LE POLISSAGE ET LE BRUNISSAGE. LE POLI GRAS
C'est au ciselet que s'achève la décoration des ouvrages soignés, surtout de ceux qui ont été directement confectionnés au marteau. C'est aussi au ciselet que s'exécutent ces beaux oi'nements repoussés qui sont l'honneur de l'orfèvrerie. Lorsque la pièce a reçu sa forme, le ciseleur applique sur les parties à décorer un papier où se trouve préalablement dessiné le motif qu'il se ])ropose de repro- <luire. A l'aide d'une pointe qui traverse le papier, il pique le métal et décalque ainsi son dessin. Puis, en se servant <lu tracoir et du marteau, il reprend ce décalque et transforme en un sillon continu les lignes de petites égratignures produites par sa jjointe. Le tracoir, qui jamais ne doit être tranchant, refoule le métal, de sorte que le dessin devient lisible des deux côtés de la plaque, étant figuré en creux à l'endroit et à l'envers en relief. Ce double trait permet au ciseleur de conduire son travail des deux côtés.
Appliquant l'endroit de la plaque de métal sur un boulet ou sur un blot garni de ciment', notre artiste commence par attaquer l'ouvrage par derrière, refoulant à l'aide de bouterolles de tailles vai'iées le métal dans toutes les places où il doit présenter des saillies, décollant sa plaque chaque fois qu'il souhaite de contrôler la marche du travail, reprenant, corrigeant à l'endroit les fautes légères qu'il a pu commettre en frapjiant le métal à l'envers, accentuant même ses saillies en ])renant certains de ses reliefs de par-