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cielles, venaient se joindre celles qu’il obtenait de la générosité des Chambres de commerce ou d'industriels sur lesquels il élait en état d’exercer une pression par des moyens divers. Aussi, les municipalités alléchées par de larges subventions, voyaient-elles d'un œil favorable son intrusion (1).
I en était de même, du reste, des maîtres, pour lesquels le passage de l’Instruction publique au Commerce présentait le plus souvent des avantages personnels. Quand ils dépendaient du Ministère de l’Instruction publique, ils étaient placés à un degré assez inférieur de la hiérarchie pédagogique ; à ce point de vue, il semblait que leur situation relative dûts’élever lorsqu'ils dépendraient du Commerce; ce qui était plus appréciable encore, c’est l’augmentation dont bénéficiait leur traitement ; enfin, l’'Administration de l’Instruction publique les soumettait à une réglementation minutieuse, à une surveillance, ainsi qu’à des inspections multiples, qui ne laissaient pas que de les gêner, tandis que le régime nouveau leur assurait plus d'indépendance.
Par une contradiction assez difficile à expliquer, ou plutôt qui s’explique par la nature du texte voté par le Parlement, alors que des écoles à caractère douteux élaient rattachées au Ministère du Com-
(1) Cf., E. Lintilhac, Sénat, rapport du budget de lInstruction publique, Exercice 1906, parties consacrées à l’enseignement primaire supérieur et annexes.
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merce, d’autres, qui étaient devenues très nettement industrielles, continuaient à dépendre de l’Instruction publique. Nous voulons parler des Ecoles nationales professionnelles établies par application de la loi du 41 décembre 1880.
En exécution de cette loi, un décret, du 9 juillet 1881, avait créé à Vierzon une école, préparatoire à l'apprentissage, qui portait le nom : « d’Ecole natio- « nale d'enseignement primaire supérieur et d’ensei- « gnement professionnel ».
Une commission d’études fut nommée pour régler les détails d'organisation. Cette commission avait M. Tolain comme Président, et M. Jacquemart comme rapporteur. Le rapport, déposé par ce dernier, concluait à la nécessité de créer « dans les principaux « centres industriels, et pour chaque branche d’in- « dustrie, des écoles professionnelles » ; il proposait un vaste plan d'organisation comprenant l’ensemble de l'instruction de l'enfant, et confondant, de l’entrée à la sortie, l'instruction générale et l'instruction professionnelle. A la base était l’école maternelle, recevantlesenfants de 3 à7 ans, dont on faisait l'éducation des sens à l’aide de la méthode Fræbel ; de là, l'enfant passait à l’école primaireoù l’on procédaità l'éducation de sa main ; enfin, à l’école primaire supérieure,on lui apprenait le modelage et le travail du fer et du bois. Aux trois degrés, bien entendu, l’enseignement général était donné suivant les programmes habituels. A
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cestroissections devait s’en adjoindreune quatrième, qui ne fut pas organisée à Vierzon, celle des maîtres adjoints, sorte d’école normale où l’on formerait le personnel enseignant de l’enseignement technique. L'ensemble de ces diverses organisations constituait le groupe scolaire.
D'autres écoles de la même nature furent fondées, notamment à Armentières et à Voiron... C’étaient toutes des écoles-types, destinées à servir de modèles pour les institutions du même genre qui pourraient être créées par les départements, les communes ou les initiatives privées (1).
Le plan était séduisant, et, spécialement en ce qui touche à la question que nous étudions, il présentait un intérêt considérable, car il montrait, à la fois le développement de l'instruction professionnelle parallèlement à l’instruction générale et la fusion logique de ces deux enseignements, confondus sous la direction unique du Ministère de l’Instruction publique.
Sa réalisation se heurta à des difficultés d'ordre pratique. S'il est possible de concevoir, dans une ville de moyenne importance, une seule école professionnelle, où les enfants peuvent se rendre seuls, et dont la situation locale est dès lors à peu près in-
(1) Paquier, L'Enseignement professionnel en France, p. 69, 137 et s. — Cf., décret, 9 juillet 1881, art. 1%.
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différente, il en est autrement pour l’école primaire et surtout pour l’école maternelle, que les familles désirent naturellement avoir à leur portée. Aussi, les groupes scolaires se disloquèrent-ils par le transfert de ces deux éléments ; les écoles nationales ne conservèrent qu'un caractère professionnel, et la loi de finances du 13 avril 1900 les transféra au Ministère du Commerce.
Le Ministère de l’Instruction publique conservait encore les écoles municipales professionnelles de la Ville de Paris, dont Gréard avait doté la capitale ; il ne les garda pas’longtemps et une loi du 27 septembre 1900 les rattachait à son rival. Cependant, le directeur del’ Enseignement primaire de la Seine continuait d'exercer sur elles une certaine autorité, qui s’explique très logiquement par ce fait, qu’elles ont été créées et sont entretenues, pour la plus grande partie, par la ville de Paris, et que, dès Lors, il est naturel de maintenir à l’administration municipale ou préfectorale un certain droit de contrôle.
La dépossession du Ministère de l’Instruction publique se trouvait donc ainsi accomplie. En le constatant, 1l faut noter également, que c’est lui qui a organisé en France l’enseignement professionnel et que, pendant longtemps, personne n'a imaginé que cet enseignement put être séparé de l’enseignement proprement dit et être confié à un autre Minis-
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Que si, maintenant, on veut rechercher les causes de cette dépossession, on les trouve, moins dans des considérations d'ordre théorique que dans les circonstances de fait auxquelles nous avons fait allusion, et aussi, il faut bien le dire, dans les fautes commises. L'administration de l’Instruction publique a trop souvent, dans ses écoles professionnelles, fait prédominer l’enseignement général sur l'enseignement technique, et le phénomène que nous avons constaté à l'Ecole de Cluny, école normale destinée à former les maîtres de l’enseignement spécial et professionnel et finissant par préparer des bacheliers, est une manifestation significative de cet esprit.
Celui-ci, d’ailleurs, a aujourd’hui entièrement disparu, et, dans les écoles primaires supérieures qui lui restent (1), la Direction de l’Enseignement primaire organise, suivant des méthodes qui, pour être pédagogiques et rationnelles, n’en sont pas moins pratiques, un enseignement manuel ou commercial. Est-ce à dire que ces efforts doivent se retourner contre elle et, qu’une fois qu’elle aura conduit ses établissements à un point complet de développement, ceux-ci lui seront enlevés par son concurrent ? C’est Le secret de l’avenir.
(1) Ces écoles sont de plusen plus nombreuses et prospères ; ains
de 1900 à 1910 leur nombre est passé de 291 à 423 et celui de leurs élèves de 31.581 à 52.537.