‹ L'orfévrerie algérienne et tunisienneChapitre 94 sur 113 · X. Brim mehabbeb. — Bague avec grains en or (6 gr · texte numérisé non relu

X. Brim mehabbeb. — Bague avec grains en or (6 gr

Y. Mekahla. — Flacon, généralement en argent, pour contenir le kheul. En or elle peut peser 50 gr. et en argent 100 gr.

Z. Khatem el-Badiya. — Bague des Bédouins, en argent. Au lieu d'une pierre, elle porte une petite botte avec couvercle pour contenir de l'odeur.

1. Mounkhas. — Sert à retenir le halk ou la melhafa. Ce bijou, en argent, n'est employé que par les nomades.

Fabricants

ou

bijoutiers

actuellement

à Tlemcen.

Voici le nom des bijoutiers, presque tous israélites, actuellement en exercice dans les rues des Orfèvres et de Mascara :

Hue des Orfèvres.

Moïse Ben Ichou; marque Ml, exerce depuis 40 ans, doyen de la corporation.

Jacob Charbit. Il est, dit-on, d'une grande habileté comme émailleur ; poinçon JCh.

Mimoun ben Shamoun; MBS.

Messaoud ben Kemoun ; MBK.

Moïse ben Hammou ; MH.

Liaou Dray ; LD.

Mardochée Zermati ; ZM.

Yaya Farouz; Y F.

Ghali Vidal; G V.

Raoutsi ben Kalfate; RBK.

liue de Mascara.

Judas Cohen; JC, séparés par un as de pique.

Abraham ben Hamou ; ABH.

Mimoun ben Ichou ; MB.

Jacob Darmon; JD.

Mardochée Ganancia ; MG.

Menahem Darmon ; MD.

Les plus anciens orfèvres dont il a été possible de recueillir le nom, et dont plusieurs ont dû travailler avant l'arrivée des Français, sont les suivants :

Abraham Ganancia.

Nessim Ganancia.

Jacob Sayag.

Jqdas ben Seboun.

Nathan Seboun.

El-Ghali Charbit.

El-Ghali Sayag.

Moïse Ganancia.

Fredja Ganancia.

Tous aujourd'hui disparus

PROVINCE D ORAN

A citer surtout Mohammed Ould el-Bachir ben Kalfate, neveu de l'ancien aminé, armurier très habile, établi dans la rue Ximénès, à qui s'adressa M. Albert Ballu, inspecteur général des Beaux -Arts, pour faire la réparation des ornements de cuivre de la porte de la mosquée de r0isç0N Bou-Médine et reconstituer la mosaïque de l'arcade ■>«"*"«**■*«>

1 BKN KALFATK.

de l'entrée. Il a également restauré les minarets des mosquées de Sidi-Lhassem et de Sidi-bou-Médine, ainsi que la mosaïque de la médersa de Bou-Médine. C'est probablement un koulougli. Bien qu'il soit surtout armurier et serrurier, Ben Kalfate entreprend personnellement, à l'occasion, des travaux d'orfèvrerie et il les exécute avec une adresse incroyable. Ses pommes de canne ciselées eg argent sont renommées à Tlemcen ; il ciselle et émaille l'or. 11 s'est fait faire un poinçon spécial que nous reproduisons.

Le costume des femmes musulmanes de Tlemcen ne ressemble guère à celui des femmes d'Alger. Elles portent une chemise en soie stfns manches (albaga) ; par-dessus cette . chemise elles en mettent une autre en toile très fine, à manches de soie (kamidja) brodées d'or et garnies de galons dorés ; puis un corsage (fremla) sur lequel elles jettent un caftan de drap couvert de broderies et à manches courtes. Une ceinture dorée (hazam), faisant deux fois le tour de la taille sert à fixer et à dissimuler les plis du foutah, pièce de soie brochée, de couleur éclatante qui descend jusqu'à mi-jambe. Pour sortir elles s'enveloppent dans le haïk, grande pièce de laine blanche qui les couvre entièrement, et qu'elles drapent de façon à dissimuler leur visage, ne laissant plus voir qu'un seul œil.

Le costume des femmes juives diffère de celui des Mauresques ; sur la chemise elles portent le fremla, gilet de velours à manches. Par-dessus, elles revêtent le caftan brodé d'or, sans manches, auquel elles adaptent de larges manches faites d'une gaze transparente qui voile à moitié les bras. Elles emprisonnent leurs cheveux sous le m'harma, foulard tissé d'or.

Jadis, les juives portaient la sarmah, mais cette coiffure est maintenant abandonnée. Elle n'a, du reste, jamais été adoptée par les femmes arabes, qui se coiffaient autrefois du tadj, espèce de cône droit posé debout sur la tête, à la façon des bonnets du clergé, au xvme siècle. Il était ajouré en or, en argent ou en argent doré.

Pour les juifs, le truquage est inhérent au métier de bijoutier.

Mohammed

ben

Kalfate.

Costume

des

Musulmanes.

Juives

de Tlemcen.

Fraude»

On raconte que Ben Kalfate, dernier aminé, ayant remarqué deux bracelets qui lui paraissaient fortement mélangés de cuivre, en fit l'observation au fabricant qui lui répondit qu'il se trompait, lui pariant une forte somme qu'il lui en donnerait la preuve. Un pari de cinquante douros ayant été tenu, et l'argent déposé entre les mains d'un tiers, le bijoutier dit que, pour avoir un titrage sérieux, il fallait fondre le bijou. Il le jeta donc dans le creuset de l'essayeur, et, en même temps, afin de relever le titre de l'alliage, il s'arrangea pour y glisser une grenaille d'argent pur ayant l'aspect d'un morceau de charbon. Cette fraude ayant été découverte, le bijoutier perdit et son pari et la valeur du lingot qui lui fut confisqué.

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