulcus tympanicus du croissant tympanal (XI, fig. 4i), par une forte bande conjonctive appelée bourrelet annulaire (Gerlach). Entre les deux cornes du croissant, dans le segment du Rivinus, sur une longueur de 2 millimètres, le bourrelet annulaire ne trouvant plus de sillon qui l’enchâsse, semble s’ètre décollé de la paroi supérieure et avoir été entraîné au bas par l'apophyse externe du marteau. Celle-ci est suspendue aux deux cornes du croissant tympanal par ces deux cordons fibreux, qui sont les ligaments tympano-m alléa i res (Y, fig. 43) et forment en réalité la partie supérieure du cadre tympanal. Au-dessus de ces ligaments se trouve une mince lame membraneuse, flasque et bombant au dehors, la membrane flaccide de Schrapnell (IV) qui n’est plus la membrane tympanique, mais un opercule membraneux fermant l’espace compris entre le segment osseux de Rivinus et la partie libre et ligamenteuse du bourrelet annulaire de Gerlach.
Vue de l’intérieur {fig. 44)> la membrane du tympan, continuée par celle de Schrapnell (III), est soulevée par le manche du marteau et par les deux ligaments qui suspendent sa courte apophyse externe. La mobilité physiologique de ces
anatomie
parties membraneuses soutenues par des crêtes rigides les rend plus flasques et plus déprimées que les autres parties de la membrane vibrante, et forme entre ces trois branches solides et mo-
■Fig. 4-i. — I, manche du marteau ; II, poche postérieure de Trœltsch ; III, membrane de Schrapnell ; IV, poche de Prussak ; V, poche antérieure de Trœltsch.
biles, c’est-à-dire le manche et les ligaments, et autour de la courte apophyse trois poches membraneuses qui sont : i° la poche supérieure (IV) (Prussak), dans l’angle obtus que font les deux ligaments suspenseurs, et que remplit la membrane flaccide ; a0 la poche antérieure (Trœltsch) (V), entre le ligament antérieur et le manche; 3° la 'poche postérieure (Trœltsch) (II), entre le manche et le ligament postérieur.
Une ligne prolongeant le manche du marteau
TYMPAN
et une droite qui la couperait perpendiculairement à l’ombilic, divisent la membrane par un X qui déterminerait quatre quadrants, antérieur, supérieur, postérieur et inférieur.
Structure. — Du bourrelet annulaire de Gerlach rayonnent des fibres qui s’insèrent, soit sur la pointe du manche du marteau, terminé en spatule, soit (Politzer) sur l’arête antérieure du manche (XIII). Sur la face interne de cette lame radiée, on trouve une autre lame de fibres circulaires concentriques, très épaisse à la périphérie, et qui s’efface et disparaît presque totalement au centre de la membrane (II). Les fibres concentriques, continuant le bourrelet annulaire, descendent des ligaments tympano-malléaires en dehors du marteau. Puis, arrivées vers son extrémité spatuliforme, elles l’enveloppent, passant partie devant, partie derrière elle, dans un feutrage qui fixe intimement l’osselet à la membrane (fig. 45).
Dans le quadrant postérieur de la membrane se voient encore des fibres arborescentes, dendritiques (Gruber), qui, intermédiaires aux lames précédentes vers la périphérie, deviennent tout à fait sous-muqueuses et internes vers l’ombilic (I). Cette formation, qui renforce la cohésion des deux lames, rend aussi plus solide la position de la membrane qui suspend en arrière le manche du marteau et qui se trouve le plus
ANATOMIE
libre. L’ensemble de ces fibres forme la membrane propre du tympan.
Elle est tapissée en dehors par la peau du conduit externe (XII), presque réduite à l’épiderme. En dedans, elle est recouverte par la
Fig. 45. — Structure du tympan.
I, libres dendritiques ; II, fibres circulaires ; 111, anneau lympanal ; IV, bourrelet de Gerlacli ; V, muqueuse de la caisse; VI, cavité de la caisse ; VII. corde du tympan et son meso ; VIII, ligament antérieur ; IX, muqueuse de la caisse ; X, membrane de Sehrapnell; XI, bourrelet de Gerlach ; XII, épiderme du conduit ; XIII, fibres radiées.
muqueuse que nous décrirons après les autres parties mobiles qu’elle garnit également (V).
La membrane llaccide de Sehrapnell manque
OSSELETS
presque totalement de fibres propres. C’est une membrane d’occlusion formée par l’accolement de la muqueuse tympanique (IX) à la peau du conduit (X).
Le bourrelet annulaire (XI) est constitué par l’entrecroisement de toutes ies fibres conjonctives de la membrane propre, du périoste et des deux chorions, muqueux en dedans, cutané en dehors. On y trouve des amas catilagineux.
La membrane de la fenêtre ronde , ou tympan secondaire (Scarpa) est constituée par une petite lame membraneuse à fibres conjonctives rayonnantes, recouverte en dehors par la muqueuse de la caisse, en dedans par l’endothélium périlymphatique. Elle n’est pas très résistante, mais se répare facilement.
OSSELETS
Ils sont trois, le marteau, l’enclume et l’étrier (, fig ■ 46).
a) Marteau. — Petit os de 8 millimètres de long, formé d’une tète (1), d’un col (IV), du manche (VI), d’une apophyse longue et grêle (VIII) et d’une apophyse courte et grosse (V).
La tête, ronde et d’un diamètre égal au tiers de la longueur de l’osselet, est logée dans la chambre supérieure de la caisse. En arrière et en dedans se trouve la surface articulaire qui
ANATOMIE
sert à unir le marteau à l’enclume. Elliptique, à grand axe dirigé en bas, en dedans et en avant.
(die est formée exactement de deux facettes isolées par une petite crête, l’une postérieure (II)’
OSSELETS
l’autre interne (III). Le col (IV) assez court en général, répond en avant à la poche de Prussak, en arrière à la corde du tympan qui passe transversalement d’arrière en avant. Le manche (VI), manubrium , descend en s’amincissant jusqu’à l’ombilic du tympan, où il se dilate en une spatule terminale (VII); il est courbé et son bord externe, celui qui répond à la membrane, est concave en dehors. Nous avons vu que son tiers inférieur est ligotté par les fibres circulaires du centre de la membrane.
L’apophyse longue et grêle, apophyse de Raw (VIII), antérieure, a près de 5 millimètres. Elle sort en avant du col et s’engage dans la partie externe de la scissure de Glaser. Elle appartient à l’appareil mandibulaire primitif. L’apophyse courte, externe (V), longue de 1 millimètre, forme un petit pivot conique, dirigé en dehors et en haut, et fait saillie sur le haut de la membrane.
b) L’enclume a la forme d’une dent bicuspide avec un corps et deux apophyses. Le corps (X) est appliqué à la tête du marteau, en arrière, en dedans et un peu au-dessus; il est sous la voûte de l’atlique; sa face antéro-externe offre une facette articulaire concave (XIV) qui ne répond pas exactement à celle du marteau, mais peut, en oscillant sur la tète de celle-ci, entrer en contact, soit avec sa fossette interne, soit avec
la postérieure. C’est un emboîtement réciproque cl’une grande laxité. Les deux apophyses forment entre elles un angle presque droit.
La branche supérieure ou horizontale, que nous appellerons le pivot (XI) est aussi la branche postérieure. C’est un cône assez long dont la pointe repose dans la fossette que nous avons signalée (fig. 4i» II).
La branche inférieure, verticale, interne, la longue branche (XII) est presque parallèle au manche du marteau dans sa partie interne, courbée comme lui et se terminant en dedans par une petite tête osseuse, procès ou os lenticulaire, qui appartient à l’arc hyoïdien et qui est soudé à l’enclume, laquelle fait partie de l’arc mandibulaire (XIII).
c) L’étrier dont le nom est plus juste que celui des autres osselets, présente une tête, deux branches et une hase. La tête (XV) est marquée d’une facette articulaire pour la lentille de l’enclume; un petit col très court la sépare des deux branches (*). Les branches, arcs, arceaux, que la figure représente suffisamment, sont à l’état frais recouvertes comme d’une housse par la muqueuse (XVI-XVII). La base , la plaque, la platine n’a pas tout à fait l’aspect réniforme
de la fenêtre ovale; son extrémité antérieure est légèrement pointue ; sa face labyrinthique, interne, est un peu convexe. Les arcs appartiennent
LIGAMENTS
à l’arc hyoïdien, la platine provient de la capsule osseuse du labyrinthe.
La fig. 46 montre encore en IX le tendon du muscle du marteau, et en XIX celui du muscle de l’étrier.
Structure. — Les trois osselets sont de tissu osseux compact, à lamelles orientées selon les axes de chaque partie. On n’y trouve pas de canal médullaire, mais des cavités médullaires dans les tètes et les corps ; ces cavités s’accroissent avec l’âge. On a décrit (Prussak, Brunner, Rudinger, Schwalbe) des formations de cartilage hyalin sur les facettes articulaires, sur l’apophyse externe, sur le bord externe et le bord interne du manubrium, à l’insertion du tenseur, sur la partie du pivot qui touche à la fossette, sur la face vestibulaire de la platine de l’étrier. Celte lame cartilagineuse est beaucoup plus épaisse que la lame osseuse et lui est intimement soudée par des arborescences osseuses qui la pénètrent (Schwalbe). Un fin périoste recouvre les parties libres.