‹ L'Organisation centrale de L'Enseignement professionnel: La Question du rattachementChapitre 5 sur 50 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Avant de pénétrer plus avant dans cette étude, il nous paraît utile et logique de définir l'Enseignement Professionnel et d’en déterminer les caractères ; c’est ce que nous allons tenter defaire,en prenant soin,bien entendu, de ne retenir de cet examen que les idées qui peuvent être uliles au but que nous poursuivons.

Pris dans son sens le plus large, l'Enseignement Professionnel est celui qui a pour rôle de préparer l'individu à l’exercice d’une profession déterminée, sans qu'il y ait lieu de distinguer entre les métiers manuels et les professions libérales ou artistiques.

Il se distingue de l’enseignement proprement dit à tous les degrés en ceci, que ce dernier poursuit un but désintéressé, et se propose simplement de développer la culture générale de l'étudiant.

Les matières que l’un ou l’autre embrasse ne sauraient fournir un critérium de différenciation, car la plupart de ces matières peuvent, dans certaines con-

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ditions données, faire partie des programmes de chacun d’eux. Ceci est évident pour les sciences proprement dites, le dessin, la sculpture, la peinture, la musique, etc. L'adaptation professionnelle du latin sera plus rare, maïs on en trouve un exemple dans cette grande école professionnelle qu’est, en somme, l'Ecole Normale supérieure.

Les travaux manuels peuvent, à l'inverse, trouver leur place dans une éducation générale et, sans insister davantage, nous savons la part que leur faisait Rousseau dans l’éducation.

Il est donc, dans une certaine mesure, permis de dire que la distinction entre l’enseignement professionnel et l’enseignement proprement dit est plutôt subjective qu’objective. Si deux jeunes gens suivent un même cours de physique, l’un, simplement dans la pensée d'augmenter ses connaissances, l’autre, dans le but de se préparer à exercer la profession de constructeur mécanicien, force sera bien d'admettre que les leçons reçues ont un caractère professionnel dans un cas et scientifique dans l’autre.

Un exemple plus significatif encore nous est fourni par une Faculté de droit. Dans une conférence faite, en 1904, à l'Ecole des Hautes études sociales, M. Millerand disait qu'il fallait considérer cette Faculté comme une véritable école professionnelle. Cela est vrai si, au momentoüiisuit les cours, l’étudiant se destine au barreau ou se propose d'acheter une charge d’avoué,

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