DOREURS
Dorure au mercure.
La dorure fut connue de toute antiquité, comme le prouvent les bijoux anciens découverts dans les fouilles et portant des traces de dorure. Elle se faisait avec de la poudre d'or, mélangée avec une colle pour la faire adhérer sur les surfaces, ou avec un placage de minces feuilles d'or.
Très résistante, la dorure au mercure a été pratiquée, de temps immémorial, par les Arabes, par des procédés très simples. Le merrcure et l'or, triturés ensemble, formaient un amalgame fixé sur la pièce à l'aide d'un frottement alternant avec l'évaporation au feu. Ce travail se faisait jadis à la main. Très peu d'ouvriers avaient la précaution de se couvrir les doigts ou de se tenir éloignés des vapeurs du mercure. Aussi la préparation brûlait les doigts nus du doreur» qui
devait interrompre ce travail pendant quelques jours. Quelquefois, h la longue, les vapeurs mercurielles devenaient meurtrières pour lui.
La dorure au bouchon était moins pernicieuse. Cette dorure à froid, dite t< au pouce, » se fait, dit le Manuel Roret, en dissolvant d'aborà dans l'acide hydrochloro-nitrique (eau< régale) 4 grammes d'or fin, en lames et en feuilles, et 64 à 80 grammes de cuivre rosette, première qualité. On sait que l'eau régale se compose de 30 grammes d'eau-forte et de 70 grammes d'esprit de sel. On verse cette dissolution, goutte à goutte, sur des chiffons de fil bien propres, que l'on fait ensuite brûler dès qu'ils sont secs. On en conserve les cendres pour la dorure.
Quand on veut en faire usage, on adoucit la pièce au préalable ; on mouille l'extrémité d'un bouchon de liège, on le trempe dans les cendres préparées et l'on frotte la pièce à l'aide de ce bouchon, ainsi enduit. L'opération continue jusqu'à ce que la couche d'or soit assez épaisse. Pour terminer, on passe l'objet au brunissoir à la sanguine s'il s'agit d'un grand ouvrage, ou au brunissoir d'acier si l'objet est ténu. Au frottement, le brunissoir enlève à la pièce ses diverses aspérités et lui donne l'éclat du poli. On emploie, en outré, l'eau de savon.
Quand on procède à la préparation de la dissolution, il est absolument nécessaire de se tenir à contre-vent, par suite des émanations délétères qui se dégagent de ce mélange nuisible à la santé.
Cet inconvénient n'est pas le seul ; il faut ajouter que la dorure au liège ne peut pas aller au feu et qu'elle n'est pas aussi solide que la dorure au mercure, si elle l'est plus que le procédé par la pile.
Mme veuve Barrière conserve aujourd'hui, à peu près seule, dans son atelier de polissage et de brunissage, rue Mustapha-Ismaël, la tradition de la dorure au liège. Plusieurs maisons européennes dorent, a Alger, par les nouveaux procédés de la galvanoplastie.
Dorure au liège.