VI AVANT-PROPOS
riques ; les réponses aux questions posées de tous côtés m'ont permis de rassembler des renseignements techniques et d'y joindre des noms de bijoux qui n'avaient jamais été imprimés.
J'ai tenu autant que possible à recueillir par moi-même, de visu et aiiditu, des informations précises, des traits de mœurs caractéristiques ; quelques voyages à Constantine, à Oran et dans l'intérieur de la Kabylie, puis dans le Sud, à Boghari, à Biskra, à Tlemcen, à M'sila et à Bou-Saâda, m'ont mis à même d'apprendre sur place les noms des bijoux, puis d'en dresser un dictionnaire que je serai heureux d'offrir à mes lecteurs. Je dois leur avouer cependant que l'influence
du Maroc et de la Tunisie sur les produits purement algériens m'a souvent troublé. Près de la frontière, le mélange s'accentue de telle
façon, qu'il devient presque impossible de distinguer nettement les
provenances.
J'ai fait dessiner par plusieurs peintres de talent, Louis Bombled, Grandjouan, Marc Mangin, de Bussièreet surtout par deux Algériens, artistes de mérite, M. Fritz Muller et M. Marius Ferrand, attaché à l'École supérieure des sciences, les meilleurs modèles de bijoux que j'aie pu rencontrer sur ma route. Ces illustrations, habilement exécutées d'après nature, portant souvent au-dessous de la reproduction de chaque bijou son nom arabe, me semblent la meilleure des descriptions. C'est en Montrant les bijoux qu'on peut seulement les faire connaître. Aussi, j'ai voulu compléter l'illustration par une suite de portraits de femmes arabes, mauresques, ouled-naïl tunisiennes et kabyles, indiquant, suivant la contrée, la manière dont elles portent leurs parures, et en outre par quelques types de bijoutiers indigènes dans leurs ateliers, avec leurs outils de travail.
Il ne m'a pas fallu moins de plusieurs années d'un labeur assidu,