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CHAPITRE V

LES AMINES

Il importe de bien déterminer, au début de ce chapitre, ta définition de l'aminé {au pluriel oumena).

Ce mot, étymologiqucment, sert à indiquer un homme digne de confiance, le « vir probus » des Romains. Les tribus berbères ont parfois donné le nom d'aminé au chef de la tribu, et ce titre correspondait alors à celui de caïd. Mais, dès le xvi° siècle, on le trouve employé au Maroc et en Algérie pour indiquer un fonctionnaire chargé d'établir les rôles de l'impôt et d'en faire la perception. Il versait ensuite les sommes qu'il avait reçues, soit au chef de l'État lui-même, soit au khaznadji. De nos jours, au Maroc, le nom d'aminé désigne les agents financiers et, en particulier, le chef de la Douane.

L'aminé es-sekka était à Alger un fonctionnaire du service des finances, investi de la confiance du (Épingle ds îuik.i

dey. Il avait pour mission de s'occuper de la frappe de la monnaie et il devait, en même temps, éviter la circulation des monnaies de mauvais aloi et empêcher toute fraude en ces matières.

Puis, comme la loi musulmane interdit de vendre des matières d'or ou d'argent autrement qu'en donnant en paiement un poids égal de même métal monnayé, il se trouvait appelé à juger les contestations auxquelles ce commerce pouvait donner lieu, et, par conséquent, celles qui portaient surtout sur le titre des bijoux ou des pièces d'argenterie échangés en réalité plutôt que vendus, car

Aucun aminé

pour les orfèvres.

Le rabbin

juge

des orfèvres,

L'aminé es-sekka.

c'était la différence des titres qui constituait la seule rémunération du travail des orfèvres.

D'un autre côté, chaque corporation choisissait l'un des siens parmi les plus dignes, et lui confiait le soin de décider toutes les difficultés qui s'élevaient au sujet de l'exercice de la profession. Ce personnage prenait aussi le nom d'aminé ou syndic du corps de métier.

Seuls, les orfèvres et bijoutiers échappaient à cette règle : ils n'avaient pas d'aminé proprement dit ; c'est, du moins, ce que nous croyons pouvoir affirmer.

Nous ne trouvons, en effet, dans la longue liste des aminés que renferme le Tachrifat, aucune mention d'un chef de corporation, d'un syndic des ouvriers fabricants et marchands d'objets d'or et d'argent.

Cependant, M. le commandant Rinn croit à l'existence de ce syndic des bijoutiers-orfèvres ; il lui trouve un nom : « aminé es-seyyâghin ; » il définit ainsi ses attributions : « L'aminé es-seyyâghin » n'engageait pas le gouvernement ; il était responsable seulement, » comme les autres, vis-à-vis de ce gouvernement, des actes de la » corporation dont il était le chef et l'intermédiaire attitré ; » et il regrette la disparition de cet aminé et des autres chefs des corporations indigènes, infiniment préférables, dit-il, pour la police, aux agents de police indigènes.

Quelle que soit l'autorité de M. le commandant Rinn en tout ce qui concerne les affaires algériennes, nous ne pouvons voir dans son système qu'une ingénieuse hypothèse que n'appuient aucun texte ancien ni aucune tradition. S'il n'est pas question d'un aminé des orfèvres dans le Tachrifat, rien de plus naturel : leur corporation n'était pas formée de musulmans; elle était composée de juifs, placés sous l'autorité de leur chef religieux. Le rabbin soutenait leurs intérêts vis-à-vis du gouvernement et se faisait l'arbitre des contestations qui s'élevaient entre eux. Mais pour les affaires graves et pour les délits de droit commun, les orfèvres juifs devaient aller devant le cadi.

L'aminc es-sekka n'avait donc aucun titre à figurer sur une liste de syndics de corporations. Il remplissait subsidiairement les fonctions d'essayeur. La conquête française fit disparaître tous les aminés, chefs de corporations : Famine es-sekka dut à son titre et à ses attributions spéciales de fonctionnaire de survivre, après une éclipse momentanée, jusqu'à l'établissement de la Garantie.

LES AMINES

L'aminé es-sekka veut dire littéralement syndic du coin à frapper la monnaie, appellation moins pompeuse et plus juste que celle de chef de Ut monnaie. Nous empruntons au Livre des exemples instructifs concernant V histoire des Arabes et des Berbères, par Ibn Khaldoun, ouvrage qui s'applique aux Arabes d'Algérie comme à tous ceux de même race, la définition assez complexe et fort étendue du mot sekka ou sicca.

« Le mot sicca signifie, dans l'usage primitif de la langue, le coin, » c'est-à-dire le morceau de fer qu'on emploie pour cela. Mais on » l'a transporté à l'empreinte qu'il produit, je veux dire à ces gra- » vures qui s'impriment sur les pièces d'or ou d'argent, et, plus tard, » à la direction de ce genre de fabrication et à la surveillance de » l'exacte observation de toutes les conditions requises en cette » matière. Le mot sicca désigne alors un office, dans le langage usuel » de l'administration politique. Cet office est d'une absolue nécessité » à l'empire, puisque c'est par son ministère que, dans les transac- » tions commerciales, on distingue la bonne monnaie de la mau- » vaise, et que c'est le type connu, imprimé sur les monnaies par » l'autorité du souverain, qui garantit leur bonté et prévient toute » fraude. »

L'aminé es-sekka était, on le voit, un véritable contrôleur de la monnaie en Algérie.

Grâce à l'obligeante érudition de M. Delphin, directeur de la Medersa, nous pouvons éclaircir ici une distinction de titres qui n'est, au fond, qu'une confusion de mots.

Les anciens auteurs ou les personnes dont les souvenirs remontent dans le passé, et aussi les actes administratifs, parlent souvent de Y aminé el-fodda aux lieu et place de l'aminé cs-aekka.

D'après M. Delphin, l'aminé el-fodda n'a jamais existé. Cette appellation est comme un sous-titre, un nom vulgaire donné à l'aminé es-sekka. Débarrassons-nous donc de ce « terme trivial ou vulgaire » (comme s'exprime, à son tour, le commandant Rinn) et qui a, en arabe, le sens bien vague de « syndic de l'argent. »

Ni aminé es-seyyâghin ni aminé el-fodda. C'est de l'aminé es-sekka que nous avons exclusivement à nous occuper. D'après M. Delphin, les ouvriers de la Monnaie, des juifs pour la plupart, étaient seuls à relever de l'aminé es-sekka, qui essayait encore et poinçonnait les métaux précieux pour les orfèvres et les bijoutiers.

Définition

ancienne

du mot sicca.

L'aminé

et- fodda

a-t-il

existé ?

Nomination

de

l'aminé

es - sekka.

Alliage

de

monnaies.

Ouvriers

juifs

de

la Monnaie.

Salaire de l'aminé.

L'aminé es-sekka était donc nommé par le dey. Quelques-uns prétendent qu'il ceignait le yatagan d'or. M. Delphin ne le croit pas. Généralement, le fils succédait au père. Le cadi et le muphti présentaient au dey le nouvel aminé et le conduisaient chez les bijoutiers et chez les orfèvres, afin de le faire reconnaître par eux.

D'après le Tachrifat, l'alliage des monnaies frappées à la fabrique du gouvernement devait respecter les proportions suivantes :

1° Pour 60 livres d'argent pur, 40 livres de cuivre ;

2° Pour 65 livres d'argent, 35 livres de cuivre ;

3° Pour 1 livre d'argent, 3 livres de cuivre.

Mais ces trois titres* n'étaient obligatoires que pour les Arabes, dans leurs relations avec le dey ou les beys.

En 1686, les alliages étaient les suivants :

1° Pour la frappe des monnaies, on prenait 70 livres de diverses pièces, auxquelles on ajoutait 30 livres d'argent.

Un deuxième alliage consistait à mélanger 60 livres d'argent pur à 40 livres d'argent mêlé ou de vieille monnaie.

Les ouvriers employés à la fabrication des monnaies, au nombre desquels étaient 24 juifs, touchaient, sur les fonds du palais, 400 samias par quintal de monnaie ; 4 fr. 80 par livre de soltani ; 3 fr. par livre de 1/2 soltani ; 1 fr. 80 par livre de 1/4 de soltani.

Sous le règne d'Ali Pacha, il fut ordonné au directeur de la Monnaie, à l'oukil el-khardj, commissaire général de la marine, aux ouvriers juifs et au sahab ettabâa, de frapper des quarts de boudjous (0,45) et des huitièmes de boudjous (0,22) en argent.

Une décision du dey, en date du 29 choual 1172 (1758), fixa le salaire de chacun de la manière suivante, pour chaque sac pesant 10 livres :

Aminé, 10 rial (6 fr.) ;

Oukil el-khardj, 1 rial (0 fr. 60) ;

Ouvriers juifs, 20 rial (12 fr.).

Le hakem ettabâa (ouvrier qui gravait les coins et était chargé de les entretenir) touchait, par quintal, 17 rial (10 fr. 20).

Le sahab ettabâa recevait 21 rial par quintal (12 fr. 60). C'était une espèce d'économe, sorte d'officier d'administration sous les ordres du chef chargé du détail de l'ordonnance des dépenses.

Selon les règlements, le salaire des ouvriers juifs pour le blanchiment des monnaies par le feu était fixé à 5 rial (3 fr.) par 1.000 rial,

LES AMINES

lorsque l'opération avait lieu pour le compte des beys et des caïds. Mais lorsque le blanchiment était fait pour le palais, ils ne touchaient que 3 rial (1 fr. 80) par 1.000 rial passés au feu.

En 1686, le directeur de la Monnaie, dans le palais du dey, était Hadj Omar, et les plus habiles ouvriers juifs y étaient employés.

Au xvme siècle, on frappait des pièces d'or et d'argent, dont la valeur était très variable, parce que le dey les démonétisait quand bon lui semblait et faisait ajouter l'alliage qu'il voulait dans les nouvelles pièces mises en circulation.

L'histoire ne nous a pas laissé la liste chronologique des aminés es-sekka qui se sont succédé depuis Hadj Omar.

Nous savons seulement que le dernier aminé exerçant ses fonctions avant la conquête se nommait Hadj Mohammed. Il demeurait rue Pompée, et sa maison, qui porte aujourd'hui le n° 4, a* gardé le nom de Dar-es-Sekka.

D'après les souvenirs recueillis par ses descendants, il travaillait, dans les derniers temps, à la Monnaie, dans le palais même du dey, à la Casbah. 11 n'en sortait que tous les huit jours, pour voir sa famille.

Quand un bijou en argent était achevé, le bijoutier le portait à la boutique où se tenait l'employé de l'aminé es-sekka, qui l'examinait à la pierre de touche et y apposait son poinçon, portant « Fodda. » Le bijoutier ne portait pas chez l'aminé les objets d'or ; mais lorsqu'un Arabe venait faire un achat, il allait, de concert avec le marchand, soumettre à l'aminé l'objet de la transaction.

L'aminé déclarait si le métal était « bon. »

Le procédé qu'il employait pour les essais était des plus primitifs. Il faisait sur la pierre de touche une prise. Avec un petit lingot d'or ou d'argent pur, suivant que le bijou était en or ou en argent, il traçait un trait parallèle à celui de la prise d'essai. Il se prononçait au vu de cette seule expérience. Les droits étaient, pour l'or, de 0,05 centimes par mitqal, soit 5 grammes moins 3 décigrammes ; et de 0,05 centimes par ouquia ou 31 grammes, pour l'argent et les perles fines. Les diamants payaient 0,05 centimes par centigramme.

Les aminés ne devaient marquer que les objets ayant 3/4 de métal fin ; mais la recense générale de 1859 prouva que les essayeurs indigènes avaient souvent transgressé cette règle, soit par tolérance,

Dernier

aminé amn(

la

conquête.

Poinçon algérois.

Tolérance

des aminés

es-sekka.

Limitation

des pouvoirs

des aminés.

Répression

de la fraude.

Châtiments.

soit par inexpérience. D'ailleurs, leur mode d'essai au touchau pour l'or, sans le concours d'autre réactif que leur souffle ou la cire de leurs oreilles, leur avait fait apposer le poinçon sur des objets d'argent si bas, que les résultats du frottement disparaissaient, à cette époque, sous l'action de l'eau-forte.

Les pouvoirs dés aminés étaient, à la fin, très limités. Ils ne constataient aucune contravention par procès-verbal. Jamais ils ne se rendaient à domicile, c'était à l'acheteur à prendre ses précautions.

Ils ne faisaient aucun recensement chez les orfèvres. Ils se bornaient au rôle d'essayeur public. L'aminé es-sekka avait seulement le droit de briser les objets soumis à son examen, qui n'étaient pas au titre, ou lorsque la déclaration du bijoutier était mensongère. Mais il n'avait pas le droit de briser les bijoux faux appartenant à des particuliers venant le consulter pour en connaître la valeur et le titre. Les aminés n'avaient donc qualité que pour garantir les opérations commerciales, et seulement encore, lorsqu'ils en étaient requis. Cependant, les particuliers qui n'étaient pas satisfaits de la manière dont avait été exécutée une commande, pouvaient se plaindre h l'aminé. Celui-ci obligeait l'ouvrier à refaire l'ouvrage et même à payer une indemnité, si les matériaux à lui confiés avaient été gâchés.

11 fallait évidemment sévir avec vigueur dans ces temps où la bonne foi était loin de présider aux opérations du commerce.

Le fabricant indigène opérait ses alliages absolument au hasard, mais il évitait de frustrer ses intérêts, et n'épargnait ni le cuivre ni la soudure. Les bijoux obtenus de cette façon étaient à bas titre, ce qui permettait à l'ouvrier malhonnête de les vendre, travail compris, au poids de la monnaie, avec un très gros bénéfice.

Quels étaient les châtiments et les moyens de répression, en cas de fraude ?

Pour les Arabes, la première faute provoquait un avertissement sévère. La récidive entraînait la justice sommaire des coups de bâton sur la plante des pieds, supplice terrible. Deux hommes, armés chacun d'un morceau de bois gros comme une canne ordinaire, frappaient alternativement le coupable.

En dehors de ce châtiment corporel, très en usage à Alger, on coupait aux voleurs la main droite et on la leur attachait au cou. On les liait ensuite sur un âne, la face tournée du côté de la queue, et on les menait processionnellement, à travers les rues de la ville.

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Les condamnés à mort étaient ou pendus, ou brûlés vifs, ou empalés. Dans ce dernier cas, ils étaient précipités sur de grands crochets en fer, fixés près de la porte Bab-Azzoun. Lorsque l'armée française entra à Alger, elle trouva plusieurs cadavres qui pourrissaient ainsi au soleil.

Toutes ces tortures n'étaient pas appliquées aux juifs, qui étaient décapités. Mais pour une simple tromperie sur la qualité de la chose vendue, le cadi ne prononçait jamais contre le bijoutier de sentence aussi cruelle. Il était utile de conserver les orfèvres juifs pour les rançonner de temps à autre.

L'aminé Hadj Mohammed resta trente-deux ans aminé es-sekka. Il était surpris, paraît-il, d'être monté si haut, et craignait que sa chute n'en fût que plus dangereuse. Elle n'arriva pas. Comme on ne battait plus de monnaie, il fut seulement remercié à l'arrivée des Français. Mais il est probable qu'il continua ses fonctions d'essayeur pour les Arabes. Il se relira dans une villa de Mustapha-Inférieur, au-dessus de la rue Darwin actuelle, plus connue jadis sous le nom de Fontaine-Bleue. Il habitait le logement de droite, et celui de gauche était occupé par son neveu Hamdan ben Osman, l'ami du dey, et qui joua un grand rôle à l'époque de la conquête d'Alger. Hadj fut reconnu débiteur envers l'État d'une somme de 318.760 boudjous, valeur de laines et de matières d'or et d'argent à lui livrées par la Régence. Il vint à Paris, en 1831. A l'établissement des patentes, Hadj Mohammed, malgré son grand âge, partit pour Tunis. Le baron Pichon dit qu'il ne put le retenir à Alger.

Plus tard, le général Clauzel occupa sa maison. De nos jours, le petitfils de Hamdan a pris le nom de Hamdan Aminé es-Sekka. Il habite le Ruisseau, commune de Kouba. Après avoir été employé dans l'Administration, il est le commanditaire d'un orfèvre de la rue de la Lyre.

Toutes les vieilles institutions algériennes furent renversées en 1830. Il fallait d'abord assurer la défense avant d'administrer. L'établissement des patentes, qui furent l'un des premiers impôts perçus par l'Administration française, fit disparaître les impôts prélevés sur les corps de métiers. Les orfèvres furent compris dans la deuxième classe par un arrêté du 7 décembre 1830, pour un droit fixe, annuel, de quarante francs par tête.

Le 31 mars 1831, un arrêté du baron Pichon, intendant civil à Alger, nomma Maâllem Mustapha comme essayeur public, pour pour-

Supplices des juifs.

Retraite

de

V aminé Hadj

Mohammed.

Patente des orfèvres.

Un essayeur public

h ORFEVRERIE ALGERIENNE ET TUNISIENNE

remplace l'aminé

Traitement

de l'essayeur.

Domicile

de Vamine.

Création d'aminés

en procince.

Leur insuffisance professionnelle.

voir au service des essais de matières d'or et d'argent, emploi vacant par le départ du titulaire. C'était le rétablissement, sous un autre nom, de l'aminé es-sekka, réduit au rôle d'essayeur public.

L'administration des Domaines mettait à la disposition du nouveau fonctionnaire, pour la tenue de son essai, la boutique domaniale située rue Juba, n° 32, en attendant qu'il pût être plus convenablement placé pour le service public.

L'essayeur recevait un traitement annuel de 1.200 francs, et jouissait, en outre, des rétributions pour ses essais, suivant les anciens tarifs. II devait tenir, sur un cahier contrôlé par le commissaire du roi, le registre journalier dç ses opérations, de leur titre et de leur quantité.

Les anciens orfèvres prétendent avoir connu son successeur, sous le nom de Mohammed benRoutchaï,quinefigurepasdanslesactesoflîciels.

Le 2 novembre 1843, Si Mohamjncd el-Mandani fut nommé aminé es-sekka. Il mourut en 1870. Il possédait à El-Biar une maison de campagne, ancien quartier d'Aouinet-ed-Djadj, actuellement propriété Prénat, et qui porte encore le nom de Djenan-Amine-es-Sekka.

Son bureau se trouvait, en dernier lieu, à l'intersection de l'emplacement de la rue de Chartres et du passage du Commerce, entre un barbier et un marchand de tabacs. On raconte qu'il avait deux acolytes juifs, dont l'un, Morali, était orfèvre et avait la spécialité de fabriquer des sarmahs.

Des nominations furent faites. Le Gouvernement créa successivement, souvent sous le vocable erroné d'aminé el-fodda, des charges d'aminé es-sekka à Milianah, à Médéah, à Aumale, à Blidah.

Ces aminés, à qui on assignait des résidences, étaient à peu près indépendants, bien que placés sous la surveillance de l'administration des Contributions diverses. Les agents de ce service financier étaient complètement étrangers à la partie technique des essais, et ne pouvaient contrôler les opérations de l'aminé. Leur mission se bornait à apposer un visa sur le registre dont la tenue était prescrite à l'essayeur indigène, qui n'avait à subir, avant d'entrer en fonctions, aucun examen professionnel.

L'institution des aminés es:sekka, évidemment imparfaite sous tous les rapports, ne procurait point de contrôle sérieux et n'offrait au commerce de la bijouterie, en Algérie, aucune garantie. Ce système défectueux était préjudiciable à tous, qu'il s'agît du Trésor ou bien du public.

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