COLLIER EN OR
(Trouvé à Carthagc.)
lorsqu'un événement vint de nouveau bouleverser leur corporation. Le 26 juin 1844, à 9 heures du soir, toutes les constructions en bois, adossées à la Djenina, prirent feu.
Deux galeries superposées et deux cours , où se réunissait jadis le Divan, les
dimanche, lundi et mercredi, furent en partie brûlées, ainsi que les dépendances, anciens magasins de la manutention du temps des Turcs et servant de réserves pour les effets de campement de l'armée française.
LE SOUQ 85
Le fou continuait l'œuvre de destruction commencée par le fer des soldats, en 1830. La vieille maison du Sultan (Dar-es-Soltan-el- Qedima) allait, du reste, achever promptement de disparaître. Peu après, malgré les protestations du savant Adrien Berbrugger, les démolisseurs attaquaient ce qui restait de la Djenina, — le petit jardin, — comme l'avaient appelée les Français, à cause du jardin intérieur qu'elle renfermait. Bientôt, il ne resta plus que le souvenir de ce palais, qui avait vu mourir la domination arabe et naître la domination turque. Bien peu, parmi les Algérois actuels, peuvent se rappeler l'aspect imposant de cette antique demeure, si remarquable par ses gracieuses fenêtres de style mauresque et les merveilleux carreaux de faïence dont les couleurs vives tranchaient sur la blancheur des murs.
Du désastre de la Djenina, ce Kremlin d'Alger, une seule épave a survécu ; encore n'est-elle point musulmane : c'est l'horloge que les Français enlevèrent à un observatoire dans la Casbah et firent poser sur le palais du dey. Aujourd'hui, elle marque les heures sur le minaret de la mosquée de la Pêcherie. Abd-el-Kader avait prédit que lorsque cette horloge tinterait sur Dar-es-Soltan-el-Qedima, les infidèles seraient les maîtres du pays. Pour l'émir, les infidèles étaient les chrétiens. On sait comment la prédiction se réalisa. C'était écrit ! Mektoub ! raconte M. Aumerat dans ses Souvenirs algériens.
L'ancien palais des deys entraîna dans sa ruine le second quartier des bijoutiers, moins pittoresque, sans doute, que l'ancien, mais qui évoquait encore de curieux souvenirs de la cité musulmane.
Peu à peu, les orfèvres, dans leur migration ascensionnelle, Étapes
avaient marché des bords de la mer vers la haute ville. Nous avons successives dit qu'ils occupaient d'abord le Souq-es-Seyyâghin, d'où les chassèrent la conquête et l'occupation françaises. Cependant, ils continuaient à appeler Seyyâghin le quartier de la rue Juba, où ils s'étaient établis. Ils se tenaient alors surtout dans le Souq-el-Djedid, épargné par les flammes de l'incendie de 1844. Quand le Souq-el- Djedid eut disparu à son tour, ils se trouvèrent de nouveau dans la nécessité de plier bagage. Quelques-uns des plus pauvres gagnèrent les ruelles plus hautes du Lézard, Blondel, Médée, Porte-Neuve, où on les retrouve encore dans d'étroites et sales échoppes. D'autres R
s'installèrent dans la rue de la Lyre. C'est là que les plus fortunés de la Lyre.
86 l'orfèvherie algérienne et tunisienne
ont élu domicile, de nos jours ; leurs boutiques, moins sordides que jadis, quelquefois même d'une certaine élégance, s'ouvrent sous les arcades de cette large voie, construite sur le modèle de la rue de Rivoli, et qui, mieux entretenue, pourrait rivaliser avec les plus belles de la ville.
, «Jonré, de Tools -1