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cesser absolument d'être tributaire de son rival. Evidemment non, et, au moins, dans ses écoles supérieures, confiera-t-il les chaires les plus importantes à des savants appartenant ou ayant appartenu aux cadres universitaires. Or, il y a des inconvénients à ce que des maîtres professent ainsi dans des établissements de deux catégories différentes, et, en un certain sens opposées, car, par la force même des choses,
ils seront amenés à subordonner un enseignement à l’autre.
D'autre part, iln’est pas moins fâcheux qu'un corps enseignant comprenne des maîtres d'origines différentes, susceptibles de se dédaigner les uns les autres et de compromettre ainsi une homogénéité qui est nécessaire à In fécoudité de l’enseignement.
Ce qui conduit à cette conclusion que le Ministère de l'Instruction publique est seul apte à réaliser l'enseignement professionnel comme, au surplus, les autres formes d'enseignement.
L'expérience, du reste, ne le prouve-t-elle pas surabondamment? Sans doute on peut, à propos de quelques points de détail, ou de certains établissements particuliers, critiquer la façon dont il a dans le passé dirigé l’enseignement professionnel, et lui reprocher d’avoir subordonné parfois ce dernier à l'enseignement général (1); mais il ne faut pas ou-
(1)P.Baudin, L'Ecole et le goût du Métier, Le journal, 5 octob, 1907. Steeg, Chambre des députés, Rapport du budget de l'Instruc-
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blier que c’est cependant lui qui, le premier, l'a organisé en France.
C’est lui qui a fondé ces Ecoles nationales qui méritent d’être présentées comme des modèles. C’est ous son inspiration, que se sont développées et sont prospéré les remarquables écoles techniques de la Ville de Paris, et si un très grand nombre d'écoles primaires supérieures ont pu prendre un caractère tellement technique que le Ministère rival les a revendiquées, n'est-ce pas à ses efforts et à 864 intelligentes initiatives qu'on le doit?
Les établissements fondés par le Ministère du Commerce sont, en effet, les moins nombreux, et celui-ci n’a fait, le plus souvent, que rattacher à lui des écoles qui étaient déjà en plein fonctionnement ; leur prospérité est moins son œuvre que celle de leur fondateur (1), et c’est le temps seul qui pourra
tion publique, Exercice, 1908, p.10. —R. Leblanc, L'Enseignement professionnel en France au début du XX® siècle : « Par suite d’habi- « tudes invétérées dans l’Université, on ne voulut rien sacrifier de « l’enseignement général à l’enseignement technique; celui-ci fut «toujours considéré comme peu important et relégué, en consé- « quence, parmi les matières accessoires des programmes. Le « personnel chargé de le donner fut classé à part, dans la caté- « gorie des maîtres auxiliaires, c’est-à-dire de ceux qui ne subis- « sent aucune retenue pour pension de retraite ».
(1) Martel, Bulletin de l'Enseignement primaire supérieur, 1906 : « En effet, lorsque les écoles primaires supérieures et eu particu- « lier les écoles nationales professionnelles ont changé d’adminis- « tration, elles n’ont pas subi de modifications dans leurs pro-
nous dire, si son action et son intervention ont été utiles ou malfaisantes.
Les partisans du Ministère de l’Instruction publique n'hésitent pas à affirmer qu’elle sera nuisible et, prenant à leur tour l'offensive, ils critiquent et raillent l'esprit étroit qui, sous sa direction, ne manquera pas de dominer l’enseignement professionnel. On veut tout ramener à la pratique ; qu’entendon par là et comment atteindra-t-on ce but? Voici un exemple significatit qui répond à cette question, et est cité par M. Frixon qui l’emprunte à un rapport adressé à un préfet par un inspecteur de l’enseignement technique : « Voici comment on doit opérer : « fils d’ouvrier, sais-tu ce que c’est qu’un ouvrier, ce « que c’est que cette machine? d’où elle vient? com- « ment elle fonctionné ? Fils de tisseur, futur tisseur,
-« grammes ni dans leur recrutement, et, surtout, elles ont con- « servé le même personnel enseignant.
« Est-ce que le baptême du Ministère du Commerce a une telle « vertu, qu'en changeant de nom ce personnel ait conquis toutes « les qualités pédagogiques qu'il n'aurait pas possédées auparavant ? « Est-ce que, par hasard, le personnel resté au Ministère de l'Ins- « truction publique ne se trouverait pas aussi compétent, aussi « bien préparé, aussi dévoué à sa tâche que le personnel passé à la « direction de l’enseignement technique ? Dois-je le dire ? Il est un « certain nombre d’esprits, qui se piquent d’impartialité et qui « osent prétendre que si les écoles techniques ont continué à pros- « pérer après avoir quitté l’Université, c’est qu’elles ont conservé «le même personnel et que ce personnel n'a rien perdu de son « ancien esprit et de sa valeur pédagogique. Pour bien enseigner « quoi que ce soit, il faut d’abord être bon professeur. »
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« qu'est-ce qu’un tissu ? Roubaisien, qu'est-ce que « Roubaix ?.. Quel chemin prendrais-tu pour aller « trouver les clients de ton père ?... » (1).
Cette méthode utilitaire présente, sans doute, l’avantage de frapper fortement l'esprit de l'enfant, mais on ne saurait méconnaître qu’elle offre l’inconvénient de retrécir son intelligence et de ramener l'enseignement à un particularisme étroit (2).
Elle soulève, en effet, les mêmes objections que l’on oppose à l'apprentissage, quand on le compare à l’enseignement professionnel. Le premier, avonsnous dit, a l'inconvénient de réduire l’instruction de l'enfant à la connaissance d’un certain nombre d'opérations ou de manipulations, qu'il répète par imitation et par routine, sans en comprendre les causes et sans que son intelligence travaille. Aussi qu'arrive-t-il, c’est que, dès qu'il change de tâche ou d'atelier, ce qu’il a appris ne lui sert de rien et son apprentissage est à recommencer. Le même inconvénient ne se produira-t-il pas, si l’enseignement technique est donné en vue d’une profession déterminée dans un endroit déterminé ?
L’apprenti, fils de tisseur roubaisien, auquel on n'aura appris de mécanique qu’en vue du tissage, de géographie qu’en prenant Roubaix comme centre
(1) Rapport au préfet du Nord, 1907, p. 229.
(2) Frixon, « Instruction publique ou Commerce »; Bulletin de Saint-Cloud, novembre 1907, p. 49.