‹ L'orfèvrerieChapitre 27 sur 40 · ll. wv · texte numérisé non relu

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il était pratiqué non seulement en Egypte, mais même en Arabie chez les peuples pasteurs. On se souvient que c'est avec un présent d'orfèvrerie qu'Eliézer aborda Rébecca et captiva sa bienveillance.

Chez les Grecs comme chez les Hébreux, les plus anciens monuments de la littérature attestent le haut degré de perfection auquel, dès les temps préhistoriques, la mise en œuvre de l'or et de l'argent était parvenue. Homère consacre la meilleure partie du XVHP chant de V Iliade à célébrer l'ornementation compliquée du bouclier d'Achille, et la description encore plus détaillée qu'Hésiode trace de l'armure d'Hercule, embrasse un poème ])resque entier. Même en tenant compte de la jjart c{ui revient, dans ces longs récits, à l'imagination du poète, on en peut conclure que les Grecs étaient déjà familiarisés avec les ouvrages d'orfèvrerie les plus complexes. Les admirables découvertes de l'érudition moderne sont venues, depuis peu, démontrer la relative exactitude de ces descriptions dithyrambiques.

Enfin, les inscriptions cunéiformes de l'Assyrie dont nos savants ont les premiers pénétré le mystérieux langage, en constatant officiellement l'étonnante richesse des monarques de ce pays, en énumérant notamment la surprenante quantité de meubles et de bijoux cjue le roi Sargon rapporta comme butin de ses nombreuses conquêtes, nous dévoilent assez que le travail des métaux précieux avait atteint chez les peuples orientaux un développement considérable. II ne faut donc pas s'étonner qu'après les guerres médiques, les artistes grecs aient pu entreprendre et mener à bien la confection de ces énormes ouvrages en or et en argent que décrivent les histoi'iens, et dont la prodigieuse richesse n'a pas cessé d'être j)Our nous un sujet d'admiration et de surprise.

Il appartenait, au surplus, au génie de cette admirable nation de porter l'orfèvrerie à un point de perfection qui n'a guère été dépassé depuis. A Rome, où la passion de

l'argenterie fut encore plus développée qu'à Athènes ; à Rouie où Ton vit, au dire de Plutarque, des palais entiers

Fig. 101. — Gnind cratc^re aiiticiiic en argent pci^xissé cl oiscUi

provonaiit du trésrir de Hildcsliciiu [//ciiiicpuUs]

(ro produit uu galvaiKiplaslic; par la maison Clirisloflc).

(iniquciiKMit garnis de meubles d'argent cl d'or, les personnages les |)lus illustres et liiérareliicpu-nient les plus élev(-s non seulenieul niellaient un gi-aud auiour-propi'e à la |)ossession de vases eu un-lal prt'-cieux, mais encore allacliaieul

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une sorte de gloire à faire servir sur leurs tables des coupes, des œnochoés, des ])atères de vieille orfèvrerie, dont on attribuait la paternité aux grands artistes de l'ancienne Grèce.

C'est ainsi que Caligula se vantait de boire journellement dans la coupe dont Alexandre le Grand avait fait usage. Pline parle de vases que les amateurs de son temps achetaient jusqu'à cinq et six mille sesterces' la livre; et ]Martial se plaint d'être obligé, au cours des longs repas, d'entendre ressasser la généalogie de coupes et de bassins dont on fait remonter l'origine au temps de Nestor et d'Achille. Un certain nombre de pièces qui nous ont été conservées de la belle époque romaine démontrent, au reste, que l'admiration des anciens pour leur orfèvrerie était largement justifiée.

La superbe palère en or trouvée au commencement de ce siècle à Rennes-; les soixante objets, vases, disques, tasses, spatules, ustensiles de tous genres, groupes et statuettes, qui furent mis au jour, il y a une cinquantaine d'années, auprès de Bernay; le grand et précieux disque péché dans le Rhône il y a près de deux siècles et connu sous le nom de bouclier de Sciploii, tous ces superbes ol)jets, pieusement conservés au Cabinet des médailles, viennent, avec la magnifique réunion de pièces de décoration et de service découvertes, il y a environ vingt ans, auprès d'Hildesheim (Hanovre) , avec les nombreux monuments composant le trésor de Notre-Dame d'Alençon (Eure-et- Loir), que l'on peut voir au Louvre dans la Salle des bijoux, et avec quantité d'autres ouvrages qui sont l'ornement des musées européens, attester rinconq)araljle perfection à laquelle l'orfèvrerie romaine était parvenue aux premiers temps de l'Empire.

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