UN MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE
Dans le chapitre qui précède, nous avons exposé la thèse du Ministère de l’Instruction publique, en nous plaçant uniquement au point de vue de la théorie, et en nous dégageant de touté préoccupation d'application. Mais, il importe de remarquer queé, dans le domaine de la pratique, ainsi que sous la : plume ou dans les discours des différents auteurs, qui se sont occupés de cette question, ce système prend des aspects très divers et d’un caractère plus ou moins absolu.
Tandis qu'en effet, le Ministère du Commerce, fier, sans doute, de ses récents triomphes, revendique énergiquement le monopole de l’enseignement professionnel, les défenseurs du Ministère de FInstruction publique se montrent, en général, moins intransigeants et beaucoup d’entre eux se contenteraient de combinaisons transactionnelles.
À vrai dire, la compétence exclusive de l’Univer-
En) Des
sité, en matière d'enseignement professionnel, comme, du reste, à propos des divers enseignements spéciaux, ne nous paraît affirmée avec énergie, que dans le système généralement désigné sous le nom de « Ministère de l'Education Nationale » (1).
Nous n’avons pas à étudier ce système dans son ensemble, mais nous ne pouvons nous empêcher d’avouer qu’il est à première vue séduisant et se présente avec une magnifiqueampleur ; d’autre part, et en ce qui nous concerne, il fournit une solution élégante et surtout radicale au problème du rattachement de l'Enseignement professionnel.
Cette conception est relativement ancienne. On pourrait, avec un peu de bonne volonté, la faire remonter à la période révolutionnaire. Nombre d’orateurs et d'écrivains, en effet, surtout à l’époque de la Convention, ont parlé de l’organisation de l'Education nationale (2); mais il serait téméraire d’affirmer
(1) M. Massé, dans le Rapport fait à la Chambre des députés sur le Budget de l’Instruction publique pour l'Ex. 1905, formule une conception assez voisine de celle qui fait l’objet de ce chapitre, mais sans employer l'expression de « Ministère de l'Education nationale » : « C’est, dit-il, de ce Département [l’Instr. publ.] « que doivent dépendre tous les établissements d’enseignement « qu’il y à en France, et le Ministère du Commerce n’a nulle qua- « lité pour en revendiquer une partie. la direction de l'enseigne- « ment professionnel et technique a sa place marquée à côté des « trois autres directions, de l’enseignement primaire, secondaire et
« supérieur ».
(2) Cf., entre autres : Discours et projet de Décret sur « J’'Educa-