‹ L'Organisation centrale de L'Enseignement professionnel: La Question du rattachementChapitre 39 sur 50 · ROMEO · texte numérisé non relu

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nécessité, pour donner n’importe quel enseignement, de posséder l'esprit, la méthode et la compétence pédagogiques ; de l’autre, la logique ou prétendue logique qui veut que, dans la formation de ouvrier, la pratique l'emporte sur la théorie.

Cependant, il est intéressant de remarquer, qu’il y aurait ici moins de divergence dans les méthodes. Nous savons que ce qui caractérise la méthode du Ministère du Commerce, c’est la spécialisation à outrance, tandis que l’Université est portée davantage vers la généralisation. Or, nous avons fait observer un peu plus haut que, si la spécialisation à outrance peut être avantageuse aux patrons, elle est nuisible à l’ouvrier, et nous avons ajouté que, si le Ministère du Travail avait la direction de l’enseignement professionnel, il serait amené logiquement à donner cet enseignement dans des conditions telles que le travailleur ne fût point le prisonnier d’un métier, mais qu'il fût préparé à passer facilement d’un établissement et d’un endroit dans un autre établissement ou un autre endroit, — ce qui revient à donner la préférence à un enseignement assez général.

Il y aurait donc, en quelque sorte, coïncidence entre les directions du Ministère du Travail et celles du Ministère de l’Instruction publique. De telle sorte que, si un conflit surgissait entre ces deux départements ministériels, il serait, théoriquement au moins, assez facile à solutionner. D'autre part, et

pour les mêmes raisons, il est permis de conclure que, dans la lutte entre le Commerce et l'Université, le Ministère du Travail devrait logiquement prendre parti pour celle-ci.

S'il a été créé, en effet, c’est pour que la protechon des travailleurs ne soit pas confiée à l’autorité qui représente les intérêts de ceux contre qui ses protégés ont précisément besoin d’être défendus ; et il y aurait contradiction, après avoir enlevé au Ministère du Commerce la direction des institutions de protection, à lui laisser celle de l’enseignement professionnel qui, par son caractère et ses conséquences, se rattache d’assez près aux premières.

Il ne faut pas oublier que les considérations qui précèdent ne se rattachent qu’à une hypothèse ; il est donc inutile d’insister davantage à leur sujet, sauf à y revenir plus loin s’il y a lieu.

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