Ibid., tome YII, p
comte (le Flandre et le duc de Bretagne en apprenant qu'un modeste seigneur comme Pierre de Bournesel, envoyé de Charles V en Ecosse, était « estoffé de vaisselle d'or et d'argent, courant ]iar la salle, aussi largement que si fut un petit duc ». Enfin, pour ne ])as multi})lier ces citations, nous nous ])ornerons à ra|q)eler que l'auteur des Mémoires du maréchal de Boucicault indique comme une marque de l'étonnante modestie de son héros, qu'à son dîner, toujours « brief et en ])ublic », il n'était, malgré son rang, « servy en argent ny or » .
Ainsi que nous venons de le dire, par une singulière contradiction, c'est à partir de la découverte de l'Amérique et de l'importation constante et régulière en Europe de quantités d'or considérables, que l'emjjloi de ce métal commença de se faire de plus en plus rare. Au xvi*^ siècle, les princes de la dynastie des Valois, au lieu d'une profusion de vases de toutes sortes et de tout volume, comme ceux que montraient leurs prédécesseurs, n'eurent plus en or que quelques pièces destinées à leur usage personnel. Au siècle suivant, Louis XIV, en ses plus beaux jours, fut le dernier de nos rois qui possédât un service de table en or. Encore la vaisselle de ce prince magnifique n'aurait-elle jm supporter aucune comparaison avec celle de Charles V. On sait qu'en 168!) et 1700 toute l'orfèvrerie royale prit le chemin de la Monnaie. A partir de cette époque, l'or disparut des tables françaises, et même de celle du roi. Louis XV essaya bien de se reconslituer un certain nombre d'assiettes avec Ips jetons que la Ville de Paris lui ofirait chaque année pour ses étrennes* ; mais en 1759 il lui fallut, à son tour, envoyer sa vaisselle à la refonte, et depuis lors, à l'exception de quelques objets de petites dimensions, cuillers, sucriers, elc, les orfèvres cessèrent à i)eu jirès com|)lètement d'eml)loyer ])()ur leurs ouvrages le « roi des métaux ». Celui-ci,