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Le cauclolabre diius son diagraïuuie

de posséder toujours l'aplomb et la stabilité indispensables. Rien nest plus ridicule, cependant, que ces flambeaux étriqués dont la tige effilée et sans consistance est surmontée dune énorme bougie. Rien n'est plus désagréable et plus, difficile à saisir qu'un chandelier dont le corps amaigri à l'excès vacille et se dérobe dans la main. Rien n'est plus alarmant qu'une lumière reposant sur une base trop étroite et menaçant, au moindre choc, de se l'enverser et d'incendier l'appartement. Combien de modèles, néanmoins, offrent ces inconvénients regrettables !

Pour remédier à ces défectuosités, il importe que le diamètre du chandelier dans la partie haute de la tige — celle qu'on saisit généralement — mesure au moins 30 à 40 millimètres. En outre, pour qu'il ne glisse pas dans la main, il convient que la tige soit plus large à son sommet qu'à la base, ou qu'elle forme en son milieu une sorte de pommeau qui puisse être solidement tenu. Quant à la hauteur ])roportionnellement à la largeur du pied, elle doit varier suivant l'emploi auquel notre ustensile est plus spécialement destiné. Doit-il servir à des usages journaliers et reml)lir le rôle de bougeoir : dans ce cas, il importe surtout qu'il soit difficile à renverser. On le construira donc trapu, et on lui donnera comme élévation le diamètre de sa base (voir lig. 87). Est-il appelé à être manié avec plus de discrétion, à servir de flambeau de toilette, à prendre place sur un petit meuble, table, console, guéridon : on lui accordera plus de hauteur, et il pourra mesurer un diamètre et demi (fig. 88). Enfin, s'il doit rester à demeure sur un gros meuble ou sur une cheminée, on pourra aller jusqu'à deux diamètres (fig. 89). Mais c'est là un maximum qui, en aucun cas, ne saurait être déj)assé. Pierre Germain, auquel nous devons toute une série de flambeaux, considérés avec raison comme des modèles classiques, atteint rarement ces dernières proportions, et jamais il ne les excède. Dans la plul)arl d'entre eux, le diamètre du pied étant égal à 12, la

hauteur totale se maintient entre 21 ou 22. Ajoutons que lorsqu'on accoi'de à un chandelier deux diamètres de hauteur, il convient, pour bien accentuer le caractère fixe de sa destination, d'en revêtir la tige, dans toute sa longueur, <rornements en relief. Cette jn-odigalité de décoration in-

Fiff. 87

Fis. 88.

dique, en effet, que notre ustensile n'a pas été construit pour être continuellement manié. Dans les deux autres cas, il importe, au contraire, de laisser une place libre et unie au milieu de la tige, pour qu'on puisse saisir celle-ci et porter le flambeau aussi longtemps qu'il est nécessaire, sans risquer de se froisser la main.

DE LA DECORATION DES PIECES D ORFEVRERIE, ET DE QUEL- QUES RÈGLES A OBSERVER DANS LORNEMENTATIOX DE CES OUVRAGES.

Après nous être occupés des formes qui conviennent le mieux aux pièces dorfèvrerie, nous allons dire quelques mots de leur décoration. Cette décoration peut, dans certaines circonstances, résulter de la forme même donnée à lobjet. Les contours dun vase, dune coupe, sont parfoi.s si élégants, si gracieux, que tout ornement qui ne se confond pas avec eux risque den troubler I harmonie. Dans ce cas, il n'est besoin cjue de profils un peu riches, de moulures bien choisies et suffisamment variées, agrémentées, si l'on désire, d'une perle, d'une feuille d'eau, dune olive, pour que l'ouvrage semble à la fois complet et assez orné. Dans les pièces fondues notamment, l'oi'nementation sort de la chape en même temps que le corps principal, et n'a plus besoin que d'être reprise ])ar le ciseleur, ])our acquérir la finesse et l'accent qui achèvent de lui donner sa valeur. Dans d'autres cas, au contraire, et surtout quand il s'agit de pièces façonnées au marteau, l'ornemenlalion se trouve surajoutée, soit par l'adjonction de morceaux raj)portés, soit par les reliefs d'un repoussé délicat, qu'on reprend ensuite au ciselet. Elle ])eut encore être obtenue par des façons accessoires, par la gravure, le rongé à l'eauforte, le martelage, très apprécié depuis 1878, le guillochage, un peu passé de mode, les nielles, raj)plication des émaux, l'incrustation, etc.

Ces derniers genres toutefois — les nielles, l'incrustation et l'émail — ne sont cjue ti'ès exceptionnellement employés dans l'ornementation des pièces d'orfèvrerie pure.

et surtout d'orfèvrerie de service. Les chaudes colorations de lémail s'associent mal au ton pâle et glacé de l'argent, dont elles accentuent la froideur. En outre, les pâtes colorées, toujours fragiles et délicates , supporteraient difficilement les immersions dans l'eau bouillante, et le fourbissage continuel auquel sont soumises les pièces d'un usage journalier. Des motifs analogues font réserver les incrustations et les nielles pour les ouvrages exclusivement destinés à la décoration. Il en est de même pour le rongé à l'eau-forte, l'oxydation artificielle et la production de ce qu'on appelle le « vieil argent* ».

Une des principales qualités qui font recherclier notre métal étant sa pro})riété de s'oxyder difficilement, il est clair que les préparations ayant pour but de le priver de cette qualité, ne peuvent avoir d'excuse que dans un besoin de varier son aspect, et de le revêtir dune patine qui exclue toute idée de service continuel. Quant au guillochage et aux jeux de fond, obtenus à l'aide de fleurons gravés, disposés en quinconce, ils ne sont guère employés que pour les ouvrages ordinaires, et dans lesquels les préoccupations d'art jouent un rôle assez effacé.

Ces différents procédés de décoration peuvent s'appliquer au fondu aussi bien qu'au repoussé. Toutefois chacune de ces façons, suivant qu'on traite du massif ou du creux, exige non seulement l'emploi d'outils et de tours de main spéciaux, mais comporte encore (qu'on nous permette ce mot) une esthétique particulière. Si la })ièce qu'on exécute est ornée de parties en ronde bosse et, à plus forte raison, si elle est tout entière sortie de la fonte, comme cela arrive, par exemple, i)Our les chandeliers, candélabres.

1. L'oxydation do l'arg'ont s'obtient soit en soumettant ce métal à rinfliicnce de vapeurs .sullureuses, soit en le faisant haig'iier dans une dissolution de barèg-es. Une IV)is qu'on a atteint le degré d'oxydation souhaité, on revient avce de la jionco en jxiudi'e et un peu d'eau sur les dessus, (pie l'on fra|)p<! avec une brosse on un pinceau ferme.

cadres de miroirs, etc., les reliefs que présente le métal doivent toujours être vigoureusement accentués. Il faut, en effet, que la netteté des profils rachète ce que le métal a de monotone et de froid dans sa monochromie; que la masse se colore des ombres produites par la puissance des saillies; et pour cela que le modelé soit franc, accusé avec précision, mais sans présenter cependant des trous qui se traduiraient par des points noirs d'un asi)ect toujours désagréable.

S'agit-il, au contraire, d'un bas relief exécuté au repoussé, d'un de ces beaux vases entièrement décorés à la recingle et au ciselet, comme ceux de l'illustre Vechte , alors la décoration doit être à peine saillante. Comme elle est non plus superposée à l'objet, mais tirée de la matière même dont il est façonné, il importe qu'elle montre une sorte de subordination à l'endroit du galbe de la pièce; quelle accompagne doucement celui-ci, et ne cherche en aucun cas à détourner l'attention de la forme générale. Même lorsqu'elle se modèle en un relief généreux, elle doit toujours laisser deviner son origine, son point de naissance, et se rattacher clairement au fond auquel elle a été empruntée.

Dans la conception et l'exécution de ces deux sortes d'ornementation, sensiblement différentes, l'orfèvre ne se fait point faute de mettre à contribution le fond inépuisable que lui fournit l'observation de la nature. Personnages de tout état, quadrupèdes vivants ou morts, poissons, gibier, fruits, fleurs, légumes, plantes, rochers, coquillages, tout lui est bon pour décorer ses blanches surfaces, et pour animer leurs monochromes contours. Mais les emprunts que l'orfèvre fait à la nature doivent se manifester bien plus sous la forme d'une agréable interprétation que sous celle dune imitation rigoureuse. Le but que l'artiste poursuit n'est pas, ne peut pas être, en effet, de produire une illusion. Il ne saurait, en aucun cas, avoir la prétention de

Fij;. ill). — Ai^iiirrc en iu'uciit cxc'ciilc',' \>nr M. Im-hiii iil-Mcni'ii-,.. Exi'lliplr (lu Ir.iv.iil (lilIiTciil i]iir (•(iinporlriil la niiKlr hossr cl le i-rimiissi'.

nous faire prendre les jolies figurines qu'il assied au bord de ses surtouts, pour des dieux ou des déesses véritables, ni de nous faire ci'oire que les légumes ou les fruits qui servent d'anses ou de boutons à ses légumiers et à ses soupières appartiennent vraiment au règne végétal. Les points de comparaison sont trop voisins pour que la moindre illusion soit possible.

Sous la Restauration, cependant, à l'époque dite romantique, on eut la singulière idée de remplacer cette convention aimable, qui permit aux orfèvres du xvii*^ et du xviii^ siècle de réaliser tant de cbefs-dœuvre', par une imitation stricte et une recherche rigoureuse des effets naturels. On alla même si loin dans cette voie que nombre d'accessoires, les coquilles des crabes, des écrevisses, des poissons, etc., furent moulés directement sur le vif, et que certains matoirs traditionnels à faire les cheveux, certains outils à frapper les yeux, les ongles, etc., furent réformés comme étant rococo-. Aujourd'hui, on est revenu de ces erreurs volontaires, et tout en s'inspirant de la nature, tout en se conformant à ses enseignements, nos orfèvres ont soin de conserver à leur interprétation un caractère suffisamment conventionnel.

C'est cette convention, au demeurant, qui rend accej)lable dans les ouvrages de grande orfèvrerie l'introduction de ligures humaines traitées en ronde l)osse, — introduction contre laquelle certains critiques, et notamment M. Charles Blanc ^, ont protesté avec j)lus de vivacité peut-être que de

1. Les oi'fèvres du xvn'' et du .xviir siècle ne se faisaient point faute de surmonter leurs vases de trophées de g'ibier ou de poissons, mêlés de fruits et de légumes, où les proportions des objets n'étaient point très respectées. Ces dérogations fantaisistes leur ont été reprochées très à tort. Elles produisaient, en effet, des motifs charmants. On possède toute une suite de compositions de ce genre, dessinées par Meissonnier, qui pourraient encore servir de modèles.

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