‹ L'orfévrerie algérienne et tunisienneChapitre 101 sur 113 · TOUGGOURT · texte numérisé non relu

TOUGGOURT

Touggourt était jadis à trente-deux journées de marche de Constantine. C'était l'entrepôt du commerce avec l'intérieur de l'Afrique, « le ventre du désert », comme disent les Arabes. On va maintenant de Biskra à Touggourt sur méhari en trois jours. Ce sont les israélites de cette ville qui approvisionnent Touggourt de bijoux.

Les femmes du pays mettent sur la tête un turban de soie de Tunis et masquent leur visage par un long voile. De chaque côté de la figure pendent de fausses nattes en poil de chameau ; la melhafa (robe), laissant découvert l'avant-bras, est retenue et relevée à la taille par une ceinture de laine rouge.

En général la Lalla de Touggourt et l'Oulad-Naïl de Dra-el-Guemel s'habillent avec plus de recherche que dans le Tell et, comme parures venant des autres régions, elles portent de grands pendants encadrant les joues et s'accrochant aux cheveux, des bracelets très larges dont beaucoup hérissés de longues tiges, des colliers de corail et de fausses perles, des boîtes à talisman de marabouts suspendues à une longue chaîne portée en sautoir.

Mais les véritables bijoux fabriqués dans le pays consistent surtout en objets d'argent très rudimentaires : le khalkhal massif à tête de serpent, le khatem de formes variées, les khelaïl avec chaîne et plaque en losange. Les bracelets sont désignés par des noms spéciaux : megboud (serré), bou kebir (grand), bou khadoudj (aminci), moded (aplati), hadaïd (rond extérieurement).

Six indigènes se livrent aux travaux d'orfèvrerie :

Ben Lifa ben Mohammed.

Djelloul ben Taous.

Brahim bon Taous.

Lakdar ben Djeraïed.

Ghaouaoua ben Djeraïed.

Hamma Haïchim.

Ils se servent de pièces démonétisées ou de lingots d'argent venant de Tunis. Leurs moules, en cuivre, ont, comme ailleurs, la forme d'étriers retenant une pâte de charbon à l'intérieur.

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