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CHAPITRE XV

Essentiellement humain, le truquage règne en Algérie comme ailleurs et se rencontre partout, autant dans les villes que dans les douars. Il commence par la transformation, continue par la fraude, s'affirme par la contrefaçon et s'achève par le vol.

Le maniement de l'or ou de l'argent a bien souvent éveillé la cupidité des juifs de bas étage et nous allons retracer quelques-uns des tours, plus ou moins ingénieux, qu'ils ont employés jadis ou dont ils se servent aujourd'hui pour tromper leurs acheteurs.

Le Directeur de la Médersa d'Alger nous a raconté ce qui suit en une note que nous reproduisons textuellement :

BEZ1MA.

a Brada ou la inir (la poussière tient bon), (Broche «rAiger.)

criait-on en guise de plaisanterie à un orfèvre juif au temps des Turcs à Alger.

» Cette expression hébraïque faisait allusion à un truc usité chez cette catégorie d'individus peu scrupuleux. Comme l'on n'avait aucune confiance en eux, on les faisait travailler à domicile. On ne les laissait guère seuls avec des bijoux entre les mains. Quand, le soir venu, ils se disposaient à partir, on les fouillait des pieds à la tête. Voici ce que ces rusés coquins avaient imaginé : parmi leurs flacons d'acide, ils apportaient une petite fiole pleine de colle. Après avoir travaillé un objet, ils s'humectaient les doigts avec cette colle et les posaient sur la limaille du précieux métal. Des parcelles

Truquage universel.

La barbe.

Le grattage

et

le pain.

Le diamant

et

ta rose.

se fixaient à l'intérieur de leurs mains sans que personne put s'en apercevoir. Ils caressaient ensuite majestueusement leur longue barbe et semblaient également dérouler les deux tresses de cheveux qui pendaient de chaque côté de leur turban noir; grâce à la colle, l'or v restait attaché.

» Puis ils quittaient leur travail et rentraient chez eux. Alors, ils se faisaient apporter un grand bassin rempli d'eau. Après une ablution complète, l'or se détachant de la barbe et des cheveux formait un dépôt au fond du liquide.

» Ils arrivaient ainsi à emporter, après chaque journée de travail, une quantité d'or équivalant à six francs.

» La lime et la colle, leur disait-on encore. On comprend maintenant que ces mots avaient le don de les horripiler ».

Mouley Abder-Rahman, qui régnait à Fez vers l'an 1230 de l'hégire, se montrait très sévère pour les fabrications d'or et d'argent; il fut cependant la dupe des ouvriers juifs qu'il faisait travailler dans son palais, sous les yeux de ses soldats. Vne étroite surveillance ayant empêché ces habiles fraudeurs de dissimuler des parcelles de matière précieuse, en se grattant dans certaines parties de leur corps, ils réussirent à introduire de la poudre d'or dans le pain rond qui leur était remis le malin et dont ils ne mangeaient que la mie. Le soir venu, ils emportaient le reste de leur pain ainsi garni, et personne n'y trouva à redire jusqu'au jour où ils furent découverts et mis a mort ; mais le stratagème avait réussi longtemps.

Beaucoup de pierres ayant des défauts, et provenant de France ou de Hollande, remplacèrent jadis, en Algérie, dans les montures, celles de haute valeur que certains orfèvres recueillaient avec soin pour les revendre ensuite, dans la métropole, avec de beaux bénéfices. Des intermédiaires peu scrupuleux prenaient aux indigènes leurs beaux diamants et leur en donnaient à la place d'autres pesant plus, mais ayant des glaces, jardinages, terrasses, ou des diagonneaux.

Pour faire disparaître les points diversement colorés et unifier la teinte jaune des diamants, certains commerçants, plus qu'habiles, employaient un procédé révélé par Jules de Fontenelle. Ils les faisaient chauffer fortement dans un creuset. Ensuite ils entouraient les pierres défectueuses d'une couche de charbon en poudre. Après ce truquage, les points rouges étaient transformés en points noirs moins apparents.

Certains bijoux surchargés de pierres précieuses, d'un poids qui faisait illusion sur leur valeur réelle, avaient coûté fort cher. Lorsque, en 18G7, les indigènes furent aux prises avec la terrible famine qui, en cette année, décima la colonie -

et donna naissance à des épidémies de typhus dkmeledj.

. . , , . . . . , , , ,. „. (Nom du bracelet au Maroc.)

et de choiera, ils cherchèrent a tirer profit

de leurs parures, mais, lorsqu'ils les présentèrent pour les vendre, ils ne purent s'en dessaisir qu'à des prix dérisoires, les pierres étant toutes défectueuses.

Pour éviter la fraude dont ils avaient été victimes, les Arabes résolurent de n'acheter désormais que des parures sans pierres précieuses ou des bijoux montés avec des pierres qui n'élevaient pas sensiblement leur prix.

Aussi est-il fort difficile de vendre aujourd'hui aux indigènes des diamants taillés en roses à six faces. Les orfèvres juifs emploient toutes sortes de moyens pour écouler leurs pierres défectueuses. Ils les montent dans des bijoux auxquels ils donnent l'aspect ancien, les font déposer au Mont-de-Piété et laissent périmer rengagement. Le jour de la vente forcée , ils s'assurent de deux compères qui poussent l'un contre l'autre en attendant qu'un malheureux acquéreur se mêle d'enchérir. Ils lui laissent alors acheter le bijou et le tour est joué. Si l'artifice ne réussit pas, l'objet adjugé à l'un des compères est remis le lendemain au Mont-de-Piété en attendant des temps meilleurs.

Le vol à l'américaine se pratique en Algérie avec des combinaisons vol amèricos'adaptant bien aux mœurs du pays. arabe.

La propriété immobilière n'étant pas facilement accessible, les vieilles familles arabes avaient la coutume de conserver dans des trous faits en terre leur fortune en numéraire, en bijoux et en pièces d'orfèvrerie.

La légende des trésors enfouis sévit partout et se transmet de génération en génération comme celle, très enracinée, du trésor de Jugurtha caché à Guelma et celui de Barberoussc à Bougie.

Récemment un jeune Musulman, tenté par les richesses de l'un de ses coreligionnaires, lui révéla, sous le sceau du secret, qu'il venait d'arriver un taleb marocain très habile en l'art de découvrir des trésors,

Le Musulman, nommé Mohammed, était depuis longtemps persuadé que ses ancêtres avaient dû enfouir des trésors dans leur campagne d'El-Biar. Il écouta avec le plus vif intérêt une confidence qui réveillait ses désirs.

Mohammed était, comme quelques Arabes, un cerveau faible. Il pria son coreligionnaire de lui amener le sorcier. D'aSord l'autre se fit quelque peu prier. Cependant il arriva bientôt accompagné du taleb. Celait un vieillard cassé par l'âge et ridé comme le cuir d'un vieux soufflet.. Il avait cependant de belles manières et la parole persuasive et enjôleuse. Après le cérémonial ordinaire, le Seyid ou puissant seigneur l'amena dans son bordj à EI-Biar.

Là le sorcier fit force génuflexions, récita plusieurs fois la fatiha avec des soupirs étouffés, s'assit en croisant les jambes, puis traça avec le doigt des cercles cabalistiques sous les yeux émerveillés de son hôte. Ce dernier semblait revivre un conte des Mille et une Nuits

et demeurait persuadé qu'avec la science mystérieuse du thaumaturge, la terre allait s'entr'ouvrir comme s'était ouverte la porte de la caverne d'Ali-Baba.

Mohammed attendit avec anxiété le moment psychologique, ce que les Arabes appellent « l'étincelle divine. » Mais les conjurations les plus énergiques restèrent sans résultat.

Le taleb fit alors connaître à son client que les génies du lieu avec lesquels il venait de s'entendre exigeaient le dépôt, dans un endroit qu'ils avaient désigné, d'un certain nombre de bijoux qui serviraient d'amorce. Les deux compères ajoutèrent que ce dépôt ne risquerait aucun danger, puisqu'il pouvait se faire dans un coffret bien fermé dont Mohammed garderait la clé. D'un commun accord, ils creusèrent un trou dans un endroit connu d'eux seuls. Alors les évocations, jusque-là inutiles, ne devaient plus être sans effet.

Ce qui fut dit fut fait.

Le débonnaire indigène, fasciné par le santon, courut chez lui et revint bientôt avec une cassette pleine de bijoux et d'argent.

La cassette efficace fut déposée dans un trou creusé par eux-mêmes, et le prétendu marabout lui dit :

« Vous attendrez huit jours que le charme ait eu le temps d'opérer. Vous retirerez vous-même le coffret, et, l'ouvrant avec la clé que vous avez gardée, vous trouverez à l'intérieur un papier. Vous saurez par lui où se trouve le trésor de vos pères. Arrivé à l'endroit

indiqué, vous n'aurez qu'à creuser très peu. Vous le sentirez tout de

Mohammed se retira heureux, persuadé que les précautions prises ne seraient pas vaines. Il attendit patiemment le jour indiqué, et revint avec joie pour creuser la terre à l'endroit où il avait déposé son trésor à l'abri des regards indiscrets.

Tout d'un coup il 'regarda avec stupeur, resta inconscient et hébété cl poussa un cri d'effroi ; sa cassette avait disparu.

Le naïf Musulman comprit alors le mauvais coup dont il avait été victime, et furieux, mais un peu lard, courut porter plainte. C'est en vain qu'il donna les noms et signalements des deux fripons : depuis longtemps ils avaient disparu ; l'un était parti pour le Maroc, l'autre s'était retiré à Conslanlinople.

En 1845, il y avait à Alger 80 maisons s' occupant de la fabrication et de la vente des bijoux. Ces maisons préparaient elles-mêmes la matière première ; leur mode de fabrication n'étant pas réglementé, elles pouvaient se servir des alliages les plus bas et réaliser ainsi des bénéfices illicites. 11 se vendait journellement, à 2 fr. 87 le gramme, des bijoux d'un poids énorme renfermant près de deux tiers de cuivre.

En outre, les bijoutiers Israélites de l'époque se servaient de l'arsenic jaune pour donner au laiton la couleur de l'or, et de l'arsenic blanc pour dissimuler l'alliage du cuivre et de l'argent. Celte fraude était si fréquente, que la seule ville d'Alger employait annuellement plus de 3,000 kilogrammes de cette substance métallique. Le gouvernement de Louis- Philippe s'en émut et songea à prescrire des mesures rendantimpossiblc celle industrie malhonnête.

Malgré toutes les précautions prises, l'emploi fA.

de l'arsenic n'a pas enlièrement disparu de nos f

jours chez certains bijoutiers, imbus des anciens (i>enjenur tunisien,

procédés. en.mbroelur.)

Il est reconnu que l'arsenic sert toujours aux orfèvres maures et israéliles, pour donner une couleur d'or au lailoa et pour masquer l'alliage à l'aide duquel ils foui de prétendus bijoux d'or ou d'argent désignés dans le commerce sous le nom d'or d'Afrique, métal d'Alger.

â60 l'orfèvrerie algérienne et tunisienne

Il se consomme encore à Alger une moyenne de 300 kilogrammes d'arsenic ; Miliana, Médéa et Mascara en emploient plus du double. Mais c'est le département d'Oron qui en fait le plus grand usage, lin juif de cette ville s'est vu saisir, dans un seul envoi, îiuO kilogrammes d'arsenic jaune ou orpiment qu'on lui avait expédié de France. Bijoux Jadis les indigènes ne se faisaient aucun scrupule de fourrer les

ion t, objets qu'ils venaient de faire poinçonner. Ils ajoutaient des tresses en fil d'or à bas titre aux redifs, et aux bracelets des calottes demisphériques dans lesquelles ils introduisaient la soudure ù bas titre pour augmenter considérablement le poids ; ils coulaient du plomb dans les boules des deux extrémités du khalkhal. Ils vendaient les uns et les autres comme bijoux au prix du premier titre, sans que l'acheteur, rendu confiant par la vue du poinçon, se doutât le moins du monde qu'il était indignement volé.

Les stratagèmes ne se comptent pas ; il serait difficile de les mentionner tous, tant est fertile l'imagination des fraudeurs. A citer cependant encore la tige de cuivre qui traverse les poires en corail et se trouve entièrement dissimulée; les goupilles en cuivre d'une grosseur scandaleuse, mises aux médaillons, et les bracelets faits de deux pièces soudées et remplies de résine a l'intérieur.

Enture. Si les indigènes ne se sont pas ingéniés à contrefaire nos marques,

c'est en raison de leur outillage primitif et de l'habileté que demande une pareille œuvre. Ils n'ont certainement pas été arrêtés parla pensée qu'il était im- généralement sur des

moral d'agir ainsi. Ce bracelets,

qui le prouve, c'est que L'enlure a été une

bon nombre de bijou- opération courante

tiers et notamment un pendant un certain

fraudeur invétéré temps. Tan tôt on

d'Alger avaient l'ha- mettait, sur des pièces

bitude de souder sur à bas titre, des mor-

un bijou neuf et pesant, ceaux déjà poinçon-

àbaslitre,desinarques nés, mais la soudure

apposéessur des bijoux n'échappait pas à un

anciens, hors d'usage *°*L' . oeil exercé. Tantôt l'o-

' ° {Bijou de Djerba.)

etd'un poidspeu élevé, péralioncontrairecon-

sistait à ajouter des morceaux ù bas titre sur des pièces déjà soumises au contrôle.

Il arrivait encore que les fabricants présentassent au bureau de garantie des anneaux en argent destinés à des bracelets du type « semaine ». Dès qu'ils avdïent obtenu le poinçon désiré, ils donnaient à l'anneau une autre destination et l'adaptaient sur un objet comportant un anneau de suspension. Ces fraudeurs prenaient aussi d'anciennes tiges de bzaïm portant un contrôle. Ils les soudaient sur des bzaïm non contrôlés. C'était jadis une opération fréquente pour ces audacieux trompeurs qui comptaient sur la naïveté du client, car le moindre examen eût trahi leur fraude.

D'autres fois, il était présenté au contrôle d'Alger des bracelets en or d'une seule pièce, sans cliquets, formés d'un plané passé au laminoir et ensuite estampé et ciselé. Une fois poinçonnés, l'ouvrier soudait adroitement sur les bordures du bracelet une chenille, et sur le bandeau des appliques à bas titres. Ces bijoux étaient expédiés dans les villes ou dans les douars qui, par leur éloignement, échappaient à la surveillance du service de la Garantie.

Il fallait remédier à cet état de choses et s'efforcer d'éviter que ce procédé délictueux s'agrandît comme une tache d'huile. Le service de la Garantie ne faillit pas à son devoir et, sur les propositions du Contrôleur d'Alger , l'autorité supérieure décida qu'à l'avenir il existerait des combinaisons de marques pour les bracelets en or que leur forme ne soumettait pas à la marque au poids. Quant aux bracelets munis de cliquets, les règlements en vigueur dans la Métropole devaient continuer à leur être appliqués.

C'était un coup mortel porté à Tenture.

Il fut arrêté, en outre, que les bracelets garnis d'une bordure soudée et agrémentés d'appliques seraient marqués d'un seul coup de poinçon (tête de cheval). — Deux coups parallèles indiqueraient seulement une bordure soudée; deux coups perpendiculaires seraient réservés à ceux de ces objets ne comportant que des appliques. Enfin on apposerait deux coups en diagonale pour les bijoux présentés sans bordure soudée en appliques.

La nécessité d'un répertoire des bijoux avec indication des points où doivent être apposés les poinçons de garantie s'imposait aussi. Il a paru récemment, mais il a été mis dans le commerce. Nous dirons ailleurs comment ce répertoire, qui devait éclairer seulement les agents du Service de garantie, est devenu trop vite, pendant sa préparation, un catalogue illustré et descriptif.

Faux poinçons.

Fraude à l'alliage.

Les objets fabriqués parfois à plus do cinquante kilomètres de tout centre européen ne prennent pas le chemin -du contrôle et ne sont revêtus d'aucun poinçon de maître. Aucune vérification n'est possible en l'absence d'un poinçon. Cependant les indigènes cherchent rarement à imiter les poinçons en usage dans les bureaux de garantie. Depuis Tinslitution du service, c'est-à-dire dans une période de 42 ans, on n'a découvert que deux fois, dans le Sud, à Bou-Saâda, et dans le Tell, à Blida, des poinçons faux faits à l'aide d'une tige de fer bien coupée et sur la section de laquelle on avait grossièrement gravé une tôle de cheval. Point n'est besoin de dire qu'il n'existait aucune trace de contremarque et que les contrefacteurs, s'ils avaient été pris, auraient passé en Cour d'assises.

Il est un genre de fraude qui se pratique beaucoup. On croit communément que les bijoux, les objets d'or ou d'argent de la campagne ont été achetés chez un marchand de la ville ; il n'en est rien cependant. L'indigène a le plus souvent recours à un ouvrier ambulant qui n'a pas d'atelier, est outillé d'une façon primitive et fabrique sur le seuil de la porte de celui qui l'a appelé. Sous ses propres yeux, le client voit refondre les bijoux et parures qu'il possédait déjà ou bien fait convertir en bijoux les pièces d'or et d'argent qu'il ne veut pas conserver en numéraire. L'opération a lieu constamment en sa présence, aussi se tient-il pour assure de l'identité et de la valeur du métal employé. Sa bonne foi est surprise cependant, l'orfèvre le trompe à sa barbe. Les israélites surtout passent pour être d'une rare habileté à détourner, au moment de la mise en fusion, une partie du métal précieux et à le remplacer par une égale quantité de matières sans valeur. Leurs creusets sont disposés à cet effet et ils mettent en œuvre les combinaisons les plus frauduleuses.

L'indigène, victime de ce procédé, ne s'aperçoit que longtemps après de la supercherie. C'est peut-être heureux pour l'orfèvre, qui passerait un mauvais quart d'heure. On peut juger toutefois de la déception cruelle qu'il éprouve lorsque, voulant mettre en gage ses bijoux pour obtenir un prêt, il apprend, trop tard, hélas ! que le métal précieux qui miroite à ses yeux est à un titre sensiblement inférieur à 5 ou 600 millièmes.

On découvrit, il y a quelques années, à Orléansville et à Cavaignac, des fabriques clandestines de bijoux échappant au contrôle et destinés

a être écoulés dans le Mzab. A Miliana, des khalkhals à bas litre

furent saisis. Ils donnaient' à

l'analyse de la garantie : argent,

110; étain, 48o ; plomb, 320 ;

antimoine, 90. ' On se demande jusqu'où pou- f%

vait aller l'astuce des orfèvres média»

indigènes avant la conquête, à 1**5— [urdceiei * corde.)

poque où la bonne foi seule devait

présider aux transactions. Mais, dans un pays où bien des consciences s'achetaient, il était facile d'éviter d'être pris en flagrant délit. Il y avait des accommodements avec les employés do l'aminé pour substituer au moment de l'essai un bon bijou à un mauvais.

A l'Exposition universelle de 1900, un essai fut tenté pour offrir Fraude aux Parisiens des bijoux indigènes. Le locataire d'une des boutiques BU ttlrt' de la rue d'Alger avait commandé a un orfèvre de la rue Blondel des bzaïm massifs, ajourés ou ornés de corail, des bracelets à corde, à grains ou à têtes de serpents, des khalkhals creux et des redits tressés, des boucles d'oreilles gigantesques à dents de scie.

Le lot présenté au Contrôle pesa.it plus de î>0 kilos, mais quelquesuns de ces bijoux avaient échappé, faute de temps, à la vigilance de l'essayeur de la Garantie h Alger. Comme l'essayeur de la Banque le constata à Paris, plusieurs ne dépassaient pas 68a millièmes.

Dès que le fait fut constaté, il devenait impossible d'écouler ces bijoux à la clientèle parisienne, puisqu'ils n'atteignaient pas le litre légal de 800 millièmes.

L'essayeur algérois, responsable de ses opérations, aux termes de l'art. 161 de la loi du 19 brumaire an XIII, (il revenir à Alger ce qui n'était pas encore vendu.

Le lot contenait 63 pièces, pesant 2,08j grammes, qui furent reconnues inférieures de 83 millièmes au titre légal. Elles furent

rendues au fabricant qui obtint cependant, pour ne pas perdre les droits qu'il avait payés, de les refondre pour les mettre au titre et de les représenter à un nouvel examen de la Garantie.

L'orfèvre s'inclina devant cette décision, et, peu de temps après, il rapportait au Contrôle les bijoux défectueux.

L'essai à la coupelle démontra qu'ils étaient encore de beaucoup inférieurs au titre légal. Le fabricant obstiné avait refondu le même métal sans modifier l'alliage.

Cette fois procès-verbal fut dressé contre le délinquant incorrigible, et ses bijoux, brisés séance tenante, lui furent remis ensuite. Mais il perdit définitivement les droits qu'il avait acquittés.

Depuis cette époque, le Contrôle d'Alger, sous la direction de M. P. de Cazeneuve, applique rigoureusement la loi. Tout est essayé à la coupelle.

Dans le premier trimestre de l'année 1900, le Contrôle avait brisé 48 pièces en or et 304 en argent qui n'étaient pas au titre.

Dans le deuxième trimestre, 36 en or et 1,537 en argent.

Dans le troisième, 187 en or et 604 en argent.

Dans le quatrième, depuis l'incident, 35 en or et 3,285 en argent.

Ce relevé démontre qu'il y avait lieu d'arrêter certains orfèvres dans le développement de leur fabrication frauduleuse.

Il est à croire que les exemples faits seront salutaires. Il faut reconnaître cependant que la plupart des orfèvres ont vu avec satisfaction prendre des mesures sévères de nature à éviter la concurrence illicite qui leur était faite et qui permettait d'abaisser sensiblement, avec le prix de revient, le prix de vente. Fausse De même que les bijoutiers dépourvus d'bonnêleté ont employé

les moyens les plus frauduleux pour tromper leurs clients, de même certains indigènes sont passés maîtres dans l'art de fabriquer la fausse monnaie.

Il nous a été donné de voir l'un de leurs produits, une pièce de cinq francs dont l'analyse chimique révélait la présence de 13 grammes d'argent vierge et de 7 grammes de cuivre et de zinc, ce qui en faisait ressortir le titre à 650/1000, soit une différence en moins de 250/1000 sur le titre légal. La pièce accusait en outre une diminution de poids de 5 grammes (20 grammes au lieu de 25 grammes). Enfin l'examen de la pièce montrait une tranche un peu moins épaisse que dans les pièces véritables, un champlevé incorrect ; l'ensemble était

monnaie.

loin d'offrir la finesse et la régularité des pièces frappées à la Monnaie.

Avant la conquête de l'Algérie, parmi les monnaies frappées par les deys, se trouvaient des pièces d'or dites soltani, qui ont continué à avoir cours jusqu'au 11 août 1861, date à laquelle un arrêté ministériel en a prononcé le retrait comme monnaie officielle , c'est-à-dire comme ayant cours forcé et pouvant être admises dans les caisses publiques. Ces pièces ne sont pas moins restées en circulation dans les pays limitrophes de la Tunisie et dans quelques villes du Teli, jusqu'en 1882.

(Collier dit de poissons.)

A côté des pièces authentiques, il se répandit dans la circulation de faux soltani faits avec de l'or à un titre inférieur ou avec de l'argent revêtu d'une légère couche d'or. Les monnaies n'étant pas soumises à l'essai, il était impossible au service de la Garantie de faire une chasse efficace aux soltani faux.

Le Gouvernement général de l'Algérie voulut, en 1874, réagir contre celte émission de pièces fausses, en assimilant les fabricants de soltani à bas titre à des faux monnayeurs et en leur appliquant l'arrêté du 7 germinal an XII, d'après lequel il ne peut être frappé de médailles, de jetons ou pièces de plaisir, en or, argent ou autre métal que dans les ateliers de la Monnaie ù Paris, à moins qu'on ne soit muni d'une autorisation spéciale.

11 fui question, pour les détruire, de saisir tous les faux soltani ; mais comme l'essai de chaque pièce eût été nécessaire, on y renonça.

Aujourd'hui, la fabrication des soltani est libre. Les vrais ou les faux sont mélangés de telle façon qu'une grande habitude peut seule les faire reconnaître a la vue.

Monnaie* fourrées.

Pouls et titre

des

anciennes

monnaies

algéroises.

Cependant on avait exigé, à l'époque, comme nous l'avons dit ailleurs, que tous les sol la ni qui allaient être frappés fussent percés de deux trous pour ne pas être confondus avec les anciennes pièces. De plus, ces nouveaux sol tan i, cessant d'être considérés comme des monnaies, devaient être soumis à l'essai et a la marque, et, par conséquent, astreints à l'un des titres légaux.

Les pièces d'or ou d'argent, sous leur forme légale, servent couramment à la fabrication des bijoux ; on voit souvent des femmes arabes porter des colliers ou des bracelets faits de pièces de cinquante centimes ou de un franc en argent, de cinq ou dix francs en or. Ces pièces sont trouées pour permettre de les réunir.

Il est absolument regrettable que l'or français, si peu abondant dans la colonie, soit ainsi détourné de sa destination. L'or en numéraire est rare à ce point que Ton peut passer plusieurs années dans le Sud, sans le voir servir une seule fois aux transactions commerciales.

Lorsque de mauvaises affaires ou la pauvreté forcent les propriétaires de ces ornements à s'en défaire, ceux-ci remettent, sans nul scrupule, en circulation ces monnaies dont une partie du métal a été enlevée. Ils ont soin de faire disparaître la cavité en y coulant un peu d'étain ou de cuivre. Tant pis pour celui qui reçoit en paiement une ou plusieurs de ces pièces falsifiées !

A l'arrivée des Français, le change des monnaies indigènes avec les nôtres avait été fixé suivant leur valeur intrinsèque.

L'expérience démontra vite que la tolérance de la monnaie du dey avait été souvent exagérée. Le mot connivence vaudrait peut-être mieux.

La nécessité d'expédier du numéraire en France pour payer les importations révéla aux négociants nouvellement installés dans la colonie Terreur commise par le barème officiel.

Des réclamations étaient venues de leurs correspondants de Paris. Ils avaient dû subir des pertes sérieuses au change des monnaies qui leur avaient été expédiées d'Alger.

On prit le parti d'examiner toutes les pièces avant leur départ d'Algérie. Cette vérification permit de constater qu'un très grand nombre des anciens types monétaires n'avaient ni le poids régulier ni le titre indigène.

La piastre s'appelle en Afrique douro au canon (douro bou Mcdfa)

à cause des deux colonnes qui soutiennent l'écu espagnol et rcssem- Change blent à deux canons. Il y a cinquante ans elle valait encore dans les au d°ur° règlements algériens 5 fr. 40 de notre monnaie, mais les caisses publiques ne la recevaient que pour cinq francs.

Les juifs se mirent alors à rechercher ces pièces et à donner une petite prime à ceux qui leur en apportaient. Ils les expédiaient dans le Sud où elles étaient échangées, à raison de 5 fr. 40, contre la monnaie arabe.

Depuis, la valeur de l'argent en lingot a beaucoup baissé. Les pièces de cinq francs qui ont cours chez nous, pesant 25 grammes, ne valant pas plus de 10 centimes le gramme d'argent au 1er titre, n'ont une valeur intrinsèque que d'environ 2 fr. 50. Les conventions monétaires maintiennent donc une situation anormale qui ne saurait durer.

Toujours à l'affût des opérations sur les matières d'or et d'argent pouvant donner lieu à des opérations louches ou licites, les juifs ont profité de cet écart considérable entre la valeur vraie et la valeur vénale. Les changeurs d'Alger achètent à raison de 2 fr. 50 les écus connus sous le nom de Boukala à l'effigie, de Ferdinand II, roi de Sicile; il en existe encore un grand nombre dans le pays. Ils les expédient en sacs et les revendent 3 francs à certains orfèvres; ceux-ci, quand ils ne cherchent pas à les vendre sur les marchés, comme récemment à Chellala, s'en servent pour fabriquer leurs bijoux qu'ils revendent au poids des pièces françaises, soit un bénéfice de 50 % pour leur façon, ce qui constitue un beau résultat.

Lorsqu'un Arabe apporte à l'orfèvre des pièces de cinq francs ayant cours pour faire sous ses yeux des bijoux, celui-ci lui offre de les faire pour rien, mais à la condition de substituer aux douros « français » des douros étrangers. L'Arabe, n'ayant rien à perdre, accepte toujours cette combinaison qui lui évite des frais de fabrication, mais procure, de ce chef, au fabricant, un bénéfice à la rigueur légitime : la pièce démonétisée ou ayant cours, une fois fondue en lingot, représentant la même valeur.

En 1899, à Gardaïa, M. Paul de Cazeneuve, dans sa tournée de contrôleur de la Garantie, a constaté que l'on vendait le douro démonétisé à raison de 163 francs le kilog., payé un peu plus de 100 francs à Alger.

Passons à un trait ingénieux :

alourdit.

Cuivre On raconte qu'EI-Hadj El-Habib ben Abed Mebkhouia, caïd de la

pour or. tribu des Hammans, cercle de Mécheria, donna une forte somme à un bijoutier juif pour lui faire une paire de gros khalkhals et chargea l'un de ses serviteurs de surveiller attentivement cette opération. L'Arabe emportait l'or chaque soir et le rapportait le lendemain malin au bijoutier.

Lorsque le juif eut presque achevé son travail et n'avait plus qu'à fourbir le bijou pour lui donner plus de lustre, il fit en cachette des khalkhals en cuivre, qu'il apporta et déposa dans la cuve pleine d'eau sale destinée au refroidissement des bijoux. Le jour de la remise de la paire • J^ de khalkhals étant arrivé, le juif affecta

mH0MA de lui donner les plus grands soins : il

(Bonde d'oreiiie en 0f Ditrociin*.) plongea les bijoux d'or dans la cuve, en retira les khalkhals de cuivre, qu'il nettoya et remit à son client.

L'Arabe partit joyeux ; mais l'idée lui étant venue de montrer la paire de khalkhals à un connaisseur, il apprit avec stupéfaction qu'il avait reçu des objets de cuivre, absolument semblables extérieurement. Il requit alors un agent de la force publique pour arrêter le juif, qui fut trouvé détenteur des bijoux truqués. Il avait, paraît-il, l'habitude de ces délicates substitutions.

La balatict. Les juifs ont pratiqué aussi le vol à la balance connu ailleurs qu'en

Algérie et qui consiste à ne pas. tenir compte des petits poids mis comme appoint de déduction dans l'un des plateaux, du côté des objets. L'adroit filou compte sur une distraction de l'acheteur, au moment de l'addition des poids.

TaMa [j8 fabrication de la tassa donne lieu aux combinaisons sui-

vantes :

Pour faire cet objet, on prend un lingot. C'est ensuite sous les coups répétés du marteau qu'on relève les bords, sans le secours d'aucun autre outil qu'une arsa, tige à boule de fer.

l'n orfèvre consciencieux se borne à donner au fond une épaisseur égale à celle des parois; l'ouvrier malhonnête, désireux de réaliser un gain illicite, laisse un fond très lourd et se fait payer à raison de

0 fr. 20 ou deO fr. 25 le gramme un travail qui n'est fait qu'à moitié, et qu'une rétribution de 0 fr. 15 paierait largement.

En 1856 un vieux juif annonçait la décadence de la bijouterie. Il avait vendu à un caïd un bijou où les cabochons de corail étaient remplacés par de la cire à cacheter. Le tribunal lui ayant octroyé pour ce fait deux mois de prison, il s'écria mélancoliquement : « On ne peut plus faire de bijoux avec la loi française. »

Truc ingénieux et presque licite : un des nombreux courtiers qui vont à domicile chez les amateurs présenter un objet à la vente, un bracelet par exemple, indique un prix peu élevé pour séduire l'acheteur.

Le marché conclu, le vendeur déclare seulement alors qu'il s'agit du seul bracelet qu'il a présenté, et non des deux. C'est une manière d'ouvrir les pourparlers et d'obtenir un prix plus élevé ; autrement, l'acheteur eût repoussé le marché dès le début.

Surprise désagréable de l'acheteur qui a compté sur la paire, les bracelets de bras ou les anneaux de pieds allant toujours deux par deux, comme les boucles d'oreilles. Le vendeur est d'ailleurs tout prêt à céder l'autre pour le même prix, et l'acheteur, dont le désir est allumé, cède le plus souvent.

Il importe de signaler aussi les transformations qui ne sont pas des fraudes, mais qui changent le caractère des bijoux indigènes.

Ainsi on soude maintenant des fonds aux larges dah kabyles et on y met un couvercle. Le tout compose une boîte que l'on vend aux étrangers comme objet authentique.

Quelquefois aussi le bracelet haut de forme sert à faire une tasse. Il suffît d'y mettre un fond et d'y ajouter une anse.

Deux bzaïm dont la tige est coupée et assemblée forment une boucle de ceinture.

Avec un aspersoir, on peut faire une cafetière en y soudant une anse d'un côté, un bec de l'autre.

On prend deux khorsa très ornés. On coupe les bouts et on les réunit par un cercle d'or. On a ainsi un bracelet très élégant. Quelquefois on redresse l'arc du meqfoul pour faire une épingle de cravate à longue tige.

Les diadèmes (assaba) sont dépecés morceau par morceau. A chaque plaque est fixée une tige au crochet. On peut créer avec un assaba une douzaine d'épingles pseudo-arabes.

Cire à cacheter

Truc à la paire.

Bijoux transformés.

Cristal dt roeht kabyle.

Bijoux

atoéritn* fabriqué»

Fabrication

italienne.

Les boucles d'oreilles persanes en or à rayons émaillcs se transforment également en bzalm, en y adaptant une épingle et un crochet.

Règle générale. A chaque fois que se trouve le mol El-Ujezatr en arabe, sur une pièce de monnaie ou sur une partie quelconque d'un bijou, on peut être certain qu'il s'agit d'une création destinée aux Européens.

Les correspondants des Kabyles à Alger écoulent, comme cristal de roche, des morceaux de verre coloré qu'ils prétendent avoir trouvés sur les cimes de leurs montagnes et qui viennent d'Auvergne, où ils sont fabriqués pour la vente aux ^aigneurs de Hoyat et de la Bourboule, sous In forme de broches cl de colliers.

L'Allemagne importe des fourreaux de flissah ou de yatagans ciselés ou repoussés, d'un travail très soigné. La lame et la poignée sont envoyées à Nuremberg, où se monte le sabre.

Quelques pièces d'orfèvrerie orientale en argent se fabriquent aussi a Pforzheim, dans le grand -duché de Bade. A l'École des arts industriels ou Kunlsgeicerbererein , se trouvent une série de dessins qui peuvent servir de modèles aux ouvriers badois. Mais leur travail sent la copie, n'a ni franchise ni imprévu. S'il est plus soigné, il manque de caractère original. Cependant, vu l'exécution, il plaît davantage, par sa perfection, aux touristes inexpérimentés. Bien souvent, les hiverneurs achètent ainsi, à Alger, des objets qu'ils «»»CH- croient être les œuvres d'ouvriers indi-

(Aipenoir, modèle Italien.) , .. . ■ . .. •

gènes d un talent exceptionnel.

Les aspersoirs (mrach) dont on se sert dans les mosquées pour tancer des gouttes d'eau de senteur sur les fidèles, les jours fériés de

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Aïd-Esscghir, Aïd-El-Kébir, Achoura, El-Mouloud, passent, le plus souvent, pour Cire de provenance arabe. Ils venaient et viennent encore de France ou d'Italie. Il est aisé de s'en assurer en regardant leurs poinçons, qui sont ceux de maîlres parisiens.

Dans les grandes villes du littoral algérien, l'article bazar en Articles cuivre verni et estampé trouve un débouché facile auprès des voyageurs. Il se fabrique à Paris. Ce pseudo- mauresque coûte bon

marché et permet au marchand un gros bénéfice à la revente. A toutes les Expositions internationales et universelles, les Arabes, avec leur costume pittoresque, accourent pour débiter cette camelote parisienne qui prend, dans leur -étalage et avec leur costume, un caractère d'authenticité. Le gros public ne se doute guère que le Kabyle coiffé de son guennour et le Tunisien de sa chéchia ronge écoulent de la pacotille fabriquée au Marais. La facilité de se ravitailler au fur et à mesure de sa vente évite au marchand de faire venir des bijoux de son pays ou d'avoir à les fabriquer sur place. Sans aucun risque, quotidiennement, il gagne gros. A la dernière

de Parti.

Exposition universelle, cette contrefaçon a dû être interdite à plusieurs reprises dans la section algérienne, où, d'après les règlements, ne devaient être écoulés que des produits indigènes. Que de visiteurs ont emporté cependant, comme souvenir de notre grande colonie africaine, des bagues à large chaton, des agrafes en argent oxydé, des couteaux peints, des coupe-papier ajourés en forme de yatagan, des petits sabres ornés de fausses turquoises, des bracelets en vieil argent, des soltani surmoulés en argent doré, servant d'épingles de cravate, des broches en fer à cheval aux verroteries jaunes, rouges et bleues, qui n'entrent jamais dans rornemenlalion des bijoux sincèrement arabes.

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