‹ L'orfèvrerieChapitre 22 sur 40 · Jean Garnier. Manuel du ciseleur, p · texte numérisé non relu

Jean Garnier. Manuel du ciseleur, p

'i. GituiuiKure des arts decoia.'/fs, p. 2'J2 et suiv.

raison. — La figure humaine demande assurément à n'être point prodiguée dans les pièces d'orfèvrerie. Elle ne doit intervenir dans leur composition qu'avec une grande discrétion. Elle exige, en outre, d'être traitée avec une supériorité indiscutable ; mais la meilleure jireuve qu'elle ne présente aucun des inconvénients majeurs qu'on se plaît à

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Fig. 91. — S;ilioro ;\i)orsi)nuagcs oxt'CuU'c piir WS\. Fanuifrc.

signaler, c'est qu'on peut citer telle salière exécutée de nos jours par MM. Fannière frères (fig. 91) ou encore la belle aiguière ciselée par M. Jules Brateau, ainsi que le surtout <\(^ii Quatre parties du inonde exposé en 1889 par la maison Christofle', où elle tient sa place avec un rare bonheur. Nous irons même plus loin; nous ajouterons que c'est à cette introduction dans ses créations les plus magistrales, de la figure humaine traitée en ronde bosse, que l'orfèvrerie doit de pouvoir être considérée comme un art j)lastique

1. Celte belle ])ièce, composée ])ar M. .M:illrt, est ornée île figures chiinnaiitcs, luodelécs par .M.M. Miilliuriii .Moreaii et Lai'raiiee.

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d'un ordre particulièrement élevé ; mais toujours ù cette condition expresse de ne point oublier qu'en aucun cas la décoration ne doit détourner l'attention de la chose décorée, et qu'elle a pour mission, non ))as de reléguer celle-ci au second plan, mais au contraire de la faire valoir ^

Ce c{ue nous disons de la figure humaine s'applicjue, au surplus, aux plantes, aux fleurs, aux fruits, aux animaux, c'est-à-dire à tous les autres motifs de décoration auxquels l'orfèvre recourt journellement. 11 doit, quand il les fait intervenir, leur conserver leur qualité d'ornement, c'est-àdire les approprier au caractère et à la forme de l'objet qu'il décore, et proportionner leur importance et leur taille à celles de ce même objet, de façon à ne pas l'écraser, à ne pas le surcharger inutilement, mais à garder à sa silhouette toute l'élégance dont elle est susceptible.

L'ornementation, en outre, doit, comme la forme ellemême, obéir à certaines considérations d'utilité. Il lui faut se soumettre aux exigences qui découlent de l'usage. Admettons qu'il s'agisse, par exemple, d'un vase d'une certaine capacité. Généralement ces sortes de récipients sont gratifiés de deux anses qui servent à les mouvoir. Ces anses bien comprises peuvent devenir d'élégants motifs d'ornementation; mais encore faut-il qu'elles soient disposées de façon à permettre de manœuvrer facilement le vase, en lui conservant son a[)lomb, et qu'elles pi'ésentent des places unies par où elles soient bien saisissables. Si, au lieu de deux anses, notre pièce n'en comporte qu'une et que remplie elle pèse assez lourd, — comme cela ai'rive pour les pots à eau par exemple, — dans ce cas, il est essentiel que le. décorateur ménage sur la panse une place libre où l'on puisse appuyer la main gauche alors que l'on soulève l'anse de la main di'oite. Enfin, si la ])ièce est dépourvue d'anses, comme un flacon ou un cornet, ou si elle

1. Voir notre volume traitant de la Décoration, prop. XIY, XIX et XX.

est massive et développée en hauteur comme un flambeau, un candélabre, etc., il est encore indispensable qu'elle offre , un peu au-dessus de son centre de gravité , un espace lisse qu'on puisse tenir assez longtemps sans se frois. ser lépiderme (voir p. 84 et 85).

Ces exigences toutes spéciales varient naturellement suivant la forme de la pièce, et aussi suivant le genre de services que cette pièce est appelée à rendre. A chaque création nouvelle, elles fournissent matière à d'intéressants et curieux problèmes que l'orfèvre est tenu de résoudre, s'il veut que l'ouvrage exécuté sous sa direction ait non seulement un aspect vraiment décoratif, mais réponde encore à l'objet pour lequel il a été conçu et fabriqué.

Fig. 92. — Modc'h; de vase dossiiii' p;ir Serlio.

l'achèvement des pièces D orfèvrerie. LA REPRISE

AU OISELET. LA RECINGLE. LE GUILLOCHAGE.

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