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Fig. 52 à 59. — Passes siicrcssivos (riinc cuilliT faliriqiK'c à la macliiuc
rêté ; puis on les soumettait à l'action du ])uissant appareil, qui achevait de leur donner leur forme, cambrait les manches, arrondissait les dents ou le cuilleron, et hnalement imprimait les filets ou tels autres ornements dont on jugeait à propos de les décorer. En sorte que cuillers et fourchettes sortant du balancier n'avaient plus besoin que d'êti-e légèrement réparées, finies et brunies; ce qui constituait déjà, comme temps et comme dépense, une économie très sensible.
INIais une fois en si bonne voie, on ne devait point s'arrêter. Des hommes particulièrement ingénieux, parmi lesquels il faut citer Jalabert, Kru})p, J.-N. Ferry, et surtout
Allard et Levallois, ont progressiveiueul amené celte fabrication à un ])oint de simplicité et de i)erfection qu'on n'aurait même pas soupçt)nné au commencement de ce siècle. Aujourd'hui, ce; n'est plus seulement pai' l'estampage au balancier, mais encore par une sorte de laminage préalable que l'on arrive à jjroduire, avec une rapidité sans précétlent, des couverts qu'on peut presque qualilier de i)arfaits. Pour cela, on j)réj)are des plaques d'argent, dont l'épaisseur varie naturellement suivant la force et la nature des
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Fig. GO à CG. — Passes successives d'une fourchetle fabriquée à la marhine.
couverts. Quand lo. modèle est uni, le flan n'a pas Ijesoin d'être beaucoup plus épais que le couvert lui-même. Si, au contraire, le modèle porte des rinceaux, cartouches ou lilets, on i)roportionn(! son épaisseur au i-elief cpie (hiivent former ces oi-nemenls. On lamine les ])Ia([ues pour leur donner une régularité et une homogénéité aussi coni- |)lètes que possible. Puis l'orfèvre les débite en bandes de largeur convenable, de façon cpi'on puisse découper dans ces bandes, et avec le moins de perte })ossible, les flans d'une série de fourchettes ou de cuillers disposées tètebêche (voir iig. 52 à GG). Une fois ces flans obtenus, on les met en contact avec une machine extrêmement ingénieuse.
formée de deux blocs semi-circulaires qui oscillent sur deux axes et exécutent ainsi un mouvement constant de va-etvient. Chacun de ces fragments de cylindre est armé d'une matrice. Le flan saisi par l'appareil est soumis à une pression considérable, qui étire le métal, lui impose sa forme et imprime des deux côtés les reliefs , filets ou ornements dont on juge à propos de le décorer. Cette opération très curieuse semble, à la description, d'une grande simplicité. En réalité, elle est très délicate et ne peut s'exécuter qu'à l'aide d'appai^eils construits avec une précision irréprochable. En outre, elle ne s'achève pas en une fois. Le flan doit passer par plusieurs épreuves successives, — en moyenne cinq. — Chacune des matrices avec lesquelles il est mis en contact présente un creux différent, et c'est seulement l)ar l'effort progressif de ces passages successifs que l'ouvrage est amené à son point de perfection. Celte première opération terminée, il ne reste plus qu'à cambrer les manches, à courber les dents des fourchettes et à bouteroUer les cuillerons. Ces dernières façons s'exécutent au balancier.
On comprend qu'un procédé aussi ingénieux permette d'obtenir à très bon compte des pièces d'une uniformité l)resque absolue. Une fois l'appareil construit, on i)eut, en effet, sans autre dépense que les frais de gravure des matrices, arriver à donner aux flans les décorations les plus variées. Mais ces machines coûtent extrêmement cher, comme frais de premier établissement, et leur bon fonctionnement nécessite une mise en train considéi'able. Il n'est donc possible d'en faire usage que pour les modèles en quelque sorte classiques, et qui se fabriquent par quantités.
Nous avons dit, dans notre j)récédent chapitre, que le mouton servait également à estamper des pièces portant des reliefs plus ou moins com|)liqués. Nous venons d'ajouter, en parlant du balancier, que ce nouvel appareil rendait
dos services analogues à l'orfèvre. Il nous faul constater, avant de terminer, (ju'avce le I)alancier, aussi bien du reste qu'avec le mouton, restani[)age ne doit pas comporter des reliefs trop profonds ou des cavités trop fouillées. Pour que l'opération réussisse, il est indispensable que, dans l'un comme dans l'autre cas, la pièce soit de dcpouillc, <-'est-à-dire que les saillies dont le mouton ou le balancier porte l'empreinte , ajirès être entrées dans les creux du moule, en sortent librement. Il est facile de comprendre, en effet, que le moule, s'il présentait des cavités latérales, retiendrait le métal, et qu'on ne ])ourrait jjIus dégager ni l'appareil ni la plaque. Le même inconvénient se prockiirait si l'on voulait endioutir une forme plus évasée à la base cju'au sonnnet. On ne peut donc exécuter à l'aide du mouton ou du balancier que des pièces peu fouillées et ci*eusées verticalement. Pour obtenir mécaniquement des vases à o-oulot ou des ornements formant des cavités latérales, il faut recourir à d'autres ap})areils. Dans ce cas, on fait généralement usao-e du tour et des iiiaiidvins brises.
I>"ig. 07. — Coiivi ri (lu idi Louis XIV, (l\ii)irs un dessin ilii Iriiips, ciiiiscrvi' an (;al)iii<'l des l'Slainprs.