‹ L'Organisation centrale de L'Enseignement professionnel: La Question du rattachementChapitre 38 sur 50 · DA EE · texte numérisé non relu

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sonnel intermédiaire entre les ouvriers proprement dits etle patronat, mais qui se HIDE plutôt de celui-ci que de ceux-là.

Dans ces conditions, on peut, dans une cerlaine mesure, s'expliquer que le Ministère du Travail se soit désintéressé d’une institution qui ne s’adressait pas directement à l’ensemble des travailleurs qu'il a plus particulièrement mission de protéger.

Seulement, cette siluation est appelée à changer. Sans revenir sur ce que nous avons déjà dit plus haut, il apparaît à tous les esprits prévoyants que, pour sauvegarder la production française, il faut que l’enseignement technique soit donné, non plus seulement à quelques privilégiés, mais, à très peu de réserves près, à tous les travailleurs.

On ne pourra. donc plus se contenter des écoles actuelles, dont, ni le caractère, ni le but, ni le nombre ne correspondent aux besoins nouveaux.

S'il est, en effet, utile de former, dans des établissements spéciaux, les ouvriers du meuble, du livre, de l'horlogerie, de la mécanique, etc., et des diverses industries d’art appliqué, il n’est pas moins nécessaire de préparer, à l’aide de l'instruction technique, à défaut d'apprentissage, des forgerons, des ajusteurs, des menuisiers, des plombiers, etc.

Dans ces conditions, il ne suffira plus dé quelques écoles installées dans des villes importantes ou des centres industriels, mais il faudra faire pénétrer dans

les moindres bourgades cet enseignement. Il ne suffira plus d’instruire quelques enfants ; on devra s'occuper de la masse même des travailleurs.

Alors le danger, que nous signalions tout à l’heure, apparaîtrait, et il y aurait lieu de se demander, s’il est possible de laisser au Ministère du Commerce, qui, par la nature même des choses, est et doit être le Ministère des patrons, le soin de former, non seulement l'esprit et la main, mais encore la conscience de la presque totalité de la classe ouvrière.

À ce moment, il sera possible que le Ministère du Travail, soit amené à réclamer un droit d’intervention pour luiet pour les collectivités ouvrières qui se rattachent à lui,

C'est pour cela, et parce que, si la question n’est pas encore posée, il est possible qu’elle se pose, que nous avons cru devoir préventivement l'examiner. Quelle solution faudrait-il donc lui donner ?

La réponse peut se résumer en quelques lignes. Le Ministère du Travail est aussi compétent que le Ministère du Commerce pour assumer la direction de l'Enseignement professionnel. Mais, si l’on suppose une compétition s’élevant sur ce point entre lui et le Ministère de l’'Instruction publique, le conflit se présenterait à peu près dans les mêmes conditions qu'entre l’Instruction publique et le Commerce, et l’on pourrait, de part et d’autré, invoquer les mêmes arguments: d’un côté, on alléguerait la

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