‹ L'Organisation centrale de L'Enseignement professionnel: La Question du rattachementChapitre 41 sur 50 · SABRE · texte numérisé non relu

SABRE

celles-ci, le temps qu’on lui consacrait était beaucoup trop court; d’autre part, un grand nombre d'écoles primaires élémentaires étaient dépourvues de champs d'expériences. Ce sont là des lacunes, regrettables sans doute, mais qui pourraient être comblées sans peine et le plus souvent à peu de frais.

De la sorte, on peut constater que le partage de l’enseignement professionnel entre le Ministère de l’Agriculture et celui de l’Instruction publique semble satisfaire toutes les parties intéressées. Le premier garde sous sa direction des établissements qui, bien qu’étant, à vrai dire, des maisons d’enseignement, ont pour but, non pas de faire directement l'éducation culturale des futurs ouvriers des champs, mais plutôt d'assurer d’une façon générale les progrès de l’agriculture. Il reste donc entièrement dans son rôle et n’empiète pas, à vrai dire, sur la compétence de l’autre Département ministériel, qui conserve la plénitude de son action pédagogique sur les enfants.

On peut tirer de la situation de l’enseignement agricole un argument en faveur de la thèse de l’Université. Celle-cine montre-t-elle pas, én la circonstance, qu’elle est apte à donner une éducation professionnelle pratique. Si on a pu organiser l’enseignement technique agricole dans les écoles primaires supérieures, sans que personne songeäl, de

ce fait, à les faire passer sous la direction du Ministère de l'Agriculture, ne peut-on pas logiquement soutenir que la situation est la même, quand il s’agit de l’enseignement technique industriel ou commercial? Si le maître peut enseigner comment on greffe un arbre ou quels engrais conviennent à telle ou telle terre et de quelle façon il faut les préparer, pourquoi n’apprendrait-il pas également à ses élèves de quelle manière il faut s’y prendre pour réaliser telle ou telle opération industrielle ?

Sans doute, on peut répondre qu’il n’y a pas analogie entre les deux hypothèses. L'industrie agricole est, en effet, une industrie simple et une ; si elle comprend des opérations diverses, le nombre de ces opérations n’est pas illimité et, en tout cas, elles se présentent toujours de la même manière dans une même région ; aussi est-il possible d'admettre, que le maître qui donne l’enseignement général puisse, à l’école normale, être suffisamment préparé à donner l’enseignement professionnel agricole.

La situation est évidemment tout autre, quand il s’agit de l’enseignement technique industriel ou commercial. Le nombre des métiers qui se rattachent à cet enseignementest, même pour une région donnée, considérable et, d’autre part, chacun de ces métiers exige des manipulations nombreuses et se trouve beaucoup plus difficile à apprendre et à enseigner que la profession agricole. On ne peut donc songer

à charger les maîtres de l’enseignement général de cette tache formidable.

Cela est évidemment exact, et il ne saurait être question de faire donner par le même professeur l’enseignement général et l’enseignement technique industriel ou commercial ; mais l'exemple n’en reste pas moins probant, au moins dans une certaine mesure. ÏI montre, en effet, que la compétence de l’Université ne se restreint pas à l'ensemble de ces notions théoriques qui constituent l’enseignement général, et qu’elle peut aussi embrasser sans inconvénient et même avec avantage un enseignement pratique.

Il nous montre surtout comment le Département ministériel, qui a la direction de l’école élémentaire, peut, facilement, y organiser un enseignement préparatoire, qui sera heureusement et logiquement complété à l’école primaire supérieure ; et, par argument a contrario, met en lumière les inconvénients qui doivent nécessairement se produire, lorsque les premiers de ces établissements et ceux qui en sont le complément logique, sont répartis entre deux autorités différentes et rivales.

Enfin, on peut tirer cette conclusion, que les choses s’arrangent harmonieusement lorsque, de part et d’autre, on apporte une égale bonne volonté et qu’on ne se laisse pas entraîner par des rivalités adminis-

tratives.

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