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rieures, faire preuve d'initiative et de bonne volonté en y introduisant l’enseignement technique, pour, lorsque l’œuvre s’est développée, la confisquer au profit d’un autre Ministère ?
Un tel argument, à la vérité, aurait peut-être quelque valeur, si les deux Ministères en conflit pouvaient être assimilés à deux entreprises privées. Mais il n’en est rien, et si, en effet, ils sont concurrents, c’est à la condition d'employer ce dernier mot dans son sens étymologique, en voulant dire qu'ils concourent au même but. S'ils disputent entre eux, ce ne peut être dans une pensée d'intérêt ou d’animosité, mais uniquement parce que chacun estime avoir, à propos de cet enseignement spécial, une compétence administrative particulière et pouvoir, à ce titre, rendre plus de services au travail national.
n’y a donc rien d’anormal à ce qu’ils collaborent ensemble, l’un en fondant des écoles, en tâtant en quelque sorte le terrain, sauf à passer l'établissement fondé à l’autre lorsque cet établissement apris un caractère professionnel et que, dès lors, l'intérêt général exige qu'il soit soumis à une autre autorité.
Nous avons ainsi exposé, avec une entière impartialité, la thèse du Ministère du Commerce ; nous avons résumé les arguments invoqués par ses partisans et nous y avons même, ajouté ceux qui nous
paraissaient de nature à la soutenir, en nous réservant de donner ultérieurement notre opinion, quand nous aurons mis, sous les yeux du lecteur, tous les éléments du litige.
Avant de terminer cet exposé, il est utile de remarquer que si le litige s’est, jusqu’à ce jour, pratiquement restreint aux écoles primaires supérieures, et aux établissements similaires, il est susceptible de prendre, dans l’avenir, une ampleur beaucoup plus considérable, lorsque l'apprentissage sera réorganisé, si, comme nous l’avons fait entrevoir dans les pages qui précèdent, on doit renoncer à l'apprentissage à l’atelier et lui substituer, pour la grande majorité des enfants, l'apprentissage à l’école. Il ne s’agira plus, alors, seulement des « sous-officiers » de l’armée industrielle, mais de cette armée elle-même.
Aux écoles techniques actuelles, il faudra ajouter des cours de demi-temps et même le préapprentissage à l’école primaire. Quelle sera l’attitude du Ministère du Commerce à l'égard de ces deux institutions ?
En ce qui concerne la première, il ne saurait y avoir de difficulté, et il les revendiquera certainement, puisque l’enseignement qui y sera donné sera en grande partie professionnel, l’enseignement général n'y devant tenir que la moindre place.
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Mais qu’adviendra-t-il pour l’organisation du préapprentissage ? id
A l’occasion de différents Congrès, et spécialement du Congrès tenu à Roubaix en octobre 1911 (1), les personnalités compétentes et presque tous les représentants des groupements professionnels ont demandé, que l’obligation scolaire fût prolongée pendant une ou deux années, lesquelles seraient plus particulièrement consacrées à un commencement d’enseignement professionnel.
Dès lors, ne va-t-il pas arriver pour les écoles primaires élémentaires, ce qui s’est passé pour les écoles primaires supérieures ? |
Pratiquement, il y aura des écoles où l’enseignement général conservera une part prépondérante, l’enseignement manuel n’ayant là qu’un caractère accessoire ; pour d’autres, au contraire, la situation sera renversée. Dans les centres ouvriers, par exemple, les parents préféreront que l'enfant consacre plus de temps à manier le marteau et le rabot, à recevoir quelques notions de dessin industriel, qu’à étudier l’histoire ou la littérature. Les municipalités, s'inspirant de ce désir et des nécessités locales, agiront dans ce sens ; les groupements professionnels interviendront, prêteront leur concours et essaie-
(1) Congrès national de l'apprentissage. — Cf. notamment le rapport général sur les travaux du Congrès, par M. Jannettaz.
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ront de faire prévaloir leur influence ; de telle sorte qu'il pourra arriver que certaines écoles primaires deviendront de véritables écoles ‘d'apprentissage.
Renouvellera-t-on, à leur égard, le raisonnement que l'on a fait pour les écoles primaires supérieures, et ce raisonnement aboutira-{-il aux mêmes conséquences pratiques ? S’ilen était ainsi, le Ministère du Commerce se substituerait pour la très grosse majorité des enfants, au Ministère de l’Instruction publique et celui-ci verrait son rôle réduit à la préparation des professions libérales.
Nous nous gardons de dire que l’onira jusque-là, ou même que l’on songera à y aller ; mais il était intéressant de poser cette question, ne füt-ce que pour montrer l'importance actuelle, et surtout future, du problème que nous nous proposons de résoudre dans ce travail.