Voir chapitre lY, p. 23 et suiv
dessus, c'est-à-dire enfonçant les parties qui doivent former les creux, et enlîn donnant une chaude lorsque,- sous l'action du marteau, les molécules se sont resserrées et ont pris une dureté trop résistante. Puis, une fois que les reliefs ont été obtenus juste dans les pro|)ortions qu'il souhaitait, le ciseleur retourne définitivement sa plaque, en fixe l'envers sur le ciment du boulet et achève, à l'aide de ses nombreux ciselets, de donner à l'endroit de l'ouvrage non seulement les finesses du modelé, mais ces mats, ces chaires, ces pointillés, ce grenu, en un mot cette variété d'aspect qui, nous l'avons dit, est le triom})he de cet art précieux et sa raison d'être.
Ce travail de repoussé et de ciselé se j)résente — en apparence au moins — d'une façon assez simple quand l'artiste prétend décorer une surface ])lane. Lorsque celle-ci est recourbée, le problème est déjà plus compliqué. Mais c'est surtout lorsqu'il s'agit d'une pièce fermée par un goulot, que l'opération devient tout à fait délicate. Nous avons expliqué })lus haut que pour ce genre d'ouvrages on avait recours à un outil spécial appelé rec'mgle. L'invention de cet a})j)areil n'est point très ancienne. Elle paraît ne pas remonter beaucoup au delà des premières années du xvi*^ siècle, et c'est en France que la recingle semble avoir été utilisée tout d'abord. « En analysant les travaux que l'on affirme être authentiques des Florentins, écrit un auteur dont la compétence n'est pas contestée^, il reste bien acquis qu'ils ne connaissaient pas la resslng. Leurs vases, ceux que j'ai vus, et qui sont du xvi^ siècle, sont faits d'une façon qui le prouve suffisamment. » Les corps de ces vases, en effet, sont établis en plusieurs morceaux qui s'emboîtent les uns dans les autres et qui ont été réunis, une fois la ciselure achevée, à l'aide d'un filet ou rozve formant une moulure circulaire. Encore la plu[)art des reliefs qui les ornent