‹ L'orfévrerie algérienne et tunisienneChapitre 74 sur 113 · COMMISSAIRES-PRISEURS FRANÇAIS · texte numérisé non relu

COMMISSAIRES-PRISEURS FRANÇAIS

Au début de la conquête, on manquait de bien des choses à Alger. Aussi les premières importations furent réalisées à des prix excessifs, Le capital engagé par les expéditeurs de France fut plus que doublé.

Physiologie

morale

d'Alger après

la conquête.

280 L'ORFKVnEItlE ALUÈItlENNE ET TUNISIENNE

Mais ces résultais inespérés eurent des conséquences déplorables. Le ravitaillement prit des proportions colossales. îl y eut rapidement trop de marchands et trop de marchandises. Les boutiques agrandies ne suffirent plus. La hausse des loyers se produisit, tandis que les stocks s'accumulaient.

La vente, en cITet, marchait lentement. Les anciens habitants n'avaient rien changé h leurs anciennes babil iules de consommer peu. Les nouveaux manquaient d'argent, car, il faut bien le dire, à part quelques capitalistes, les premiers colons n'appartenaient pas à l'élite de la population. Beaucoup arrivaient qui, pour des motifs Bim deiieb. divers, fuyaient la mère patrie. Partis à l'aven-

(Epingif ta or cnjooree tlire> j|s débarquaient , en quête, pour vivre, do ressources immédiates.

La place fut longtemps dépourvue de numéraire. Les fonds du Trésorier officiel, seuls, l'alimentaient.

L'agriculture n'avait encore rien rendu. L'armée économisait pour envoyer des mandats en France cl les Arabes de l'Atlas venaient à Alger peur vendre et non pour acheter. Ils emportaient dans leurs montagnes les piastres à colonnes qu'ils avaient échangées contre les pièces <lc cinq francs a l'effigie de Louis-Philippe, dont ils no voulaient pas.

Les Français n'avaient donc pas de fonds pour acheter des terres à cultiver. Aussi procédait-on par arenteinent. Chacun comptait sur les bénéfices pour payer la rente annuelle ou perpétuelle des acquisitions, comme le constatent les contrats passés devant la Chancellerie du Consulat de France, remplaçant les éludes de notaires au début de l'occupation française ; bientôt éclata une crise très difficile à conjurer, car le commerce vit de crédit et aucune banque n'était alors installée pour escompter des valeurs ou négocier des emprunts, les warrants étant encore inconnus à cette époque.

Pour l'aggraver peut-être encore, l'autorité militaire était excessive. Les généraux en chef de 1 830, comte de Itourmunt et Clauzel, et, en 1831, le baron Kertliezcne et le duc de Rovigo, se réservaient, d'après l'écrivain M. D.-J. Montagne, ancien administrateur, le droit d'expulsion immédiate. 11 fallait sans appel quitter ses affaires, vendre

la renie

publique

libre.

Contradictions den atmanaeh» el

actts officiels.

ses propriétés et reprendre séance tenante la routé de la France. Ce

droit arbitraire entraînait la nécessité de réaliser promptement son

mobilier.

Or, les ventes publiques n'étaient régies par aucun règlement,

chacun avait le droit d'ouvrir où il lui plaisait une

salle libre de vente de marchandises neuves.

Cette tolérance, du reste, s'imposait, car la situation s'aggravait. Beaucoup de maisons de commerce liquidaient, les consignations ne pouvaient s'écouler à l'amiable, un certain nombre de Fonctionnaires étaient déplacés. Il était indispensable de pouvoir vendre vile. Il est encore à croire que ces ventes à l'amiable étaient précédéeî d'emprunts et qu'elles n'étaient, bien souvent, que la réalisation de prêts faits sur gages.

Le fait ne saurait être absolument garanti, mais il

semble résulter des indications fournies pur les

almanachs de la première époque que nous avons

tetohik. p^ consulter.

■jnigogn.) " En effet, dans Y Annuaire de l'État d'Alger, publié

en 1832 par la Commission de la Société Coloniale

chez Fessât, à Marseille, el chez Finnin Didol, à Paris, dans la

2S année de cet annuaire parue chez Carillan Greury, à Paris, el dans

V Almanark algérien publié en 1838 par J.-B. Philippe, libraire, rue

de la Jénina, 40, nous trouvons, sous la rubrique : Commmaires-

priseurs :

M. Louis-François-Damas Porcellaga, propriétaire négociant, rue des Consuls. Salle de vente rue de la Marine (1). M. Molin'a, rue du 14 Juin. Salle de vente place du Gouvernement, M. Schwab, place du Gouvernement. Salle de vente au mémo endroit.

Or, le môme annuaire de 1832 indique, sous la même rubrique, mais ailleurs, les noms des commissaires-priscurs paraissant revêtus d'un titre officiel : MM. Petitjean, ancien adjudicataire du balayage, et Sarlande, ancien inspecteur de l'éclairage; el celui de l'année suivante ajoute a ces deux noms M. Millon; tandis que dans le

II) Plus lard indiqué dans les a 18W,

inrtier royal ; c

t en juillet

VENTES PUBLIQUES

recueil des Arrêtés, le 9 novembre 1830, MM. Petitjean et Sasi-ortas sont nommés commissaircs-priscurs et soumis à une patente à verser au Trésor. Leurs attributions sont réglées le 8 octobre 1832, et le G mai 1833, M. Molina remplace M. Petitjean.

Ces indications erronées des almanaclis, et en apparence contradictoires avec les actes officiels, n'ont pas été sans jeter un certain trouble dans notre esprit. Aucun vieil Algérois n'ayant pu nous éclairer à ce sujet, n'ayant pas élé assez heureux pour retrouver 'es circulaires qui, au début, dans le Moniteur, développaient les arrêtés du Itullctin officiel, nous présumons quelescommissaires-priseurs officiels étaient chargés des prisées d'inventaires et des ventes judiciaires résultant de la procédure, et que les autres commissaires-priseurs faisaient, comme courtiers, des ventes volontaires provoquées par la détresse du pays.

La profession de fripier ou de brocanteur, soit en boutique, soit sur la voie publique, fut réglementée par un arrêté du 23 avril 1835. Les objets, le prix d'achat et les noms et professions des acheteurs en devaient être inscrits sur un registre visé par le commissaire de police ,

Il leur était interdit, dans les ventes publiques faites a l'encan, d'en empêcher l'accès aux particuliers, de déprécier les objets mis en vente ou encore de s'associer pour obtenir l'adjudication desdils objets, sauf à se les partager entre eux (ce que nous appelons à Paris la révision).

Les brocanteurs stationnaires ou ambulants sur la voie publique étaient munis d'une permission de l'intendant civil, qu'ils devaient représenter à toute réquisition des agents de police, sous peine d'amende. 11 leur était interdit de faire exercer leur profession par un tiers autre que leurs femmes et leurs enfants.

Comme il est difficile d'écrire l'histoire de la corporation des commissaires-priseurs d'une manière précise aux premiers temps de la conquête, par suite de la *A"!8-

,. , , , . (Monle en cuivre ponrbMlm.l

disparition des premiers nommes, nous

avons dû consulter l'excellent ouvrage de M. de Mcnervïlle, Dictionnaire de lu Législation algérienne, dans lequel il relate, sans les

Règlement définitif

rommiiiinre*-pnMUi*,

mentionner, que quatre arrêtés sur les attributions des commissairespriseurs et la fixation de leurs droits furent abrogés par un règlement général du 23 juin 1841.

C'est a cette date certaine que nous commencerons l'histoire des ventes publiques algéroises. A cette époque, la prospérité du pays s'accentuait, les constructions s'élevaient, les défrichements et les cultures se faisaient de leur côté. Tout se régularisait.

L'arrêté fixant les attributions, les droits, les devoirs et les obligations des commissaires -priseurs était à peu près semblable à la législation qui les concerne dans la métropole. Ils pouvaient faire toutes réquisitions aux dépositaires de la force publique et dresser procès-verbal de rébellion. Ils étaient tenus de porter dans l'exercice de leurs fonctions l'habit noir complet, la ceinture noire et le chapeau à la française (1). Nous donnerons du reste de l'arrêté une courte

analvse :

Les commissaires-priseurs procèdent dans un rayon de quatre kilomètres aux enchères publiques.

Toutes les ventes doivent se faire au comptant.

Le commissaire-priseur est responsable de la réalisation immédiate des prix 11 a la police des ventes. 11 ne peut être nommé s'il n'est Français.

La cession de la charge est interdite.

Les commissaires-priseurs doivent se conformer aux lois sur les matières d'or et d'argent.

Le cautionnement est fixé à 2.000 francs pour Alger.

Droits : prisée, vacation de trois heures, 6 francs. Assistance aux référés, 6 francs.

Droits de vente, non compris les déboursés pour y parvenir et en acquitter les droits, 7 fr. ">0 par ICO francs, quel que soit le produit de la vente.

Toute contravention sera punie d'une suspension de 3 à 6 mois. En cas de récidive, la destitution est prononcée.

Création d'une bourse commune dans laquelle entrera la moitié des droits proportionnels alloués sur chaque vente.

Les fonds de la bourse commune sont affectés comme garantie spéciale au paiement du produit de la vente.

La répartition des fonds de la bourse commune sera faite tous les ans par parties égales entre tous les commissaires-priseurs.

Tout commissaire-priseur qui cessera ses fonctions sera tenu de remettre ses minutes à son successeur et, s'il n'est pas nommé, à l'office public désigné par le tribunal.

(1) Il y eut des commissaires-priseurs qui ajoutèrent l'èpée.

ventes publiques

A la suite de cet arrêté, le 17 août 1841, MM. Molixa, Schwab et Demolins, commissaires-priseurs provisoires (sic), furent nommés définitivement en la même qualité.

Plus tard, les autres commissaires-priseurs chargés du marteau furent au nombre de quatre, toujours maintenu jusqu'à ce jour :

MM. Lucien Demolins, rue Socgémah, 40 ; Auguste Dyviiande, rue do la Marine, 4 ; Claude Blasselle, rue de Tourville, 7 ; Hector Billetïe, rue Mahon, 14.

Ils restèrent longtemps en fonctions, car nous les retrouvons tous exerçant en 18i9 et en 1860.

La salle des ventes était au début place Mahon. Elle fut transférée ensuite rue Bab-Azzoun, puis rue Bruce et rue de la Liberté, où elle est actuellement. C'est aujourd'hui une grande boutique sur la rue, divisée en bureaux et magasins. La description de ce local, très banal, ne présenterait aucun intérêt.

Les recherches dans les dossiers des commissaires-priseurs, mis gracieusement à notre disposition, mais sans concours effectif, nous ont semblé une entreprise de longue haleine et d'une telle difficulté que nous avons dû y renoncer. Il ne nous est donc pas possible de donner les relevés de quelques procès-verbaux concernant les grandes venles de bijoux dans les époques lointaines.

Du reste, la corporation actuelle nous a paru prendre si peu d'intérêt à son histoire ancienne que son indifférence nous a gagné.

Nous en avons fait fréquemment l'expérience en écrivant ce livre à Alger, les archives passent peut-être trop vite à l'état de paperasses encombrante?. Faute de local, elles vont au grenier ou à la cave et deviennent ainsi la pâture des rongeurs. Pour être conservées intactes, il faudrait les grouper sous la surveillance d'un conservateur dans un vaste local bien aéré où elles seraient soigneusement classées dans des déparlements spéciaux avec un répertoire facile à consulter : officiers ministériels et administration y verseraient leurs fonds au bout d'un délai de trente ans. Chacun des groupes intéressés, chambre des avoués et des notaires, corporation des commissaires-priseurs, prendrait sa part des frais généraux. Cette participation ne constituerait qu'une charge assez faible, peut-être même une économie, et dégagerait les déposants de toute responsabilité. Un très grand nombre

Anciens commissaires-priseurs

et anciennes

salles de tente.

Archives de la corporation

ÎW

loukevueIue algérienne et tunisienne

fommùssairtsprisevn

de documents, sauvés de loule destruction, pourraient être de la sorte utilement consultés et permettraient ainsi de préciser bien des traditions altérées par le temps.

Les conimissaires-prisenrs sont actuellement :

MM. Laiioze, rued'Isly. 23;

Eugène Blarselle (villa Alexandre), village d'isly ; Paul Fochnier, boulevard de France, 4; Bombonnel, rue d'isly, 10.

Nous devons ù l'obligeance de MM. Laroze, Fournïcr, Teissonnièrc et de Perelli, de Blïda, communication de quelques procès-verbaux de ventes récentes. Elles montreront combien sont rares les bijoux indigènes intéressants qui passent maintenant sous le marteau à la salle de vente de la rue de la Liberté.

Vente du bach-atjha Bou Alem ben Chehiffa, en juin 1888.

Commandeur de la Légion d'honneur, l'agita Bou Alkm, du Djendct (Lavigerie), près de Miliana, possédait un grand nombre d'anciens et b.-aux .bijoux que ses héritiers Tirent vendre a Blida après sa mort. Nous ne citerons que les plus importants, d'après M. de Perellî :

Deux redifs en or (175 gr.). . . Fr. 435 Un assaba, roses montées sur argent. 400 Un collier de 40 sol tu ni en or contrôlé 513

Une agrafe avec ceinture 450

Une paire de bzaïm en or (3 chaînes,

3 pendeloques , 8 perles fines ,

4 roses) 675

Quatre paires de boucles d'oreilles

en or(497gr.) 1.010

Chéchia (chaînette en or, fi chatons

rubis rose, 1,294 gr.) 3G5

Bague en or avec brillants et 30 éme-

raudes 430

Trois paires redifs, or contrôlé. . . 1.000 Une meskn (cassolette ajourée) en «s*"1 or, garnie de pierres précieuses, (Venu d« Bon Alem.) perles et grenats 635

tmnr—^

Ventes publiques 287

Vente Bàcri-Foa, 30 avril 1896, par le ministère

de Me Teissonnière.

. Madame Aziza Bacri, veuve d'Alexandre Foa, était la petitc-lille de Bacri, le marchand de grains auquel le dey Hussein voulait se substituer comme créancier du gouvernement français. Elle laissa coin m 3 héritiers M""* Emile Ismalen (Rachel Bacri) et Jacob Amar (Reine Bacri).

Quelques-uns des bijoux vendus avaient le type algérois :

Une paire de mnaqeche, boucles d'oreilles garnies de

perles et de fleurettes en brillants Fr. 1.250

Plaque de cou avec trois brillants 1.950

Deux bzaïm argent et pierres précieuses 365

Un assaba (diadème) couvert de gros brillants (5.000

Vente Boidiaf Mohammed ben Henni, octobre 1898, par le ministère de Me Paul Fournier.

Ce fut une vente judiciaire à la requête d'un créancier, contre le cadi de Msila :

Deux pendants d'oreilles (ounaïs de Biskra) en or, pesant

100 gr . . . Fr. 256

Deux autres en or, ornés de houles de corail et de

cubes émaillés en couleur, dans des filigranes d'or, pesant

107 gr 1%

Deux autres pendants d'oreilles avec perle, 43 gr. . . . 96

Une paire de boucles d'oreilles (m'eharef), 43 gr 96

Une paire de boucles d'oreilles ornées d'émeraudes et de

rubis, pesant 63 gr 132

Deux bracelets (assaouer) avec un rang d'ornements

hémisphériques, pesant 93 gr 256

Deux anneaux de pieds, creux (khalkhal menfoukh) en

or, pesant 192 gr 358

Un diadème (assaba) en argent et roses, pesant 187 gr. . 465 Deux épingles (bzaïm) en argent et roses, pesant 33 gr. . 160 Une cassolette (meska) or, argent, rubis et émeraudes,

pesant 102 gr 228

Deux broches (bzaïm) en or repercé, pesant 50 gr. . . . 145

288 l'orfevhekie algérienne et tunisienne

Un diadème (assaba) avec rubis et émeraudes, 272 gr. . Fr. 560

Deux pendants d'oreilles dils Tekalcl à Msila, Nab de Tounès ailleurs, or, argent, rubis, émeraudes, hassek, corail,

perles baroques, pesant 125 gr 300

Un bracelet (meqias) très large avec des feuilles de palmier

comme ornements, pesant 146 gr 330

Un bracelet à peu près identique en or, 149 gr. ..... . 335

Vente David àhougaya et David Zekmati, 0 juin 1899,

par le ministère de Me Laroze.

Cette vente impartante fut faite pour la liquidation des intérêts entre deux

associes de Sétif : Aboiv.aya cl Zkiimati. Elle eut lieu à l'Hôtel des Ventes

d'Alger. 11 serait trop long d'énumérer les nombreux bijoux indigènes qui s'y

trouvaient. Nous avons relevé seulement ceux dépassant cent francs et reproduisons textuellement les noms, poids et prix inscrits au procès-verbal, atin que les lecteurs puissent juger du prix moyen des bijoux courants :

Quatre anneaux de pieds, or, pesant 77 gr Fr. 182

Deux anneaux de pieds, or (125 gr.) 298

Deux redifs en or (107 gr.) . 242

Deux boucles d'oreilles, or (G2 gr.) 152

Deux boucles d'oreilles, or (72 gr.) 178

Deux bracelets à jour, or bas titre (70 gr.) 132

Deux bracelets à baleine, en or (54 gr.) 118

Deux boucles d'oreilles, perles fines et or 100

Deux bracelets massifs, en or (07 gr.) 222

Deux anneaux de pieds (244 gr.). 545

Deux anneaux de pieds, alliage or et argent (70 gr.). ... 118

Deux bracelets à jour, en or (105 gr.) 242

Deux bracelets à jour, en or (08 gr.) 146

Deux bracelets à jour, or bas titre (169 gr.) 252

Deux bracelets, or, roses et perles (110 gr.) 230

Deux bracelets, or un peu bas titre (149 gr.) 330

Deux bracelets, or bas titre (114 gr.) 228

Un couvre-tète (sarma), or à 22 carats (72 gr.) 237

Une paire de boucles, or (66 gr.) 158

Deux boucles, or bas titre (101 gr.). . ' 180

Deux boucles, or, pierre et perles (93 gr.). , 280

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VENTES PUDLUJl'ES 289

Deux boucles, cr et argent avec pierres,. 24 gr. . . . Fr. 106

Deux m'charef (pendants d'oreilles) or, 47 gr 112

Deux m'charef, alliage or et argent, 62 gr 114

Deux boucles d'oreilles, or, 68 gr 124

Deux boucles d'oreilles, or bas titre, 93 gr 172

Trois broches-étoiles (medouars), or, 75 gr 160

Deux bzaïm (broches), argent, émeraudes, rubis, chaîne et

médaillon, 173 gr 365

Un lot asseks (boulons), 57 gr 100

La pièce la plus rare de la vente était une selle arabe en velours

brodé d'argent fin, avec sa garniture en argent, qui fut adjugée à

MM. Dorez frères, 400 francs.

L'ensemble des enchères produisit 9,614 francs.

Vente Sun Laribi.

Ce chef indigène, dont le fils est actuellement cadi d? Relizane, province d'Oran, avait de très beaux bijoux en or, bzaïm, boucles d'oreilles et un service à café enrichi d'émeraudes.

Ces différents objets précieux dont le détail nous manqu? produisirent 30,000 francs.

Vente Vve Morali, le 16 novembre 1S99, par le ministère

de M* Paul Foui nier.

Les bijoux de la veuve Morali, d'Auinalc, ne présentaient pas un vif intérêt. Aucun n'avait de valeur importante, mais cette vente peut servir de type. Elle représente celles qui se font ordinairement à l'Hôtel des Ventes d'Alger. A signaler quelques vêtements juifs brodés d'or :

Une bague or et argent avec trois roses, 2 gr. bas titre. Fr. 6 50

Un flacon à parfum, 37 gr., en argent 13 »

Une tabatière argent, 37 gr 3 50

Une bague or, 3 gr 7 50

Une bague or avec brillants 47 »

Une bague or bas titre et argent, trois roses, 4 gr. . . 10 »

Une bague avec rubis et brillants 94 »

Un aspersoir argent doré 75 »

Deux bracelets arabes or, 62 gr 132 »

Deux soltani or, 46 gr 90 »

Deux bracelets argent et or avec roses 104 »

290 ^ORFEVRERIE ALGERIENNE ET TUNISIENNE

Deux redaïf or, 77 gr Fr. 178 »

Deux pendants or avec roses, 10 gr 134 »

Un sautoir or (selsela), 44 gr 138 »

Huit bracelets arabes or, 54 gr 12G »

Un collier or, 32 gr 75 »

Deux supports de tasses indigènes (zerf) 9 »

Un bracelet arabe or bas titre, 8 gr 15 »

Un caftan brodé d'or 28 »

Un caftan brodé d'or. 18 »

Un caftan brodé d'or 27 »

Trois robes juives brochées avec broderies d'or. ... 45 50

Deux foulards, trois mouchoirs 14 50

Vente Aboulker, le 6 avril 4900, par le ministère de Mc Paul Fow nier.

Toute petite vente sans importance.

Collier de huit rangées de perles et 53 perles détachées. 380 »

Paire de bracelets (meqaïs) en argent doré avec roses. . 105 »

Deux pendants d'oreilles avec roses 230 »

Un bracelet or avec perles et cinq brillants 320 »

On voit par ces relevés, pris .parmi les ventes les plus importantes de ces dernières années, combien sont rares les beaux bijoux indigènes vendus par l'intermédiaire des Français. Les cadis et les déliais ont le monopole de ces opérations, mais il ne passe entre leurs mains que des bijoux le plus souvent vulgaires, dont la nomen- 0 clature sèche et aride ne vaudrait pas le temps nécessaire pour faire des relevés sérieux dans leurs archives.

Litk A Jourdan. Alger

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